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L'Usine Aéro

Figeac Aero, l'ETI de l'année 2015

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En moins de trente ans, le charismatique Jean-Claude Maillard a hissé Figeac Aéro parmi les ETI les plus flamboyantes de l’industrie française.


Jean-Claude Maillard - Crédits : Pascal Guittet

Rares sont les conférences financières capables de provoquer un sentiment de jubilation. Pour en faire l’expérience, rien de tel que les présentations des résultats de Figeac Aéro. Calé dans un fauteuil, environné d’un parterre d’investisseurs austères, voici ce que vous pourriez entendre de la bouche de son PDG : « Je pense d’abord à moi avant de penser à vous, et tant que ça marchera comme ça, ne vous inquiétez pas, le cours de Bourse de l’entreprise grimpera ! » Jean-Claude Maillard a 58 ans, la voix passée à la moulinette de l’accent lotois, la tignasse poivre et sel, le verbe haut et les ambitions aussi démesurées que celle d’un jeune loup de l’industrie. En aparté, le discours de l’orateur truculent se teinte d’humilité. Le patron de ce champion français de l’aéronautique se dit « fier » d’un résultat issu de l’effort « collectif ». Son entreprise attire les remarques les plus élogieuses. Il faut dire que le succès du groupe, introduit en Bourse en 2013, est aujourd’hui éclatant. La santé de ce sous-traitant aéronautique de 1 800 salariés, spécialisé dans les pièces métalliques de structure, les sous-ensembles et les pièces de moteurs, est insolente.

Parti de presque rien en 1989 – avec 17 000 euros –, cet ingénieur issu des rangs de Ratier-Figeac prévoit un chiffre d’affaires de 205 millions d’euros en 2015, contre 70 millions d’euros dix ans plus tôt. Une croissance digne d’une start-up (20 % par an depuis dix ans), portée par les carnets de commandes bien garnis des donneurs d’ordres qui n’ont eu de cesse d’externaliser la production de nombreuses pièces d’avions : dans les trois prochaines années, l’entreprise devrait plus que doubler, pour passer à un chiffre d’affaires de 500?millions d’euros en 2018. Les implantations en France (cinq au total), en Tunisie, aux États-Unis, au Maroc et bientôt au Mexique aideront à atteindre cet objectif. Tout comme le contrat géant de 500 millions de dollars sur dix ans, signé avec Snecma (Safran) pour fournir des pièces du moteur Leap. Ses principaux clients se nomment Stelia, Airbus, Safran, Embraer (chez qui il vient de remporter un nouveau contrat de 230 millions de dollars) ou bien encore Latécoère.

Un patron méconnu

Si Figeac s’est hissé au rang d’acteur industriel reconnu, comme en atteste le prix de l’audace créatrice remis par le président de la République François Hollande en septembre, son patron reste méconnu. "Il est charismatique mais un peu solitaire", dit de lui Didier Katzenmayer, le directeur aux affaires industrielles d’Airbus. Peut-être échaudé par les jalousies inhérentes au succès, Jean-Claude Maillard ne cultive pas les amitiés dans le milieu industriel. Le show-man se révèle ascète : il travaille 60?heures par semaine – "c’est moins qu’à une époque", glisse-t-il –, lit peu, s’applique à connaître tous ses salariés et maintient une gestion paternaliste de son entreprise. "Il a consacré sa vie au boulot, estime Didier Katzenmayer. Longtemps animé d’un désir de reconnaissance, il se dit qu’il a enfin réussi. Il arrive dans une phase de sa vie où il veut se poser".  Et où la question de sa succession commence à se poser, alors même qu’aucun de ses enfants ne souhaite reprendre le flambeau.

Malgré tout, l’oisiveté et l’immobilisme ne font toujours pas partie de son vocabulaire. " Avec lui, rien n’est figé, assure Joël Malleviale, le directeur financier de Figeac depuis vingt-deux ans. Il n’accepte pas que l’on reste passif devant une situation difficile."

Pour preuve, Jean-Claude Maillard mise en permanence sur les investissements de modernisation de ses outils de production. Plus de 35?millions d’euros ont été investis en 2015, le même niveau qu’en 2014. Le patron a pour ambition d’ouvrir « l’usine aéronautique la plus moderne d’Europe ». Implantée à Figeac (Lot), base historique du groupe, elle sera entièrement robotisée.

Une stratégie d’automatisation assumée par Jean-Claude Maillard, comme celle de produire en zone low cost pour les pièces les plus simples à forts volumes. « Je souhaite faire passer la part du low cost dans le chiffre d’affaires de 4 à 20 % d’ici à 2025 », assène le patron de Figeac. Pour lui, le salut de l’entreprise passe par ses stratégies de production différenciée par zone géographique, qui permettent in fine d’offrir aux clients "le prix du marché". Loin de pointer du doigt la pression des donneurs d’ordres et l’âpre concurrence étrangère, Jean-Claude Maillard préfère se battre. Et le dit à sa manière : "Il y a un marché et il n’y a qu’à se baisser pour ramasser l’argent. Si on ne se démerde pas comme il faut, dans les vingt prochaines années, on sera vraiment les rois des cons !" Jubilatoire, non? 

 

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