Fiat prêt à tout pour obtenir plus de flexibilité en Italie

Sergio Marchionne fait pression sur le monde politique et industriel italien pour rendre le travail plus flexible sur l'ensemble de ses sites italiens. Dernière menace en date : il envisage de quitter l’organisation représentative des entreprises en Italie, la Confindustria.

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Fiat prêt à tout pour obtenir plus de flexibilité en Italie

La tension ne cesse de monter dans les usines Fiat depuis la signature d’un accord de flexibilité sur le site de Pomigliano en juillet. Grâce à cet accord, le constructeur doit rapatrier la fabrication de la Panda, en échange de quoi les salariés ont voté pour voir leurs conditions salariales révisées à la baisse. Mais le groupe n’est pas totalement libre malgré cet accord. Il craint en effet, que malgré l’accord, les salariés du syndicat Fiom-CGIL, qui avait refusé de signer l’accord, se révoltent et empêchent son application dans l’usine proche de Naples. « Produire par à-coups, avec des niveaux d’absentéisme injustifiés, voir les lignes bloquées des jours entiers est un risque que nous ne pouvons prendre, a expliqué le patron de Fiat, Sergio Marchionne. Le souhait du groupe est seulement de rester compétitif, après la crise importante subie dans le monde automobile », explique-t-il.

Refonte sociale en Italie


Cette situation est d’autant plus délicate pour la direction, qui envisage d’étendre la refonte de cette organisation du travail à d’autres sites en Italie. Mais les leaders de la Fiom-CGIL contestent la remise en cause de conditions salariales, comme la fin du droit de grève ou l’établissement de sanctions pouvant aller jusqu’au licenciement en cas de non-respect de l’accord. Selon eux, cet accord va à l’encontre de l’accord cadre signé dans la métallurgie. « Nous sommes prêts à discuter sur l’efficacité du travail sur les sites italiens, mais dans le cadre des lois existantes », a commenté le porte-parole de la Fiom, Maurizio Landini.

En cas d’échec dans les négociations, le groupe a prévenu qu’il pourrait sortir de cette convention collective afin de négocier un autre contrat et pouvoir appliquer ses règles en dehors des contraintes de la Confindustria. Un geste qui viendrait bouleverser les relations sociales en Italie, d’autres entreprises pouvant suivre l’exemple de l’un des plus grands industriels d’Italie. « Fiat est le numéro un de l’industriel en Italie et d’autres entreprises suivront rapidement », a commenté Giuliano Cazzola, vice-président de la commission parlementaire dédiée au travail.

Cap sur l’Europe de l’Est

A cela, la direction a choisi un autre moyen de pression. Elle a annoncé qu’elle envisageait de délocaliser la production de son site de Turin (Mirafiori) vers la Serbie. Le tout « sans remettre en cause les perspectives d’avenir » de ce site italien, selon Sergio Marchionne. Un autre moyen de mettre la pression tant sur la classe politique que sur les industriels.

Le groupe semble avoir un objectif clair et unique : il veut atteindre son objectif en termes de production et passer de 650 000 unités produites en Italie actuellement à 1,4 million d’unités d’ici à 2014. Le tout grâce à 20 milliards d'euros d’investissements sur cinq ans dans la Péninsule, soit les deux tiers de son budget total d'investissement. « Un tel objectif passe par d’importantes modifications, dont de lourds investissements tant en termes industriels (pour aménager les sites) qu’humains, confie une source interne. Le groupe veut que les usines italiennes appliquent des règles de fonctionnement aussi proches possibles de celles employées sur d’autres sites du groupe, par exemple dans les pays d’Europe de l’Est ».

Ces « incitations » de Sergio Marchionne sur la classe politique et industrielle seront-elles efficaces ? Réponse à la fin du mois de septembre, date de l’ultimatum fixé par le patron de Fiat.





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