Feu vert du gouvernement au projet de reprise d’Ascoval par Altifort

[ACTUALISE le 26 septembre] Le ministre de l’Economie Bruno Le Maire a apporté son soutien au projet présenté par Altifort pour la reprise de l’aciérie Ascoval à Saint-Saulve (Nord). Il se donne cinq semaines pour négocier avec Vallourec, acteur-clé du dossier. Le tribunal a accepté de reporter sa décision au 24 octobre. Mais la partie n'est pas encore gagnée.

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Feu vert du gouvernement au projet de reprise d’Ascoval par Altifort
"Le ministre a été très clair ; il veut que l’aciérie soit reprise", se félicite Cédric Orban, président d’Ascoval, favorable, comme les salariés et élus nordistes, au projet d’Altifort.

Bruno Le Maire, ministre de l’Economie, a reçu le 25 septembre à Bercy la direction et les représentants des salariés (CGT, CFDT, CFE CGC) de l’aciérie Ascoval de Saint-Saulve, près de Valenciennes (Nord). Il leur a dit vouloir "mettre toute (son) énergie à garantir la pérennité du site d’Ascoval" en travaillant "exclusivement sur l’option de reprise (présentée par) Altifort". Il se donne cinq semaines pour avancer sur ce projet. Mais rien n'est encore gagné. "Ça va être difficile, je ne l’ai pas caché aux salariés, la conjoncture n’est pas bonne, Vallourec n’est pas en meilleure forme non plus", a précisé le ministre.

Bruno Le Maire recevait la délégation d’Ascoval, accompagnée d’élus du Nord, alors que le tribunal de grande instance de Strasbourg (Bas-Rhin) devait se prononcer le lendemain, 26 septembre, sur une éventuelle liquidation de l’aciérie cédée par Vallourec en janvier 2017. En redressement judiciaire depuis janvier 2018, elle emploie 281 personnes. "Toutes les parties sont d’accord pour un report de cette décision", avance Olivier Burgnies, délégué syndical (CFDT) d’Ascoval. Le tribunal a finalement annoncé le 26 septembre un report de sa décision au 24 octobre.

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"Le ministre a été très clair ; il veut que l’aciérie soit reprise", se félicite Cédric Orban, président d’Ascoval, favorable, comme les salariés et élus nordistes, au projet d’Altifort. Ce jeune groupe, basé à Ham (Somme), s’est construit notamment avec la reprise de sites d’équipements industriels, dont deux sites de Vallourec à Cosne-sur-Loire (Nièvre) et Tarbes (Hautes-Pyrénées). Il emploie environ 1 200 personnes et réalisera en 2018 un chiffre d’affaires estimé à 140 millions d’euros.

A Saint-Saulve, il envisage d’implanter un train à fil à côté de l’aciérie, dans deux halles de la tuberie de Vallourec, contiguës au site d’Ascoval. Cette nouvelle activité consiste à laminer les barres d’acier produites par Ascoval en fil machine. Elle devrait faire progresser l’effectif de l’aciérie de 281 à 414 salariés.

Pour cela, explique Bart Gruyaert, directeur général et co-fondateur d’Altifort, "nous avons besoin que Vallourec nous cède deux bâtiments pour accueillir le train à fil et qu’il nous garantisse des volumes" sur 18 mois, le délai nécessaire à la réalisation ce nouvel équipement. Actuellement, Vallourec absorbe environ 55 % de la production actuelle d’Ascoval, au prix garanti de 248 euros la tonne.

"Ce projet, c’est ce qu’on peut faire de mieux", pour l'actuel dirigeant

Autres contreparties pour mener à bien son projet, Altifort demande la prise en charge par Vallourec des travaux de remise en état des deux halles, pour un montant estimé à 12 millions d’euros, et la prise en charge des compteurs temps des salariés pour la période précédant 2017, soit un montant d’environ 6 millions d’euros.

"Il n’y a pas photo. Ce projet, c’est ce qu’on peut faire de mieux", estime Cédric Orban auprès de L'Usine Nouvelle. "Aujourd’hui, on est dans une sorte de coopérative de production, dans laquelle nos actionnaires sont nos clients. On passerait à un modèle multi-clients. La meilleure façon d’être pérenne, c’est d’être dans le business", poursuit celui qui est aux manettes d’Ascoval depuis janvier 2017. "Quand je suis arrivé, explique le dirigeant, on avait un coût de production de 400 euros la tonne. On est aujourd’hui à 270 euros, alors que les prix du marché se situent autour de 200-230 euros. Grâce à l’effet volume - on passerait d’une production annuelle de 245 000 à 500 000 tonnes - on serait bien positionné dans le marché, avec un coût de production réduit de 30 %, à hauteur de 185 euros la tonne."

Le président d’Ascoval dit par ailleurs disposer de lettres d’intention de nouveaux clients, notamment de la part d’équipementiers automobiles tels qu’Agrati, qui dispose d’un site à proximité, à Vieux-Condé (Nord). "On capitalise sur l’outil existant, qui a bénéficié de 150 millions d’euros d’investissement en dix ans de la part de Vallourec ; et avec les tréfileries rachetées par Altifort, on dispose déjà d’un portefeuille de clients identifiés", souligne encore Cédric Orban.

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Pas question toutefois de couper totalement les ponts avec Vallourec. "Nous sommes réactifs, capables de réaliser des aciers spéciaux et des petites séries très rapidement, ce que ne peut pas faire HKM" (Hüttenwerke Krupp Mannesmann, à Duisburg-Huckingen, en Allemagne, une aciérie dans laquelle Vallourec détient une participation de 20 %, ndlr).

Ces arguments suffiront-ils à convaincre Vallourec ? "Il n’y a que Bercy qui puisse lever ce frein", estime Cédric Orban.

Mathieu Hebert

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