Findus misait pourtant sur le "Made in France"

Partager

TESTEZ GRATUITEMENT L'ABONNEMENT À L'USINE NOUVELLE

15 jours gratuits et sans engagement

Findus misait pourtant sur le

Après le GreenWashing, voici l’"OrigineWashing" ! Il ne s’agit plus de vendre un produit en faisant croire qu’il est respectueux de l’environnement mais de le magnifier en faisant croire qu’il est d’origine française. Une stratégie qu’avait commencée à mettre en place Findus. Quelques jours avant que n’éclate le scandale de la vraie-fausse viande de bœuf, Findus affirmait qu’il s’était engagé dans une grande opération de relocalisation. Un mouvement qu’il avait l’intention de vanter dans ses prochaines campagnes publicitaires... même s’il ne concernait que ses bâtonnets de poissons surgelés. L’industriel espérait que cet effet "retour au pays" bénéficierait à toute sa gamme.

Avec le "cheval gate" qui vient d’éclater, c’est peu probable que Findus lance cette campagne d’ "originewashing", discipline à laquelle se sont convertis bon nombre d’industriels. Armor Lux s’est imposé en bannière du Made in France grâce à la marinière portée par Arnaud Montebourg, mais seules ses marinières sont produites dans l’Hexagone. Les autres produits de la marque (60% de la production) sont fabriqués au Maghreb et en Europe de l’Est.

VOS INDICES

source

logo indice & contations

Le contenu des indices est réservé aux abonnés à L’Usine Nouvelle

Je me connecte Je m'abonne

Chaque produit est le résultat d’une supply chain complexe

La tentation est grande pour tous les industriels de surfer sur "l’effet Montebourg" et le patriotisme que le ministre du redressement productif s’efforce de faire grandir dans le cœur des consommateurs français. Mais de l’intention à l’action, le gap à franchir est grand. Chaque produit est aujourd’hui le résultat d’une supply chain complexe, fut-il aussi simple que des lasagnes surgelés.

Dans l’automobile, Toyota joue à fond cette carte avec sa Yaris fabriquée dans son usine française d’Onnaing, près de Valenciennes. Le constructeur japonais fut ainsi le premier à recevoir le label Origine France Garantie et la Yaris III hybride va venir gonfler le volume qui sort de ses chaînes en avril, en vue d'une commercialisation en juin. Pour lui donner ce label, le certificateur Bureau Veritas a déterminé que 54,5 % de la valeur de la citadine provient de France. C’est bien, mais 45,5% provient encore de l’étranger.

Maitriser l’assemblage final sur le territoire est simple. S’assurer que ses fournisseurs de rang 1 sont locaux l’est également. La tâche se complique lorsqu’il faut enquêter sur les sous-traitants de rang 2, 3, 4… Et un industriel veut-il vraiment regarder l’origine des produits très compétitifs que lui proposent ses fournisseurs directs ?

C’est ce qui s’est passé pour les lasagnes "pur bœuf" de Findus. Il sous-traite la fabrication de ses plats à l’usine luxembourgeoise de Tavola, filiale de Comigel, PME basée à Metz. Toutes deux se disent victimes de la société française Spanghero, filiale du groupe Poujol basée à Castelnaudary, qui a fourni la viande. Elle-même avait commandé la viande surgelée auprès d'un trader chypriote, qui avait sous-traité la commande à un trader situé aux Pays-Bas, ce dernier s'étant fourni auprès d'un abattoir et d'un atelier de découpe situés en Roumanie.

Au regard de ce casse-tête, il semble évident que le Made in France demeurera encore longtemps un outil de communication plus qu’un gage sur l’origine des produits proposés.

Au fait, d’ici à 2015, année où "100% des poissons surgelés seront transformés en France, à l’usine Boulogne-sur-mer", quel chemin sinueux remonteront les poissons surgelés Findus ?

Charles Foucault

Partager

PARCOURIR LE DOSSIER
SUJETS ASSOCIÉS
SUR LE MÊME SUJET
LES ÉVÉNEMENTS L'USINE NOUVELLE

LES SERVICES DE L'USINE NOUVELLE

ARTICLES LES PLUS LUS