Fin du faux suspens : le compteur Linky va être généralisé

Le gouvernement a tranché. Le gestionnaire du réseau de distribution d’électricité ERDF va pouvoir déployer ses 35 millions de compteurs communicants Linky. Reste à régler quelques détails, comme le financement de ce chantier à 4,3 milliards d’euros.

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Fin du faux suspens : le compteur Linky va être généralisé

"Je lève tout de suite le suspens, qui est un faux suspens : le gouvernement a décidé la généralisation du compteur Linky." Eric Besson, le ministre chargé de l’Industrie, de l’Energie et de l’Economie numérique a beau entamer sa conférence de presse sur le ton de l’ironie, sa décision était attendue au cours de l’été.

Elle intervient le 28 septembre, un an après la tentative de passage en force de son prédécesseur à l’Energie, Jean-Louis Borloo. Et pour cause : le projet d’ERDF de remplacer les compteurs actuels par des compteurs communicants a été l’objet d’une féroce bataille entre le gestionnaire du réseau de distribution d’électricité et les collectivités locales, autorités concédantes. Elle n’est pas finie.

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Reste que l’installation de 35 millions de compteurs Linky par ERDF entre 2013 et 2020 est actée. Pour le consommateur, ce compteur permettra essentiellement d’avoir un relevé de consommation exact et non plus estimé. Celui-ci sera effectué à distance, de même que la mise en service, la modification d’un abonnement ou encore un dépannage. Et c’est à peu près tout, en attendant les services associés que proposeront les fournisseurs d’énergie. Ils ont toutes les chances d’être payants.

"L’offre gratuite de services suffisamment étoffée" souhaitée par Eric Besson en matière de données de consommation se résume pour l’instant à l’accès à la consommation mensuelle, sur deux ans d’historique, et à une alerte en cas de dépassement d’un seuil de consommation. Des outils de maîtrise de l’énergie très insuffisants pour l’association UFC-Que Choisir, qui juge que "l’intérêt des consommateurs est court-circuité".

Gratuité ?

L’autre enjeu de la bataille autour de Linky : son financement. Le ministre a annoncé que le déploiement de Linky serait "gratuit pour le consommateur". C’est ERDF qui prendra à sa charge son coût, en se remboursant sur les gains de productivité permis par Linky, essentiellement grâce à la télérelève. Pour Michèle Bellon, la présidente du gestionnaire de réseau, "cet investissement sera amorti en 20 ans".

Ca, c’est pour le principe. Reste à mettre en place "un cadre réglementaire et régulatoire permettant à ERDF de financer le déploiement". Un chantier qui sera mené dans les prochains mois par le gouvernement en concertation avec la Commission de régulation de l’énergie, ERDF, des élus et des représentants des autorités concédantes. Un vrai chantier. Car les investissements d’ERDF sont normalement financés par le consommateur à travers le Tarif d’utilisation des réseaux publics d’électricité, le Turpe. "Ce ne sera pas le cas pour Linky", assure Michèle Bellon. Pour qu’ERDF s’y retrouve, il faudra cependant faire en sorte que les économies permises par Linky reviennent à ERDF, et non au consommateur via le Turpe. "Mais il va falloir différencier les gains de productivité liés à Linky de ceux venant par exemple du pilotage du réseau, prévient Jean-Luc Dupont, président du Syndicat intercommunal d’énergie d’Indre-et-Loire. Nous allons être vigilants !"

Quand ERDF et les collectivités locales auront fini de s’affronter sur le financement de Linky. Une autre bataille pourra commencer. Bienvenue celle-là : l’appel d’offres pour les premiers millions de Linky devrait intervenir en tout début d’année 2012. Itron, Landis+Gyr et Iskraemeco, les trois industriels qui s’étaient partagés les 300 000 Linky de la phase d’expérimentation, sont sur les starting-blocks. En particulier William Hosono, directeur général d’Itron pour l’activité électricité France et Europe du sud, présent à la conférence de presse. L’industriel est plus qu’impatient de commencer à rentabiliser les 8 millions d’euros investis dans l’usine de Chasseneuil du Poitou en 2008 pour produire les Linky.

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