Fin des permis de recherche d’énergies fossiles en France : ne pas confondre production et consommation
Myrtille Delamarche PétrolePublié le
Analyse En annonçant que toute nouvelle demande de permis de recherche pour des hydrocarbures conventionnels (pétrole et gaz) en France sera désormais refusée, la ministre de l’Environnement et de l’Energie Ségolène Royal ignore deux enjeux majeurs : celui du taux d’indépendance énergétique et celui du mix énergétique.
Les entreprises citées
Une "tête de cheval", ou pompe de pétrole de Vermilion sur le site de Champotran en Seine-et-Marne. Photo Antonia MACHAYEKHI.
Epinglée pour avoir accordé fin septembre 2015, à la veille de la COP21, trois permis exclusifs de recherche d’hydrocarbures liquides ou gazeux (Champfolie en Seine-et-Marne, Herbsheim dans le Bas-Rhin et Estheria dans la Marne) et en avoir prolongé deux autres dans les eaux des îles Eparses (canal du Mozambique), Ségolène Royal avait prévenu qu’il s’agissait sans doute des derniers permis accordés. Mardi 12 janvier, à l’Assemblée nationale, la ministre de l’Environnement et de l’Energie confirmait en annonçant que toute nouvelle demande de permis d’exploration pour ces combustibles fossiles serait désormais refusée.
"Puisqu'il faut réduire la part des énergies fossiles, pourquoi continuer à donner des autorisations de recherche d'hydrocarbures conventionnels?", demande la ministre. Peut-être parce que la France ne produit respectivement que 1% du pétrole et 0,07% du gaz qu’elle consomme ? Selon le Comité professionnel du pétrole (CPDP), en 2014 la France a extrait de son sol 0,7 million de tonnes de pétrole, couvrant 3,5 jours de consommation, et 0,03 gigamètres cubes (Gm3) de gaz, soit 0,3 jour de consommation.
16 000 barils produits tous les jours en France
La loi de transition énergétique, promulguée en août 2015, prévoit certes une réduction de la consommation française d’énergies fossiles de 30% d’ici 2030 par rapport à 2012. Ce qui revient, sur la base du mix énergétique français de 2012, à se contenter en 2030 de 45 millions de tonnes équivalent pétrole (Mtep) de pétrole, 22 Mtep de gaz et 3,5 Mtep de charbon. Au vu des estimations de réserves, nul risque que la France produise sur son sol le pétrole et le gaz nécessaires pour répondre à ces besoins.
Quelque 16 000 barils de pétrole sont donc produits chaque jour en France, pour plus de moitié par la compagnie canadienne Vermilion, et principalement dans les Bassins parisien et aquitain. Outre un infime effet positif sur la balance commerciale française, ils rapportent 55 millions d'euros annuels en recettes fiscales, dont 30 millions aux collectivités locales, selon l’Ufip. Avec un coût de revient avoisinant les 30 dollars, cette production est longtemps restée rentable malgré la chute des cours du Brent, qui fait référence pour le pétrole français.
Etant donné le faible taux d’indépendance énergétique de la France sur les énergies fossiles, au plan national, ce n’est pas tant la production mais la consommation d’énergie qu’il faut urgemment faire évoluer. Et accompagner la mutation de ce mix énergétique est à la fois plus urgent et plus compliqué que d’annoncer un moratoire dont l’opposition a déjà laissé entendre qu’elle reviendrait dessus en cas de changement de majorité en 2017.
Myrtille Delamarche
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