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Fiat-Chrysler arrive-t-il au pire moment ? "Renault est valorisé moins que zéro", selon un actionnaire

Simon Chodorge , , ,

Publié le

Vu sur le web La question taraude Renault, le gouvernement français et les syndicats : le projet de fusion avec Fiat Chrysler Automobiles (FCA) est-il une bonne affaire ? Le 28 mai, sur BFM Business, un actionnaire du groupe français a éclairé les problématiques de l'entreprise. Aujourd'hui, sa capitalisation boursière se situe bien en-dessous de la valeur de ses actifs.

Fiat-Chrysler arrive-t-il au pire moment ? Renault est valorisé moins que zéro, selon un actionnaire
En un an, le cours de l’action Renault a en effet plongé.
© Pexels

La proposition est sur la table de Renault : accepter ou non le projet de fusion de Fiat Chrysler Automobiles (FCA). Pour le constructeur italo-américain, l’opération serait certainement un coup gagnant. Les avis sont plus mitigés sur l’intérêt d’une telle fusion à 50-50 pour Renault. Le projet de mariage arrive-t-il au pire moment pour le groupe français ? Mardi 28 mai, sur le plateau de BFM Business, l’un des actionnaires du groupe français a évoqué les difficultés qui pèsent sur l’entreprise.

“Renault est valorisé moins que zéro”

Émeric Préaubert est cofondateur et président de Sycomore AM, société de gestion d'actifs. Selon lui, le groupe Renault traverse une période difficile. “Au cours de Bourse actuel, Renault est valorisé moins que zéro”, selon lui. L’actionnaire détaille son raisonnement. Alors que la capitalisation boursière de Renault oscille aujourd’hui vers les 16,8 milliards d’euros, la valeur de ses actifs est bien supérieure.

“Renault détient 44% de Nissan, cela représente 11 milliards d’euros, développe Émeric Préaubert à BFM Business. Il y a ensuite 3 milliards de cash dans le bilan de Renault. Que reste-t-il ? La filiale de crédit, RCI Banque, que nous pouvons valoriser prudemment à 7 milliards d’euros. Il reste 2% de Daimler, valorisés à 1 milliard. Nous arrivons donc à 22 milliards, avant la contribution de la branche automobile c’est-à-dire 90% du chiffre de Renault. Renault est donc valorisé à la Bourse à une valeur négative de l’ordre de 7 milliards d’euros, ce qui est totalement aberrant.”

Les problèmes de valorisation ne datent pas d'hier

En un an, le cours de l’action Renault a en effet plongé. Mardi 28 mai, à 9h00, elle s’élevait à 56,10 euros, requinquée par la proposition de FCA. Mais en mars 2018, le cours frôlait les 100 euros. Entre temps, il y a certes eu l’arrestation de Carlos Ghosn au Japon. Mais le problème de valorisation de Renault remonte à plus longtemps selon Émeric Préaubert, un constat qui relativise l’idée selon laquelle le projet de FCA arriverait au mauvais moment.

“Ce calcul, cela fait malheureusement un certain temps qu’il se vérifie, explique l’actionnaire. Les investisseurs ont du mal à valoriser normalement Renault parce que la structure de gouvernance est complexe et parce que nous voyons bien qu’il y a des tensions avec Nissan. Cela a été exacerbé avec Carlos Ghosn mais cela fait longtemps que ça dure.”

Le constructeur français devra tenir compte ces paramètres pour prendre sa décision. Il n’est pas exclu que Renault fasse une contre-proposition à FCA avec un autre projet qu’une fusion à 50-50. Outre ces problèmes financiers, le groupe français devra également étudier l’intérêt industriel du projet. Une question qui se pose aussi pour les syndicats et le gouvernement français.

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