Economie

Fillon au chevet du stress des salariés

Anne-Sophie Bellaiche

Publié le

Document Henri Lachman (président du conseil de surveillance de Schneider electric), Muriel Pénicaud (DRH de Danone), et Christian Larose ( vice-président du Conseil économique social et environnemental) ont remis le 17 février au premier ministre leur rapport « Bien-être et efficacité au travail ».

Fillon au chevet du stress des salariés © Reuters

La commande du premier ministre, qui réagissait en novembre au traumatisme national provoquée par la crise sociale de France Telecom, visait à remonter l’avis non pas d’experts des risques psycho-sociaux mais de « praticiens » de l’entreprise. Résultat : pas de jargon théorique ou d’approche psychologisante complexe dans ce rapport mais une série de mesures concrètes et opérationnelles pour les entreprises. 

Le rapport évacue dès le départ le débat sur les causes personnelles ou professionnelles du mal-être des salariés :  « Si l’entreprise ne fait pas toujours partie du problème , elle fait clairement partie de la solution. »  Lors de la conférence de presse à Matignon, Henri Lachman a renvoyé la responsabilité aux dirigeants :  « le problème de santé n’est pas un problème de la médecine du travail, c’est un problème de management. » Muriel Pénicaud avait de son côté confié à l’Usine Nouvelle au cours de la rédaction que le stress « ne pouvait être régler avec une seule approche sur les individus.» L’organisation collective du travail   est donc au cœur des dix propositions du rapport. Avec, par exemple, l’idée  « d’atténuer le caractère excessivement matriciel en maintenant un lien hiérarchique structurant pour le salarié » ou de « définir le bon niveau et la bonne utilisation du reporting pour éviter de déresponsabiliser les managers ». Les auteurs insistent également sur la nécessité d’intégrer les partenaires sociaux dans la construction des conditions de santé et d’évaluer l’impact humain de tout projet de réorganisation ou de restructuration. Ces propositions ne sont pas nouvelles mais elles sont aujourd’hui portées par deux managers dotés d’une aura incontestable chez les employeurs. 

François Fillon a rappelé à la suite de la réception de ce rapport que les partenaires allaient s’engager dans une négociation sur le partage de la valeur ajoutée. Il propose que la proposition du rapport « de compléter les critères de rémunération variable des dirigeants par des indicateurs sociaux soit traité dans ce cadre ». Si les partenaires n’aboutissent pas dans les trois mois, le gouvernement présentera une loi. Voilà de quoi rédiger au moins un de ses articles.

 

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