Florange : les syndicats amers après les explications du gouvernement

Opération déminage pour le Premier ministre Jean-Marc Ayrault, qui a tenté le 5 décembre au soir de défendre son accord avec Mittal à la fois devant les syndicats de Florange et devant les Français.

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Florange : les syndicats amers après les explications du gouvernement

Comme prévu, les représentants syndicaux des salariés de Florange n'ont rien obtenu lors de leur réunion, mercredi soir, à Matignon. Edouard Martin, le charismatique leader de la CFDT de Florange, était pourtant arrivé en espérant "muscler" le texte de l'accord trouvé le 30 novembre entre Arcelor Mittal et le gouvernement.

Un premier pas, déjà, pour cet opposant farouche au texte. Après deux heures de rencontre, la mine découragée, il "sort de Matignon avec des questions sans réponse". Et attend toujours des garanties pour l'avenir. "Les investissements promis par Mittal portent sur la partie froide, on pérennise la partie aval, et tant mieux, on le demande aussi, mais la question de la viabilité du site intégré reste entièrement posée. On n'a aucune garantie que le projet Ulcos se fasse chez nous, même si on sent une volonté. M. Mittal nous renvoie à six ans, et ça, ce n'est pas acceptable."

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L'arrêt des hauts fourneaux, prévu en mars prochain, est selon lui un "casus belli". Il attend un échéancier des engagements, et entend bien revoir les services du premier ministre dans les semaines qui viennent pour travailler avec le comité de suivi de l'accord mis en place.

Edouard Martin rentre en Lorraine discuter avec les salariés de leurs prochaines actions. "Et croyez-moi, nous saurons faire preuve d'imagination."

Coquille vide

Norbert Cima, responsable de Force ouvrière à Florange, ému dans sa colère, résume sur le perron de Matignon le sentiment général des syndicats : "On se sent trahis, aujourd'hui. 18 mois de luttes pour en arriver là : une coquille vide."

Selon lui, "si rien n'est fait, je peux vous garantir une chose, l'acier lorrain ne coulera plus". Son de cloche tout aussi combatif de la part de la CGT, qui voit dans le texte signé le 30 novembre un "accord de mauvais augure pour Florange mais aussi pour toute la sidérurgie, en France et en Europe".

Le Premier ministre s'est donc montré inflexible. Selon son entourage, le bras de fer avec Mittal a été rude, et l'accord, trouvé in extremis, sous la menace de la montre qui tournait – un plan social qui tombait si aucun accord n'était trouvé avant la fin des deux mois de délais accordés par l'entreprise pour trouver une solution.

Pas question de changer une ligne de ce texte obtenu à l'arraché. Dans son opération déminage tout azimut, après avoir reçu les syndicats de Florange, Jean-Marc Ayrault a répondu aux questions de David Pujadas, au 20 heures de France 2. Attaqué sur sa gauche pour ne pas avoir retenu la solution de la nationalisation provisoire, le premier ministre a insisté sur les 629 emplois sauvés. "Beaucoup de Français aimeraient avoir un tel résultat".

Opération déminage, enfin, côté politique. Arnaud Montebourg, dont la solution de nationalisation provisoire n'a pas été retenue par le gouvernement, a finalement participé à la réunion à Matignon. Cet affichage d'un gouvernement uni autour de la décision n'a convaincu personne, surtout pas les syndicats.

"L'ambiance était très tendue, souligne Norbert Cima. On sentait bien, même, une certaine gêne d'un certain ministre..."

Cécile Maillard

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