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L'Usine Matières premières

Filières agricoles au Maroc : le boom de l'irrigation et les entreprises comme Plastima qui en profitent

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Dans un contexte national de raréfaction de la ressource en eau, le secteur de l’équipement d’irrigation est en pleine croissance. Plastima, filiale du groupe Sekkat, va construire une usine pour augmenter sa production de canalisations de 30%.

Maroc : l'irrigation clé du développement agricole, les entreprises comme Plastima en profitent
Station d'irrigation d'une ferme de palmiers dattiers dans la région d'Erfoud au Maroc
© dr

Plastima Canalisation, une filiale du groupe marocain Sekkat va investir plusieurs millions de dirhams dans une nouvelle usine près de Casablanca. « Nous construisons cette unité pour déménager toute notre activité. Nous pourrons ainsi augmenter notre capacité de production de 30% avec plusieurs nouvelles lignes de production », explique Hicham Moh, responsable du département prescription et support technique, sur le stand de Plastima, au Salon International de l’Agriculture du Maroc, mercredi 27 avril.

L’entreprise va rejoindre Maghreb Steel, une autre filiale du groupe, à Aïn Harrouda, un peu plus au nord de son site actuel, en périphérie de Casablanca. 

En 2015, la société de 700 employés a produit environ 10 000 km de canalisations en plastique PVC et polyéthylène de diamètres variables pour l’adduction d’eau potable, l’irrigation, les évacuations d’eau usées … « Nous commercialisons également les accessoires qui vont avec pour être en capacité d’installer un réseau d’irrigation complet chez nos clients. Ces installations permettent de faire de fortes économies d’eau par rapport au système d’irrigation gravitaire conventionnel et en réduisant simplement les fuites », explique Hicham Moh.

Un contexte général au Maroc de raréfaction de la ressource

En 2015, Plastima a réalisé 800 millions de dirhams de chiffre d’affaires « dont seulement 5% dans l’irrigation, précise Hicham Moh, c’est encore un petit secteur pour nous mais prometteur : je dirais qu’entre 2014 et 2020, la demande en tuyaux en PVC pour l’irrigation qui nous a été adressée a augmenté de 20%. »

Dans un contexte général au Maroc de raréfaction de la ressource en eau, le Programme National d’Économie et de Valorisation de l’Eau en Irrigation organise la conversion massive de l’irrigation de surface et par aspersion à l’irrigation localisée (goutte à goutte), sur une superficie de près de 550 000 ha pendant une période de 10 ans. Cela représente un rythme d’équipement moyen de près de 55 000 ha par an. L’objectif, dans le cadre du « Plan Maroc Vert » porté par le ministère de l’Agriculture et son emblématique titulaire Aziz Akhanouch  étant de doubler la valeur ajoutée agricole par unité d’eau utilisée

« L’effet du Plan Maroc Vert sur la demande dans le secteur est indéniable. Un équipement en irrigation localisée est financé à 100% par subvention pour les exploitations de moins de 5 hectares, et 80% pour celles qui dépassent 5 ha. Ce n’est pas négligeable ! », estime Abdelmoula Abdelouahab, ingénieur agronome auprès de la société FloraTec et représentant de l’Association Marocaine de l’Irrigation par aspersion et goutte à goutte dans le Gharb, la région de la ville Kenitra et une des principales zones agricoles du royaume.

Crédit subventionné pour l’irrigation au goutte-à-goutte

Cette association en partenariat le Crédit Agricole du Maroc a soutenu la conception du  crédit SAQII pour le financement des aménagements hydro-agricoles modernes. Ce dispositif est composé à 80% d’un préfinancement sur subvention du Fonds de Développement Agricole et à 20% d’un crédit amortissable.

« Au total, je pense que le secteur de l’équipement pour l’irrigation compte 600 entreprises. Plastima Canalisation, mais aussi CGMP produisent des tuyaux et une autre société a commencé à produire ses propres panneaux solaires pour le pompage solaire. Le reste c’est de l’importation : les pompes viennent d’Italie, de France, d’Allemagne, plus récemment de Chine et de Turquie », précise Abdelmoula Abdelouahab.

L’irrigation localisée ne sera toutefois pas la solution à tous les problèmes liés à la raréfaction de l’eau. L’équipement d’une exploitation agricole en goutte-à-goutte est souvent couplé à une pompe qui puise dans le capital des nappes phréatiques, dont le niveau a tendance à baisser.

« Lorsque que l’irrigation passe par le circuit des subventions, l’agriculteur doit avoir l’autorisation de pomper dans la nappe ou dans un fleuve. L’étude est faite pour minimiser l’impact sur les ressources, mais est-ce qu’elle est respectée ensuite … ? Qu’en est-il de ceux qui passent sans subvention de l’Etat? Car pour bénéficier de celle-ci, il faut pouvoir fournir un titre foncier hors certains agriculteurs n’en ont pas. La titrisation du foncier, au Maroc, est une vraie problématique », explique Abdelmoula Abdelouahab.

La majeure partie des céréales ne sont irriguées

Lorsque l’irrigation est liée à un barrage, elle est toujours dépendante de l’eau disponible qu’il s’agisse d’irrigation localisée ou gravitaire. « A Taounate, par exemple, où il pleut environ 400 à 500 mm/an, les agriculteurs cultivaient des fèves et des pois-chiche. Puis, le goutte-à-goutte y a été installé dans le cadre du PMV et les agriculteurs se sont logiquement mis à faire du maraichage qui consomme plus d’eau et est plus rémunérateur. Résultat : on en a fait une zone qui doit avoir de l’eau tout le temps, or aujourd’hui, avec la réduction du niveau des barrages on ne peut plus l’assurer », expliquait en février Abdejalil Derj, agro-économiste, consultant, spécialiste de la planification de l’eau.

L’agriculture marocaine pourrait bénéficier du réchauffement climatique si l’Etat parvient à assurer les quantités d’eau nécessaires aux cultures qui vont augmenter avec la chaleur. Si le Maroc n’y parvient pas – la majeure partie des cultures de céréales ne sont irriguées - « l’impact du changement climatique se solderait par une réduction des rendements céréaliers de 50% à 75% en année sèche et de 10% en année normale », indique le troisième rapport national sur le changement climatique rendu public le 16 février . « De manière générale, les rendements agricoles resteraient plus ou moins stables jusqu’à l’horizon 2030, puis baisseraient assez rapidement au-delà de cette date », conclut-il.
Julie Chaudier, à Mèknes

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