Quotidien des Usines

First Aquitaine Industries : les banques toujours frileuses

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Le comité de pilotage qui s’est tenu ce matin à Bercy pendant plus de deux heures autour du dossier First Aquitaine Industries (FAI), présidée par Christine Lagarde, ministre de l’Industrie, en présence du président de la Région Alain Rousset, du maire de Bordeaux Alain Juppé, des représentants du département de la Gironde, des syndicats et responsables de l’usine First Aquitaine Industries ( FAI), et du médiateur du crédit, n’aura pas permis d’avancer d’un pouce sur la position des banques.

Le cabinet Ernst & Young a présenté ses conclusions : le projet industriel est rassurant, et FAI dispose de capitaux propres conséquents. Malgré tout, ca coince : « Nous sommes dans l’impasse. On continue de buter sur le financement bancaire », a indiqué en début d’après-midi Vincent Feltesse, le président de la communauté urbaine de Bordeaux, maire de Blanquefort, commune sur laquelle est installée l’usine FAI.

Alain Juppé ne dit pas autre chose. Dans un communiqué, il indique ce jour que « le plan d’affaires est solide, les perspectives encourageantes tant sur le plan industriel que financier. Demeure le problème de l’attitude des banques. » De fait, le projet de diversification autour de la fabrication de grandes couronnes d’éoliennes, appelé Atlas, nécessite un investissement de 80 millions d’euros dont 50 millions en prêts bancaires. « FAI a déjà enregistrée 90 % de pré commercialisation sur le projet Atlas. C’est un dossier industriel bien ficelé », rappelle Vincent Feltesse.

Les banques ne se précipitent pas. Trois pourraient y aller, mais elles cherchent une quatrième banque pour avoir plus de garanties. Question : pourquoi les banques sont-elles sur le reculoir ? Certes, les pistes de diversification sont prometteuses, mais ce sont des niches : les couronnes éoliennes pourraient occuper 170 emplois sur les 1 600 salariés que compte l’usine, une centaine pourrait être affectée à l’activité traitement thermique, idem pour les pièces détachées.

Reste la problématique de la fabrication des boîtes de vitesse automatiques qui emploie le gros des salariés. L’américain Ford lorsqu’il a vendu l’usine s’est engagé sur un volume de transmissions jusqu’à fin 2011. Et après ? « Cette interrogation ne rassure pas les banquiers. Ils savent bien qu’il faudra tailler dans l’effectif », indique un observateur du dossier.

En attendant, le compte à rebours est enclenché. « Il faut que les financements bancaires soient bouclés d’ici fin mars. Nous allons invités aimablement et fermement le pool bancaire à une réunion la semaine prochaine », indique Vincent Feltesse. Faire pression avant que l’usine n’aille droit dans le mur…

De notre correspondante en Aquitaine, Colette Goinère

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