Fillon : les réformes au chevet de la crise

Face au spectre de la récession, le Premier ministre a écarté, à l'issue du séminaire gouvernemental, tout plan de rigueur ou de relance. Seul remède valable : l'accélération des réformes engagées par l'Etat en faveur des entreprises et du pouvoir d'achat

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Fillon : les réformes au chevet de la crise
Pas de récession mais un "ralentissement économique". Quatre jours après l'annonce par l'Insee d'une contraction de 0,3% du produit intérieur brut (PIB), François Fillon a temporisé. A l'issue de la réunion de crise à Matignon, lundi 18 août, avec les six ministres du pôle économique, le Premier ministre a exclu d'entrée de jeu un plan de relance. Il est vrai que les marges de manœuvres budgétaires de la France sont réduites : dette abyssale, déficits publics frôlant le seuil limite des 3% autorisé par Bruxelles, sans parler du paquet fiscal voté en 2007 qui va coûter près de 13 milliards d'euros à l'Etat en année pleine.

Hier, contre vents et marées, François Fillon a maintenu l'objectif de déficit public pour 2008 à 2,5% du PIB. Il a tout juste admis que les prévisions de croissance pour 2009 seront "ajustées" lors de la présentation du prochain projet de budget. Le gouvernement table donc pour le moment sur une croissance comprise entre 1,7 à 2% pour 2008, à rebours de la plupart des économistes, qui redoutent un chiffre plus proche de 1%.

Booster la compétivité des entreprises

Le premier ministre français préfère donc tout miser sur la poursuite des « réformes de structures » engagées par l'Etat, seule réponse selon lui à l'aggravation de la crise. Il a notamment demandé à la ministre de l'Economie, Christine Lagarde, d'"accélérer l'adoption des décrets d'application de la loi de modernisation de l'économie" du 4 août afin que le soutien aux entreprises se fasse « sans délai ». Le chef de l'Etat va également demander à Oséo et à la Caisse des dépôts et consignations de faire des efforts pour garantir aux entreprises l'accès au crédit bancaire.

Enfin, François Fillon a confirmé les principaux chantiers de la rentrée en matière de pouvoir d'achat comme la « prime à la cuve remaniée» et la "contribution transport", une aide financière aux déplacements domicile-travail des salariés dont les modalités seront dévoilées mi-septembre.

Trouver une "solution européenne"

Par ailleurs, pour tous les pays, comme la France, limités dans leur marges de manoeuvres, le Premier ministre en a appelé hier à une meilleure « coordination des politiques économiques européennes » pour répondre à la crise, thème qu'il a déjà évoqué vendredi dernier avec Jean-Claude Junker, le président de l'Eurogroupe. Un débat que François Fillon sollicitera lors de la prochaine réunion des ministres des Finances de l'Union, les 12 et 13 septembre prochain à Nice.

Carmela Riposa

L'imposition forfaitaire, supprimée dans la loi de finances 2009

L'impôt considéré comme le plus injuste disparaîtra progressivement dès 2009. Annoncé en décembre dernier par le président Nicolas Sarkozy, la suppression de l'imposition forfaitaire annuelle (IFA), sera inscrite dans le projet de loi de finances de 2009, a indiqué lundi 18 août, le ministre du Budget, Eric Woerth, en marge de la conférence de presse de Matignon.

L'IFA, qui varie en fonction du chiffre d'affaires des entreprises, rapporte chaque année à l'Etat environ 1,6 milliard d'euros, selon le ministère du Budget. Son montant varie de 1 300 euros pour les entreprises dont le chiffre d'affaires est compris entre 400.000 et 750.000 euros, à 110 000 euros pour celles dont le chiffre d'affaires est supérieur à 500 millions d'euros.

Au total, le tiers des entreprises françaises sont concernées, soit toutes les sociétés assujetties à l'impôt sur les sociétés (IS), et dont le chiffre d'affaires atteint 400 000 euros minimum. Mais, à l'inverse de l'IS, il doit être payé même en cas de pertes, d'où le combat des organisations patronales qui réclamaient sa suppression au cours de ces dernières années.

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