Figeac Aéro veut ouvrir "l’usine aéronautique la plus moderne d’Europe"

Le PDG du sous-traitant Figeac Aéro, Jean-Claude Maillard, annonce une série de contrats record et des investissements massifs. En particulier une usine française ultra-moderne dans moins de trois ans.

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Figeac Aéro veut ouvrir

Les patrons euphoriques sont suffisamment rares pour ne pas bouder son plaisir lorsqu’on en trouve un sur son chemin. C’est un Jean-Claude Maillard truculent qui a présenté, jeudi 29 janvier, les résultats financiers de son groupe Figeac Aéro devant un parterre d’investisseurs. L’occasion pour le PDG du sous-traitant aéronautique, spécialisé dans les pièces métalliques de structure, les sous-ensembles et les pièces de moteurs, de présenter des chiffres de croissance historiques. Le chiffre d’affaires devrait passer de 205 millions d’euros prévus pour 2015 à au moins… 410 millions d’euros en 2018. Soit une croissance de près de 25% par an. Quant aux projets de développements, ils se bousculent.

En aparté de la présentation de ces résultats tirés par la croissance des activités aérostructures (et en particulier par l’A350), Jean-Claude Maillard a confié que son groupe "aurait dans deux ans et demi l’usine aéronautique la plus moderne d’Europe". Et de poursuivre : "la construction de cette usine du futur entièrement robotisée, automatisée et qui mettra en œuvre les technologies numériques a débuté début janvier". Implantée à Figeac (Lot), base historique de cette entreprise de 1600 salariés, elle nécessitera un investissement de plusieurs dizaines de millions d’euros. L’annonce officielle sera effectuée en mars prochain.

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Il faut mondialiser le groupe !

Comment expliquer un tel vent d’euphorie ? Porté comme jamais par les commandes effrénées de ses clients (Airbus, Safran, Spirit, Stelia, Latécoère…), Figeac Aéro bénéficie d’une conjoncture économique exceptionnelle. De quoi donner des ailes à son patron qui ambitionne de faire de Figeac Aéro "le leader européen et un leader mondial de la sous-traitance aéronautique". Et d’appuyer ses propos : quelques semaines après avoir remporté un contrat historique de 500 millions de dollars pour le moteur Leap de Snecma (groupe Safran), il assure qu’un nouveau contrat "de plus de 500 millions de dollars" sera très prochainement signé, sans fournir plus de détails.

Un seul mot d’ordre pour Jean-Claude Maillard : il faut mondialiser le groupe ! Les deux sites américains (acquis en mai 2014) et tunisiens ne sont que les premiers d’une longue série d’implantations étrangères. "D’ici 2018, nous aurons au minimum deux nouveaux sites en zone low cost, au Mexique et au Maroc, précise Jean-Claude Maillard. Nous pourrions en avoir une à trois nouvelles filiales proches de grands donneurs d’ordre dans le même temps". En un mot, le groupe, qui possède par ailleurs cinq sites en France, pourrait ouvrir pas moins de cinq nouveaux sites à l’étranger en l’espace de trois ans.

Pleins feux sur les pays low cost et la zone dollars

Alors que la maison mère Figeac représente aujourd’hui 85% du chiffre d’affaires, ce chiffre pourrait donc tomber à 40% en 2025. Dans le même temps, les filiales low cost (Tunisie) passeraient de 5% à 20% du chiffre d’affaires, les filiales proches des clients (Saint-Nazaire, Picardie…) de 6% à 20% et les filiales en zone dollars (Wichita aux Etats-Unis) de 4% à 20%. Figeac Aéro est en train de s’internationaliser à marche forcée.

Sur le plan financier aussi, Figeac Aéro devrait prendre de l’ampleur. "Nous n’avons jamais été aussi proche d’une augmentation de capital", se réjouit Jean-Claude Maillard. Quant au niveau d’investissement, il ne semble pas faiblir : le PDG prévoit d’investir cette année environ 35 millions d’euros dans la recherche, les bureaux d’études et les nouveaux équipements. Juste en deçà de 2014 (36,3 millions d’euros), mais bien plus que le niveau des dix dernières années (entre 4 et 25 millions d’euros suivant les années). L’enthousiasme de Jean-Claude Maillard n’est pas près de retomber…

Olivier James

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