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Feu vert de Bruxelles au plan européen IPCEI de 8 milliards d’euros sur la nanoélectronique

Ridha Loukil , , ,

Publié le , mis à jour le 03/01/2019 À 12H14

Bonne nouvelle La Commission européenne donne sa bénédiction au plan européen IPCEI sur la nanoélectronique associant la France, l’Allemagne, l’Italie et le Royaume-Uni. Elle autorise les quatre pays à apporter un soutien public de 1,75 milliard d’euros en plus des 6 milliards d’euros de financement privé d’ici 2024.

Feu vert de Bruxelles au plan européen IPCEI de 8 milliards d’euros sur la nanoélectronique
L'usine Crolles 2 de STMicroelectronics près de Grenoble, l'un des grands bénéficiaires du plan IPCEI sur la nanoélectronique
© ARTECHNIQUE

Le projet important d'intérêt européen commun (IPCEI, pour Important project of commun european interest) sur la nanoélectronique est sur les rails. Fin 2018, il a reçu l’approbation de la Commission européenne. Bruxelles autorise les quatre pays associés, Allemagne, France, Italie et Royaume-Uni, à apporter un soutien public de 1,75 milliard d’euros à ce plan qui devrait générer plus de 6 milliards d’euros d’investissements privés d’ici 2024.

Nouveau dispositif de soutien de l'innovation

Le dispositif IPCEI est un nouveau mécanisme européen de soutien de la recherche et de l’innovation publié en 2014 par la Commission européenne pour favoriser des projets d’intérêt transnational dans des domaines stratégiques comme le calcul intensif, la voiture autonome ou la nanoélectronique. Il offre l’avantage d’autoriser les pouvoirs publics à soutenir les participants au-delà du stade de la recherche, en finançant aussi le passage des innovations en production.

Le plan sur la nanoélectronique est le premier à bénéficier de ce dispositif. Il associe directement 25 industriels et deux instituts de recherche concentrant leurs travaux dans cinq domaines technologiques: les puces de traitement à basse consommation, les composants de puissance, les capteurs intelligents, les dispositifs photoniques avancés, et les matériaux semi-conducteurs composés, alternatives au silicium classique à la base de la grande majorité des puces électroniques actuelles.

Le volet français de ce plan est Nano 2022. Il associe STMicroelectronics, Soitec, Sofradir, Ulis, Murata France (ex-IPDia), X-Fab France (ex-Altis Semiconductors) et le Leti, le laboratoire d’électronique du CEA à Grenoble. Les pouvoirs publics sont autorisés à leur apporter un soutien financier de 355 millions d’euros. Ce montant s'ajoute aux contributions publiques aux centres de recherche comme le Leti, portant le total de l'engagement de l'Etat français à 800 millions d'euros en cinq ans. Les industriels sont tous engagés dans des plans d’expansion de leurs capacités de production. Ils misent sur ce dispositif  pour en financer une partie par l’Etat et les collectivités locales.

Une filière stratégique

La nanoélectronique française représente 19 400 emplois directs et génère un chiffre d’affaires annuel de 4 milliards d’euros, dont 90% à l’export. Elle constitue une filière stratégique pour de nombreux secteurs avals (automobile, aéronautique, défense et sécurité, objets connectés, …) mais aussi un enjeu important de souveraineté économique. L’un des objectifs du plan IPCEI est d’assurer l’indépendance européenne et de garantir la sécurité d’approvisionnement en composants électroniques clés.

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