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Finance climat : le Maroc dans les starting blocks

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Après le premier "green bond" marocain, le Climat Finance Summit qui s’est tenu, à Casablanca trois jours avant le lancement de la COP22 a été l’occasion pour la finance marocaine de dévoiler ses tous premiers engagements écologiques. L'agence Masen, les banques BMCE ou Attijariwafa Bank, l'Autorité marocaine des marchés de capitaux  : personne n’a manqué à l’appel. L’Autorité marocaine des marchés de capitaux, doit publier mardi 8 novembre un guide dédié aux "émissions vertes".

Finance climat : le Maroc dans les starting blocks © climatfinanceday

Premières avancée concretse pour la finance verte au Maroc, un des rares pays africains à ce jour à s'engager dans cette voie. "Nous avons juste bouclé hier soir la première émission d’un emprunt obligataire vert au Maroc pour 1,15 milliard de dirhams [environ 105 millions d'euros] dédié à trois nouveaux projets solaires à Ouarzazate, Boujdour et Lâayoune pour 170MW", a annoncé Mustapha Bakkoury, président de Masen, l’Agence marocaine pour les énergie renouvelables, lors du Finance Climate Summit qui s’est tenu vendredi 4 novembre, à Casablanca.

Cette émission a été réalisée par le biais d’un placement privé, après autorisation de l’Autorité marocaine du marché des capitaux (AMMC), souscrit auprès d’Al Barid Bank [la poste du Maroc], Attijariwafa Bank, première banque du pays, la Caisse marocaine des retraites (CMR) et la Société centrale de réassurance, précise Masen. Les bénéfices environnementaux des projets sont certifiés par Vigeo Eiris Maroc et Climate Bonds Initiative.

L'agence Masen, société de droit privé mais détenue à 100% par le Maroc,dame ainsi le pion à la banque marocain BMCE qui annonçait à la rentrée être en passe d’émettre les premières obligations vertes du royaume. "Nous sommes sur le point d’obtenir le feu vert de l’Autorité marocaine des marchés de capitaux", a encore insisté Brahim Benjelloun-Touimi, directeur général délégué de la BMCE, vendredi, pendant la conférence. "Nous sommes également sur le point d’annoncer la signature d’un accord avec l’Agence française de développement et la Banque européenne d'investissement pour le financement d’un projet de gestion de l’eau", a-t-il également ajouté.

Attijariwafa Bank, qui a donc accompagné Masen dans son émission obligataire, n’est pas en reste. "Nous sommes en train de concevoir un fonds vert de 50 millions de dollars pour encourager l’efficience énergétique dans les PME", a ainsi annoncé Youssef Rouissi, deputy managing director corporate and investment banking à Attijariwafa Bank.

"Des projets bien spécifiques d’efficience énergétique"

L’Autorité marocaine des marchés de capitaux, interpellée par l’apparition des green bonds, rendra public mardi 8 novembre un guide spécifique dédié aux émetteurs sur les marchés financiers. "Les obligations vertes sont des obligations comme les autres, à la différence qu’elles vont financer des projets bien spécifiques d’efficience énergétique, a détaillé Nezha Hayat, présidente de l’AMMC. A ce titre, la règlementation reste la même que pour n’importe quelle émission obligataire, mais nous avons une procédure que nous avons développé avec Masen et la BMCE et que nous présenterons sous forme de guide", a-t-elle ajouté.

En tant qu’Autorité des marchés, l'AMMC va s'assurer pour les demandes d’émissions d’obligations vertes que la vérification a été faite par un tiers (agence de notation extra-financière et organisme de certification), qu’une opinion a été donnée, qu’elle est argumentée. "Nous vérifions , indique Nasser Seddiqi, directeur des émetteurs à l’AMMC,que cette opinion est positive, qu’elle permet vraiment de s’assurer qu’il s’agit bien d’une émission verte". Il y a aussi toute une série d’informations que doit assurer l’émetteur postérieurement à son émission sur la base d’audits et de rapports des commissaires aux comptes. "Notre rôle est de nous assurer qu’il respecte bien ses engagements de reporting", conclut Nasser Seddiqi. 

Pour rappel, le Maroc devrait d'ici à 2030 développer plus de 12GW en capacités électriques renouvelables (éolien et solaire pour l'essentiel), générant au bas mot 15 milliards de dollars de besoins de financements. L'essentiel proviendra du secteur privé ou des bailleurs de fonds internationaux comme pour les projets actuels du type de la centrale Noor mais avec ces dispositions le Maroc se prépare donc à devenir aussi acteur du financement.

Julie Chaudier à Casablanca (avec Pierre-Olivier Rouaud)

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