Fiat lorgne Saab et pourrait faire entrer GM à son capital

Après Chrysler et Opel, Saab est aussi dans la ligne de mire du groupe italien, dont le patron devrait prendre les rênes de Chrysler une fois sorti du Chapitre 11. Mais sa stratégie d'expansion tous azimuts est risquée.

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Fiat lorgne Saab et pourrait faire entrer GM à son capital
On en apprend chaque jour un peu plus sur les velléités du patron de Fiat, Sergio Marchionne, qui se montre décidément très gourmand. Après avoir conclu son accord préalable avec Chrysler pour prendre dans un premier temps 20% du constructeur américain, et indiqué qu'il souhaitait prendre le contrôle d'Opel, Sergio Marchionne a avoué qu'il lorgnait également Saab, notamment pour son réseau de distribution aux Etats-Unis.

L'Italien, en embuscade, ne veut rien laisser passer et se porterait donc acquéreur de tout ce dont les deux Big Three déchus, GM et Chrysler, veulent se débarrasser. Ce ne sera pas forcément facile. Selon le New York Times, General Motors vise en effet une participation de 30% minimum au capital de Fiat en échange de ses activités en Europe et en Amérique latine, alors que Sergio Marchionne serait prêt à céder moins de 10%.

Le patron qui ne jure que par la taille critique voit grand aussi pour lui-même, puisqu'il a l'intention de devenir directeur général de Chrysler une fois la nouvelle entité sortie de la procédure judiciaire du Chapitre 11.

Dans le cadre de cette procédure, Chrysler a fourni des précisions sur les usines qui ne feraient pas partie du deal avec Fiat, et qui seront donc a priori liquidées, à moins de trouver des repreneurs. Il s'agit des usines d'assemblage de Sterling Heights et de Détroit (Michigan), qui fermeront en décembre 2010 et décembre 2009 ; de Fenton (Missouri), qui fermera au quatrième trimestre ; de l'usine de moteurs de Kenosha, qui cessera ses activités fin 2010 ; de l'usine d'essieux de Détroit, dont la fermeture est prévue en décembre 2010 ; et de l'usine d'emboutissage de Twinsburg, dont les activités seront transférées sur d'autres sites.

Sans préjuger de l'issue de ses deux grands projets de croissance externe, on peut se demander si Fiat ne voit pas trop grand. Le groupe italien, dont la dette s'élève à 8,6 milliards de dollars selon Business Week et dont le ratio dettes nettes sur fonds propres atteint 177%, devra en effet avoir les reins solides pour financer la restructuration à la fois de Chrysler et de GM en Europe et en Amérique Latine. Il a d'ailleurs prévenu qu'il ne souhaitait pas s'endetter davantage. Or, Crédit Suisse, dans une étude parue en novembre 2008, ne classait pas Fiat en très bonne position en termes de réserves de liquidités, par rapport à un BMW ou un Volkswagen par exemple. L'analyse de Crédit Suisse prévoyait alors une trésorerie négative de 3,4 milliards d'euros pour 2009. Une situation qui ne s'arrange pas depuis le début de l'année, puisque le groupe a enregistré une perte de 411 millions d'euros au premier trimestre.

Par ailleurs, alors que Fiat ambitionne de lancer la Fiat 500 aux Etats-Unis fin 2010, le constructeur réussira-t-il à imposer ses modèles européens Outre-Atlantique ? Bien que les consommateurs se tournent davantage aujourd'hui vers les petits modèles, l'idée de fabriquer des voitures à partir d'une poignée de plates-formes seulement à la fois pour l'Amérique du Nord, l'Amérique Latine et l'Europe correspond-elle à un marché qui reste finalement très régionalisé ?

Raphaële Karayan

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