Fincantieri aura moins de 50% dans STX

PARIS (Reuters) - Le gouvernement français a finalement écarté la piste d'une nationalisation temporaire des chantiers navals STX France de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), le groupe italien Fincantieri ayant accepté de ne prendre qu'une majorité relative du capital, indique Le Monde jeudi sur son site internet.

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"Fincantieri a accepté de ne prendre qu’une majorité relative, de l'ordre de 45% à 49%", indique le quotidien.

L'Italie disposera néanmoins du contrôle des anciens Chantiers de l'Atlantique grâce à la présence aux côtés du premier constructeur européen de navires de croisières "d'une fondation bancaire privée italienne, qui obtiendrait autour de 10%" du capital, ajoute-t-il.

Un premier partenaire proposé par Fincantieri, une émanation de la Caisse des dépôts italienne, elle même actionnaire majoritaire de l’industriel, avait été retoqué par la France.

"Pour nous, c’est une nationalisation italienne déguisée", a estimé sur RTL Nathalie Durand-Prinborgne, déléguée syndicale Force ouvrière (FO) aux chantiers navals STX.

Le schéma qui aurait été retenu selon Le Monde ravive donc les craintes des salariés sur l'emploi ou une éventuelle délocalisation des carnets de commande, dans la mesure où "Fincantieri aura la majorité puisque ça sera une majorité italienne", a-t-elle expliqué.

"C'est préjudiciable pour les salariés de STX que l'Etat français n'ait pas été jusqu’au bout de cette idée de nationalisation même transitoire", a déclaré la représentante syndicale.

Selon Le Monde, qui cite des sources proches du dossier, "Fincantieri a également pris des engagements en matière d’emploi, de maintien des bureaux d’étude à Saint-Nazaire, de protection des brevets français, et de non-transfert des activités hors de l’Hexagone", autant de points qui figuraient parmi les priorités stratégiques du gouvernement dans la discussion.

FINCANTIERI, UN GROUPE NE EN 1736

Le quotidien précise par ailleurs que le plan de nationalisation temporaire envisagée par l'Etat, "reste sur la table si le compromis trouvé avec Fincantieri n’aboutit pas".

Sollicité par Reuters, le secrétariat d'Etat à l'Industrie n'a pas souhaité faire de commentaire, renvoyant vers une intervention de Christophe Sirugue sur le sujet prévue à 17h30.

Fincantieri a été désigné par la justice sud-coréenne repreneur de 66% des chantiers navals STX France après la faillite de leur maison mère, le sud-coréen STX Offshore & Shipbuilding.

L'Etat français, qui possède une minorité de blocage de 33% dans STX France, compte faire entrer au capital le constructeur naval militaire français DCNS, dont il est actionnaire à 62%.

Les élus locaux avaient fait part de leur opposition à une revente des ex-chantiers de l'Atlantique à Fincantieri.

Celui-ci pourrait en effet être tenté de transférer en Italie une partie de leur charge de travail, alors que le carnet de commandes de STX France est plein jusqu'en 2026. Les accords qui le lient aux chantiers navals chinois, et qui incluent des transferts de technologies, inquiètent aussi les élus.

Les chantiers navals néerlandais Damen, un groupe familial spécialisé dans la construction de navires de guerre, porte-conteneurs et yachts, avait aussi envisagé de racheter l'entreprise française avec des croisiéristes avant de renoncer.

Un petit tiers du capital de Fincantieri, créé à Trieste en 1736, est entre les mains d'investisseurs privés et le groupe est coté à la bourse de Milan depuis 2014.

Le groupe s'enorgueillit d'avoir construit plus de 7.000 navires sur 20 chantiers sur quatre continents, dont 15 en Europe (huit en Italie), et d'être un des plus grands employeurs européens du secteur avec 19.000 salariés, dont 7.500 en Italie, auxquels s'ajoutent 80.000 salariés chez ses sous-traitants.

Il a réalisé en 2016 un chiffre d’affaires de 4,4 milliards d’euros et possède un carnet de commandes de 21,8 milliards d’euros pour 106 navires commandés et un peu plus de cinq ans de travail ferme assuré.

STX France emploie pour sa part à Saint-Nazaire quelque 2.400 salariés, hors intérimaires et sous-traitants.

(Myriam Rivet, édité par Yves Clarisse)

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