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L'Usine de l'Energie

Flexgrid stimule les smart grids

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La région démarre enfin sa future vitrine des savoir-faire français dans les réseaux électriques intelligents.

Flexgrid stimule les smart grids
Avec le projet Flexgrid, Enedis compte moderniser son réseau et y intégrer une part plus importante d’énergie renouvelable, notamment photovoltaïque.

La région Provence-Alpes-Côte d’Azur (Paca), dont la production d’électricité couvre à peine plus de 40 % de sa consommation, trouvera peut-être une sécuri­sation durable de son alimentation énergétique dans la flexibilité des réseaux électriques. Le territoire a déjà développé du solaire et de l’éolien, en complément des installations hydroélectriques sur la Durance et le Verdon, et la filière bois-énergie commence à se structurer. Mais cela ne suffit pas.

En mars 2016, l’État a retenu le projet Flexgrid, déposé par le conseil régional et le pôle de compétitivité Capenergies pour déployer à grande échelle des réseaux électriques intelligents (REI, ou smart grids). La candidature régionale recensait une trentaine de projets. Certains, comme Premio, Nice Grid, Reflexe et Infini Drive étaient déjà lancés, d’autres simplement esquissés. Entreprises et laboratoires espéraient un lancement rapide. Mais en juillet de la même année, la Région et les pôles Capenergies et Solutions communicantes sécurisées (SCS) lançaient un « appel à manifestation ­d’intérêt » afin d’inventorier l’offre de technologies et de services français et d’enrichir Flexgrid avec de nouvelles initiatives.

Après plusieurs mois d’évaluation et de sélection, ­Flexgrid démarre enfin, appuyé désormais par RTE et Enedis (ex-ERDF). « L’enjeu est fort, nous serons attendus sur des résultats concrets », explique Christian Bonnet, le directeur du Commissariat à l’énergie atomique (CEA) de Cadarache et président de Capenergies. Plus de 130 entreprises, 76 % implantées en Paca, les trois quarts étant des PME, ont soumis des offres. Une quarantaine de projets ont été retenus, pour un montant total de 340 millions d’euros. « Cette dynamique collective va faire de la région un véritable showroom de solutions portées par des grands groupes, des PME et des start-up », se réjouit Bernard Mahiou, le directeur de Capenergies.

Il espère obtenir des financements européens pour accélérer la R & D et aboutir à des réalisations industrialisables. Ces projets couvrent plusieurs thématiques : autoproduction ­et/ou autoconsommation et flexibilité énergétique, solutions de flexibilité électrique et de stockage d’énergies intermittentes, interopérabilité des systèmes, mobilité électrique intelligente… Ils concernent Marseille et Nice, mais aussi le littoral, des îles (dont la Corse), des zones rurales et de montagne. La station de ski des Orres (Hautes-Alpes) veut devenir « smart mountain » après avoir réduit sa consommation énergétique de 25 % grâce au déploiement de capteurs de mesure.

Développement de l’autoconsommation

Plusieurs initiatives débutent. Dans une copropriété niçoise de 96 logements, Flexigazelec a remplacé des cuves de fioul par une micro-cogénération au gaz, apte à fournir 100 % de la consommation électrique, du chauffage et de l’eau chaude sanitaire. « Une telle solution est moins encombrante, moins bruyante et moins polluante. La copropriété n’a pas besoin d’investir et on lui garantit une performance sur quinze ans qui fait baisser les charges des résidents », assure Camille Clément, ingénieur outils méthodes chez Engie Cofely France. Un système porté « à 80 % par des entreprises régionales ».

Avec So Flex’Hy (pour soleil, flexibilité, hydraulique), EDF veut créer le « premier démonstrateur mondial de flexibilité hydroélectricité-solaire », entre ses centrales de la chaîne Durance-Verdon et des fermes photovoltaïques. « L’idée est d’optimiser les coûts sur le réseau sans investir lourdement dans des infrastructures nouvelles et de permettre un meilleur lissage de la production », indique Pascale Sautel, chargée, pour EDF production hydraulique Méditerranée, du projet qui associe la Société du canal de Provence, Aloe Energy, le CEA Cadarache et un agrégateur varois de production d’énergie renouvelable, Hydroption. De leur côté, Storewatt, fournisseur d’équipements d’énergie solaire dans les Alpes-de-Haute-Provence, et le groupe logistique Stef vont expérimenter à Avignon PV Cold, des centrales photovoltaïques permettant l’autoconsommation d’entrepôts frigorifiques. « La consommation électrique augmente en période de forte chaleur, mais la production d’électricité photovoltaïque aussi. On peut imaginer parvenir à près de 100 % d’autoconsommation », indique Thierry Renard, dirigeant de Storewatt. Sur la Côte d’Azur, le projet Nice Smart Valley débutera en 2018 par une expérience d’intégration photo­voltaïque et de véhicules électriques, du littoral jusqu’à la station d’Isola (Alpes-Maritimes), en passant par les zones d’activités de la plaine du Var. Financé par l’Europe, il associe Enedis en pilote, GRDF, EDF, Engie, General Electric et Socomec. Il sera la brique française du projet Interflex, également mené en République tchèque, en Suède, en Allemagne

Le photovoltaïque gagne l’industrie

Depuis Sophia Antipolis, Valenergies, la filiale de l’industriel français Valfidus (368 millions d’euros de chiffre d’affaires, 1 600 personnes) incite, avec sa solution EllyBox, les industriels à « produire de l’électricité sans investir ». L’entreprise finance l’installation et l’entretien de panneaux photovoltaïques et du boîtier qui pilote l’installation. WIT, une entreprise d’électronique, a adopté le dispositif pour son siège social à Nice : 125 mètres carrés de panneaux photovoltaïques couvrent 20 % de la consommation du bâtiment. « Les industries fortement consommatrices comprennent leur intérêt de combiner plusieurs solutions pour s’ajuster aux besoins, explique le directeur général de Valenergies, Olivier Béchu. Nous portons d’autres projets pour Flexgrid, en instance de validation, dans les domaines du stockage et de la recharge de véhicule. Mais pour les PME, il faudrait alléger les processus de décision… »

Pour Jacques-Thierry Monti, le directeur régional d’EDF, « le socle régional de recherche et d’entreprises porte à l’innovation. Flexgrid va explorer les solutions qui permettront au territoire d’assurer sa croissance sans contraintes énergétiques supplémentaires. Pour l’heure, nous avons toujours un temps d’avance ».

Un investissement d’avenir

Flexgrid est l’un des trois projets retenus par l’État, en 2016, dans le cadre du plan « Réseaux électriques intelligents », l’un des 34 plans de la « Nouvelle France industrielle ». Un appui de 50 millions d’euros est prévu pour les lauréats, financé par le programme d’investissements d’avenir. Objectif : soutenir les entreprises de la filière en accélérant le déploiement industriel à grande échelle des smart grids et doter la France d’une vitrine de ses savoir-faire dans ce domaine. Deux des projets labellisés par l’État concernent des territoires en situation de péninsule énergétique : Flexgrid, en Provence-Alpes-Côte d’Azur, et Smile (pour Smart ideas to link energies), en Bretagne - Pays de la Loire. Pour ces dossiers, Enedis et RTE s’engagent à investir en complément 80 millions d’euros dans les réseaux de transport et de distribution. Le troisième projet, You & Grid, est porté par la métropole lilloise avec le soutien des Hauts-de-France. 

 

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