Financement d'abord, capital ensuite pour les banques en Irlande

par Natsuko Waki

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Financement d'abord, capital ensuite pour les banques en Irlande

DUBLIN (Reuters) - L'Irlande adoptera sans doute un plan en deux parties pour réparer son système bancaire si elle accepte un renflouement international, s'attachant dans un premier temps à stabiliser leur financement puis les soumettant à des tests de résistance pour évaluer leurs besoins en fonds propres.

Cela pourrait permettre aux banques de ne plus dépendre autant de la Banque centrale européenne et d'avoir enfin une idée précise du coût de leur renflouement.

Si le principe d'une aide à l'Irlande a été entériné mardi soir par les ministres des Finances de la zone euro, le bras de fer entre Dublin et ses partenaires européens s'est poursuivi mercredi au sujet du calendrier et de la portée d'un plan de soutien.

Ces deux questions devraient être au coeur de la mission conjointe de la Commission européenne, de la Banque centrale européenne et du Fonds monétaire international qui sera entamée dès jeudi.

Les banques irlandaises, interdites de séjour sur le marché, ont emprunté jusqu'à 130 milliards d'euros à la BCE, soit près du quart de l'encours de crédit total de la banque centrale.

Dublin et Francfort veulent en finir avec cette situation qui rend les investisseurs très fébriles, d'autant que la BCE se prépare à réduire son programme de liquidité l'an prochain.

"Une solution structurée où une liquidité à terme est apportée à l'Etat... puis drainée vers les banques sur la base de garanties transfèrerait le risque de liquidité de la BCE vers une solution davantage permanente", commente Michael Cummins chez Glas Securities.

"Cela peut en soi apaiser les craintes relatives au financement des banques et stabiliser le sentiment du marché. Une recapitalisation adéquate des banques serait la prochaine étape".

Bank of Ireland a dit la semaine dernière que son rapport des prêts aux dépôts était monté de 145% à 160%, laissant paraître une sortie de 10 milliards d'euros au niveau des dépôts des entreprises au troisième trimestre.

Deutsche Bank estime que ce rapport pourrait dépasser 200% si les retraits des dépôts totalisaient encore 17 milliards d'euros.

Dublin estimait en septembre qu'au pire, l'ardoise pour renflouer des banques qui des années durant avaient prêté à tout-va dépasserait les 50 milliards d'euros, soit près du tiers du PIB.

Les investisseurs ne croient plus à cette estimation et les analystes pensent que ni le gouvernement irlandais ni sans doute l'Europe n'ont une idée de ce que sera le coût définitif.

"C'est la psychose totale. Différentes sources donnent différents chiffres. J'ai tout entendu, de 60 à 100 milliards d'euros et à mon avis personne n'en a la moindre idée", dit Constantin Gourdguiev du Global Centre for Economic Development.

Des sources de l'Union européenne ont dit à Reuters que l'Irlande pourrait recevoir une aide de 45 à 90 milliards d'euros, suivant que l'aide ne touche qu'au secteur bancaire ou aussi aux finances publiques.

Devant le Parlement, le Premier ministre Brian Cowen a insisté sur le fait que les discussions avec le Fonds monétaire international et l'Union européenne ne concerneraient que les banques et non pas la dette souveraine, laquelle est entièrement financée jusqu'à la mi-2011.

Mais toute demande adressée au Fonds européen de stabilité financière (FESF), mis en place après la crise grecque, doit provenir de l'Etat.

Dans la mesure où Dublin garantit les dépôts bancaires, tout renflouement des banques pourrait passer pour un renflouement de l'Irlande de facto.

"Le prêt du FESF sera tout à fait un prêt souverain, impossible pour le contribuable d'y échapper", note Constantin Gourguiev.

Le ministre des Finances irlandais Brian Lenihan a dit mercredi qu'un apport d'argent frais ne s'avèrerait peut-être pas nécessaire. "Ce qui s'imposera peut-être sera non pas dans les faits un véritable transfert d'argent mais de montrer combien d'argent serait disponible si de nouvelles difficultés se présentaient", a-t-il dit.

Il a toutefois souligné qu'il faudrait recommencer les tests de résistance. Les précédents ont eu lieu en mars. Le coût de financement de la dette publique irlandaise était alors de 4,5% au plus bas et la proportion de crédits immobiliers en souffrance de 4,1%.

Actuellement le coût de financement approche de 9% et la proportion des crédits immobiliers en souffrance est passée à 5,1%, suivant des chiffres publiés mercredi par la banque centrale.

Avec Carmel Crimmins et Lorraine Turner, Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Matthieu Protard

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