L'Usine Auto

Fiat et son incompréhensible stratégie

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Entretien Suite aux propos du patron de Fiat quant à la compétitivité de ses sites en Italie, L'Usine Nouvelle est revenu avec Bertrand Rakoto, analyste du secteur, sur la stratégie du groupe automobile.

Fiat et son incompréhensible stratégie © DR

Pourquoi Sergio Marchionne remet-il en cause la compétitivité des sites italiens de Fiat, entreprise symbole de l'Italie ?

Le patron de Fiat a démarré un bras de fer avec le gouvernement et les syndicats pour tenter d’obtenir des avantages et de la flexibilité sur ses sites. Il est le premier employeur italien et le gouvernement ne souhaite pas voir le groupe Fiat fermer ses usines. Cela étant dit, le constructeur a besoin d’un soutien pour faire réduire ses coûts et améliorer la flexibilité. Les sites italiens de Fiat ne sont pas rentables et le plan produit est majoritairement constitué de modèles des segments inférieurs (citadines et compactes), qui sont peu chers et génèrent peu de marges. Le groupe est peu présent dans les segments supérieurs aux compacts qui sont les segments dégageant des marges plus importantes.

Fiat a augmenté ses prévisions 2010, après avoir annoncé sa scission. Le pôle automobile peut-il encore être rentable ?


La stratégie de marché de Sergio Marchionne manque de consistance. Depuis l’alliance signée avec Chrysler, le patron de Fiat a fait plusieurs annonces concernant le plan produit avec chaque fois des projets différents des précédents. Dans ce contexte, il est compliqué de comprendre sa stratégie en matière de produits. Peut-être une conséquence de la carrière de Sergio Marchionne qui n’est pas un dirigeant issu de l’automobile. Il est efficace pour remettre une entreprise sur les rails, mais semble avoir quelques difficultés pour créer de véritables dynamiques sur le long terme.

Peut-on craindre qu’un patron de constructeur français fasse de telles déclarations ?


Des comparaisons peuvent être faites entre Sergio Marchionne et Carlos Ghosn, qui ont une vision financière de l'industrie automobile. Contrairement aux grands patrons allemands, ils n'ont pas de grande sensibilité des produits et du marché automobile. En France, on a plus ou moins remarqué que les relations entre Renault et le gouvernement sont parfois tendues, le constructeur ayant environ 23% de sa production en France, et ce chiffre risque de baisser avec la Clio 4 qui sera majoritairement produite en Turquie. Pour autant, en France, les rapports entre salariés et entreprises ne sont pas les mêmes qu'en Italie et les grands patrons seraient très maladroits de tenir de tels propos, particulièrement dans le contexte social actuel.
 

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