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L'Usine de l'Energie

Flambée du brut : des risques contenus pour l’industrie

Publié le

Conséquence des crises en Tunisie et en Egypte et de la hausse de la demande mondiale, le prix du baril de pétrole a atteint le 31 janvier son plus haut depuis l’été 2008. Avec un passage au-dessus de la barre symbolique des 100 dollars à Londres. L’Usine Nouvelle revient avec quelques experts sur les raisons et les conséquences de ce phénomène pour l’industrie.

Flambée du brut : des risques contenus pour l’industrie © Shell

Pourquoi une nouvelle hausse du prix du baril ?

Trois facteurs principaux sont à prendre en compte. Selon Guy Maisonnier, expert pétrolier à l’IFP Energies renouvelables, la hausse repose d’abord sur la « vision optimiste » de la situation économique mondiale. « Il y a une forte corrélation entre la hausse du prix du pétrole et les spéculations boursières sur les marchés financiers », commente-t-il. Ainsi, en 2010, le prix du baril a fluctué entre 70 et 90 dollars selon les prévisions économiques.

A cela s’ajoute la demande qui progresse depuis plusieurs mois, du fait « d’une consommation plus importante » qu’avant dans les pays émergents comme en Chine, assure le porte-parole de l’Union françaises des industries pétrolières (Ufip). « Pour l’année 2011, la demande devrait encore croître de 2% après un bond de 3% en 2010 », assure-t-il. Du côté des pays développés, la rigueur de l’hiver a aussi fait flamber la demande en or noir.

Reste enfin l’influence des crises politiques et sociales en Tunisie et en Egypte. Avec la crainte d’un risque de contagion dans les pays voisins. « Dès le 17 décembre, et le début des problèmes en Tunisie, le prix du baril a progressé et la situation ne cesse d’évoluer depuis les évènements en Egypte », commente Guy Maisonnier. De nombreux acteurs économiques sont inquiets sur place car le pays est stratégique dans le milieu du pétrole. La question est donc de savoir si le pétrole peut être transporté via l’Egypte et surtout via le canal de Suez, actuellement place forte de la contestation sociale.

Quelles peuvent être les conséquences sur l’économie ?

Pour la France, le chef de la division synthèse conjoncturelle de l’Insee, Jean-François Ouvrard, évoque comme effets directs  « la hausse des prix des carburants pour les ménages, des coûts supplémentaires pour les entreprises dans le domaine des consommations intermédiaires et le transfert de richesse entre pays importateurs et exportateurs de pétrole ».

A l’IFP, on insiste sur l’impact en termes de croissance que pourrait avoir un baril à 100 dollars sur l’économie française. En effet, l'organisme estime à 0,5 % l'impact sur le PIB des pays de l'OCDE si le prix reste à ce niveau, alors qu'il était à environ 80 dollars en 2010. « Ce qui pourrait remettre en cause les prévisions du FMI », commente Guy Maisonnier. Pour autant, il admet qu’il faut rester prudent dans les prévisions, car « les liens entre PIB et prix du pétrole sont moins importants qu’auparavant ».

Sur le plus long terme (effet de second tour), le chef synthèse de l’Insee émet l’hypothèse d’une « répercussion des coûts supplémentaires supportés par les entreprises sur les prix aux consommateurs et sur les salaires ». Mais pour l’heure, et si la situation reste telle qu’elle est, il ne prévoit « pas de spirale inflationniste ». Il assure que « le marché de l’emploi, affecté par un taux de chômage élevé et un taux d’utilisation des capacités faible, devrait amortir la hausse des salaires ».

Dans les pays émergents, les conséquences pourraient être importantes, car ces pays ont une plus forte dépendance au pétrole que les économies développées, d'après Philippe Martin, professeur à Science Po. « La hausse du pétrole va donc se traduire dans ces pays par une augmentation des prix industriels », explique-t-il. 

La hausse va-t-elle se poursuivre ?


D’après Guy Maisonnier, elle devrait être limitée. Sur le plan géostratégique, le risque de contagion de la crise au Maghreb est déjà pris en compte sur le marché du pétrole. La cotation du baril à 100 dollars devrait peu fluctuer. « A ce prix là, il n’y a pas d’impact sur la production de pétrole, explique-t-il. Les pays anticipent le risque de contagion, donc cela devrait se calmer ». Une position partagée par l’Ufip, qui ajoute que « les pays producteurs de pétrole ont assuré qu’ils allaient suivre la hausse de la demande de pétrole pour éviter de casser la reprise avec des prix élevés ».

Pour Jean-François Ouvrard, il ne faut pas craindre une grande crise pétrolière avec des conséquences négatives en France, comme cela a été le cas dans le passé. En effet, la situation économique est « plus favorable ». « Une conséquence des choix énergétiques faits par la France ces dernières années, notamment dans la diminution de sa dépendance au pétrole », explique-t-il.

Quels sont les secteurs les plus touchés ? A l’inverse, à qui peut profiter la situation ?


D’après les analystes, le secteur des transports, gros consommateur de produits dérivés du pétrole, est particulièrement touché. A cette catégorie s’ajoutent tous les acteurs utilisant les produits intermédiaires.

La hausse du prix du baril profite avant tout aux pays producteurs de pétrole.  Mais du côté industriel, les entreprises du secteur parapétrolier peuvent aussi tirer profit de la situation, car elles sont « boostées par les prix élevés », selon Guy Maisonnier. « Grâce à cette hausse, les entreprises investissent et augmentent ainsi l’offre, explique le porte-parole de l’Ufip. Toutes les entreprises en amont et en aval de ces activités peuvent en tirer bénéfice ».  Exemple le plus flagrant de cette tendance : le groupe Technip, qui multiplie les annonces de nouveaux contrats chaque semaine. Selon l’expert de l’IFP,  « il surfe sur la vague d’une activité soutenue ».


 

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