Florange, Flamanville, LeWeb'12, Dassault... plongée au coeur d'une semaine d'industrie

Le sort du site mosellan d'ArcelorMittal, et plus particulièrement de ses haut-fourneaux, est resté au centre de l'actualité de l'industrie cette semaine. Une actualité riche, complétée par l'annonce d'un nouveau surcoût pour l'EPR de Flamanville, le départ annoncé de Charles Edelstenne à la tête de Dassault, la nouvelle gouvernance d'EADS et l'adoption du crédit d'impôt compétitivité. Enfin, le salon LeWeb'12 a permis de découvrir les nouvelles tendances de l'économie numérique.

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Florange, Flamanville, LeWeb'12, Dassault... plongée au coeur d'une semaine d'industrie

1/ ArcelorMittal : les espoirs envolés des "Florange"

La semaine a commencé avec les cris de colère des syndicalistes de Florange. Ils s'estiment trahis par le gouvernement, après l'annonce vendredi 30 novembre, par Jean-Marc Ayrault, d'un accord avec ArcelorMittal. Lakshmi Mittal a pris des engagements : pas de plan social pour le site mosellan où il investira 180 millions d'euros sur 5 ans. Mais une grande partie de cette somme était déjà prévue et ne concerne que des opérations de maintenance. Le doute plane toujours sur le sort des hauts-fourneaux.

Matignon reste donc sous tension. Au cours du week-end, Arnaud Montebourg, qui avait brandi l'arme de la nationalisation, option finalement rejetée par le chef du gouvernement, a menacé de démissionner. Le ministre du redressement productif reste en place mais devra désormais changer de stratégie pour relancer l'industrie.

Tout va décidemment très vite dans ce feuilleton industrialo-politico-médiatique. L'accord passé avec Mittal apparaît rapidement fragile. Les syndicats apprennent qu'Arcelormittal s'apprête à couper l'alimentation en gaz des hauts fourneaux, rendant un peu plus improbable une remise en marche des installations à l'arrêt depuis plus d'un an.

Reçus mercredi à Matignon, les "Florange" ne décolèrent pas. "On n'a aucune garantie que le projet Ulcos se fasse chez nous, même si on sent une volonté. M. Mittal nous renvoie à six ans, et ça, ce n'est pas acceptable", déclare le représentant CFDT Edouard Martin à l'issue de cette réunion.

Coup de tonnerre jeudi, la Commission européenne annonce qu'ArcelorMittal retire sa candidature du projet européen de captage et de stockage de CO2, dit Ulcos. Le sidérurgiste entretient toutefois une certaine confusion indiquant dans un communiqué "sa volonté de poursuivre le projet de recherche et de validation technologique".

Jeudi soir, François Hollande a tenu à rassurer les 629 salariés concernés par la fermeture des hauts-fourneaux. Mais l'espoir de voir ArcelorMittal redémarrer ces installations à court terme s'est lui bel et bien envolé.

Dans sa feuille de route industrielle 2013-2018 pour Florange, le sidérurgiste confirme finalement la pérennisation des activités "cokerie, train à chaud, production des aciers pour l'emballage, pour l'automobile et l'industrie", activités sur lesquels se concentreront les investissements promis.

Mais ArcelorMittal renouvelle surtout son attachement au projet Ulcos. Le groupe précise qu'il va reprendre des travaux de recherche et d'expérimentation "avec l'objectif de développer cette nouvelle technologie". Il ajoute s'engager à travailler "en étroite collaboration" avec le gouvernement et des élus, qui formeront un comité de pilotage des travaux de recherche sur ce projet. Le sous-préfet de Thionville, François Mazoratti, est chargé par Jean-Marc Ayrault de former ce comité avant la fin de l'année.

En attendant, et donc potentiellement jusqu'en 2018, les hauts-fourneaux seront mis sous cocon "à l'issue de la procédure légale soit vraisemblablement à fin du 1er trimestre 2013". Pour les 629 salariés, prochain rendez-vous le 13 décembre : le groupe devrait alors informer sur la procédure d'information-consultation à venir au premier trimestre 2013 et dit souhaiter parvenir à "un accord collectif qui soit basé exclusivement sur le volontariat, les dispositifs de gestion de fins de carrière et la mobilité interne au site".

2/ Nouveau surcoût pour l'EPR de Flamanville : 2 milliards d'euros

EDF a annoncé mardi une révision à la hausse de la facture de l'EPR de Flamanville. Au total, l'électricien prévoit désormais un coût final de 8,5 milliards d'euros, soit 2 milliards de plus que sa dernière estimation réalisée en 2011. Nous sommes bien loin des 3,3 milliards d'euros prévus initialement.

Dans le détail, ce nouveau surcoût s'explique par l'évolution du design de la chaudière, par les nouvelles exigences de sûreté post-Fukushima et par les aléas industriels. Une chose est sûre, le fleuron de l'atome français s'impose comme le bourbier d'EDF depuis le début du chantier en 2007.

Alors qu'EDF est sur le point de signer un contrat avec le Royaume-Uni, une question reste en suspens : l’EPR sera-t-il un Rafale ou un TGV ? Mauvais timing donc pour cette annonce, même si elle a permis de limiter l’effet de celle du retrait de l'italien Enel du projet.

3/ Charles Edelstenne sur le départ

Auditionné par la commission de la défense de l’Assemblée nationale le 4 décembre, le président de Dassault Aviation et de Dassault Système a signifié qu'il quitterait son poste le 9 janvier prochain.

Comme son prédécesseur Serge Dassault qu'il a remplacé en 2000, Charles Edelstenne a atteint la limite d'âge de 75 ans stipulée dans les statuts de l'entreprise. Il avait participé à la création de Dassault Système en 1981.

4/ EADS en quête d'un nouvel équilibre

Les actionnaires d’EADS sont arrivés mercredi à un accord sur la structure du capital du groupe aéronautique. La France et l’Allemagne détiendront 12 % du capital et l’Espagne 4 %. Ces trois Etats disposeront par ailleurs de droits de préemption réciproques.

Cette évolution marque la fin de l'hypocrisie pour la gouvernance d'EADS. Mais si les Etats cèdent leurs droits exceptionnels liés à l'ancien pacte d'actionnaires, ils n'en restent pas moins influents.

Suite à ce "nettoyage" de l'actionnariat d'EADS, Daimler - actionnaire depuis la création du groupe aéronautique européen en juillet 2000- a annoncé avoir vendu 7,5 % de ses parts sur le marché pour 1,66 milliard d'euros.

5/ LeWeb'12 fait son show

L'évènement de l'économie numérique organisé par Géraldine et Loïc Le Meur s’est tenu à Paris du mardi 4 au jeudi 6 décembre. Il a réuni plus de 3 500 participants. Le thème de cette année était l'"Internet des objets" ou "IdO".

Si l'événement a réuni un grand nombre de participants américains, dont le vice-président de Google et le co-fondateur d'Instagram, ce sont bien trois start-up françaises qui sont montées sur le podium du concours annuel organisé par LeWeb, une première. "Qunb" remporte ainsi la compétition avec sa plateforme Big-data, devant "Be-Bound", une application permettant d'accéder à internet via le réseau 2G, et "Recommand", une plateforme de recommandation limitée à sa communauté de contacts.

6/ Le crédit d'impôt compétitivité adopté

L’Assemblée nationale a adopté mardi le dispositif du CICE (crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi) sans y apporter d’amendements majeurs. Les entreprises pourront profiter de cet allégement de charges sans condition.

Cet crédit d'impôt d'un total de 20 milliards d'euros sera étalé sur trois ans, à partir de l'exercice 2013. Il concernera les salaires compris entre une fois et 2,5 fois le Smic.

Pour mieux comprendre le fonctionnement du CICE, L'Usine Nouvelle l'a passé à la moulinette de la simulation : "Crédit d'impôt compétitivité : combien les industriels vont y gagner ?" et "Le crédit impôt compétitivité, comment ça marche ?"

Julien Bonnet

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