L'Usine Energie

Fessenheim : une fermeture à 8 milliards d’euros ?

Astrid Gouzik , ,

Publié le

Selon les informations divulguées par le Journal du Dimanche, EDF réclamerait entre 5 et 8 milliards d’euros à l’Etat en compensation de la fermeture de la doyenne du parc nucléaire français.

Fessenheim : une fermeture à 8 milliards d’euros ? © L'Usine Nouvelle

Un an jour pour jour après l’élection de François Hollande, l’une des promesses de son quinquennat fait l’actualité. Selon le JDD, citant des sources proches de l’électricien, il "s'engage certes à 'respecter la loi' et à arrêter l'exploitation de Fessenheim si on l'y oblige. Mais l'État devra en payer le prix fort."

Et la facture pourrait être salée. Alors que jusqu’à maintenant le montant des indemnités possibles oscillaient entre 1 et 3 milliards d'euros. La somme de 2,5 milliards était le plus souvent le plus souvent évoquée. Selon l’hebdomadaire, plusieurs sources proches d’EDF évoquent aujourd’hui une somme comprise entre 5 et 8 milliards.

Des réacteurs rentables

Les arguments d’EDF dans cette négociation ? La fermeture et le démantèlement se traduiront par une perte sèche. En effet, "Fessenheim a été construite avec l'allemand EnBW pour 17,5% et des compagnies suisses pour 15%, rappellait Francis Sorin, le porte-parole de la Société française de l'énergie nucléaire, interrogé en novembre par L’Usine Nouvelle. Il faudra les indemniser." Les deux réacteurs de Fessenheim sont très rentables : ils dégagent un bénéfice annuel de 400 millions d'euros, dont 130 millions sont reversés aux partenaires étrangers. Une négociation devra s'engager sur la base de la durée de vie des réacteurs. La semaine dernière, l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) lui a donné son feu vert pour prolonger l'exploitation de Fessenheim jusqu'en 2022.EDF estime, de son côté, qu’il pourra exploiter la centrale pendant encore vingt ans.

Des chiffres en guise de munition pour mieux faire pression sur le gouvernement. "Je ne partage pas cette vision qui est différente de la nôtre, a confié Delphine Batho au JDD. Nous discuterons d'une indemnisation une fois la loi votée début 2014." Selon un proche des pouvoirs publics, cité par le journal, le gouvernement n'avait pas anticipé ce coût à plusieurs milliards : "Il croyait que ça serait gratuit".

Un processus long

Quant au délégué interministériel chargé de la fermeture de Fessenheim, Francis Rol-Tanguy, "les discussions sont compliquées avec EDF. Mais je n'ai toujours pas été saisi d'une demande d'indemnisation." Et pour cause, les procédures pour arrêter les réacteurs ne sont pas encore enclenchées. En novembre dernier, l’ASN expliquait à L’Usine Nouvelle n’avoir reçu aucun dossier de demande d'arrêt des deux réacteurs de la part d'EDF. Et ces processus pourraient être encore ralentis au fur et à mesure que les obstacles à la fermeture prennent de l’ampleur.

Astrid Gouzik

Réagir à cet article

Testez L'Usine Nouvelle en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Les entreprises qui font l'actu

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte