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Filiales low-cost : fin de la grève chez Air France, début de mouvement social chez Lufthansa

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Publié le , mis à jour le 29/09/2014 À 10H48

Les compagnies aériennes historiques Lufthansa et Air France (groupe Air France-KLM) savent que la rentabilité réside dans les vols à bas coûts - Ryanair a encore relevé ses objectifs financiers - mais les puissants syndicats de pilotes freinent leur développement sur ce marché.

Filiales low-cost : fin de la grève chez Air France, début de mouvement social chez Lufthansa © Airbus

Lufthansa et Air France voient leurs concurrents à bas coût, comme Ryanair, gagner du terrain en Europe. Mais les syndicats de pilotes freinent leur développement sur ce marché, pourtant essentiel.

Les compagnies aériennes classiques ont réagi avec retard à l'entrée fracassante des compagnies à petits prix comme Ryanair et easyJet à la fin des années 1990, de crainte de cannibaliser leur source principale de revenus et parce que ces nouvelles compagnies ne les concurrençaient pas directement sur leurs lignes. Résultat : les efforts dans ce sens de Lufthansa et Air France ont été timides dans le meilleur des cas.

résistance des organisations syndicales

Mais aujourd'hui que la moitié du marché en Europe est occupée par ces compagnies low-cost, ce n'est plus le manque de volonté ou de vision d'avenir qui retient ces deux groupes d'agir, mais la résistance de leurs organisations syndicales. Après 14 jours d'une grève coûteuse, le Syndicat national des pilotes de ligne (SNPL) d'Air France a décidé, le 28 septembre, d'interrompre le mouvement, sans pour autant être parvenu à un accord avec la direction concernant le développement de la filiale à bas coûts Transavia.

Le mouvement, qui a coûté entre 15 et 20 millions d'euros par jour à la compagnie, s'achève sans texte de compromis, les négociations entre la direction et les syndicats achoppant toujours sur la revendication d'un contrat unique pour les pilotes. De même, Lufthansa, qui veut développer sa compagnie régionale Eurowings et envisage de créer une nouvelle division long-courrier à bas coûts, rencontre les mêmes problèmes.

réduction des coûts

Lufthansa a déclaré le 25 septembre que ses pilotes avaient refusé d'engager des négociations pour tenter de réduire les coûts de ses futurs vols long-courrier à petits prix, pour lesquels la compagnie a déjà conclu un accord avec le syndicat du personnel navigant. Après avoir engagé un mouvement de grève cette année concernant leur régime de retraite, les pilotes ont annoncé une grève de 15 heures le 30 septembre.

Selon les analystes du secteur, les pilotes n'ont pas compris dans toute son ampleur la menace des compagnies low-cost et des compagnies du Moyen-Orient en forte expansion pour les acteurs historiques du secteur. Ces menaces ont d'ores et déjà amené tant Lufthansa qu'Air France à revoir en baisse leurs prévisions de résultats pour l'année, alors que Ryanair vient de relever les siennes pour la deuxième fois en deux mois.

Et la pression sur les marges ne peut qu'empirer si on en croit les prévisions de Boeing. Le groupe aéronautique américain estime que les compagnies à bas coûts occuperont 35% du marché des avions monocouloirs d'ici 2033, contre 27% actuellement. Alors que les coûts ont augmenté, il ajoute que le prix des billets d'avion ont baissé d'environ 16% depuis 1995.

Avec Reuters

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