L'Usine Energie

Fessenheim : "Hollande doit tenir son engagement" pour le Réseau Sortir du nucléaire

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Le dossier de la fermeture de la centrale de Fessenheim (Haut-Rhin) aura décidément émaillé le quinquennat de coups d’éclat et de coups de gueule ! En déplacement à Strasbourg, la ministre de l’Environnement, Ségolène Royal, a laissé entendre que la centrale de Fessenheim ne fermerait que lorsque l’EPR ouvrirait. Or celui-ci ouvrira au mieux fin 2018,  soit bien après l'engagement présidentiel. Dans un second temps, le gouvernement s’est repris, assurant que le processus de fermeture de la centrale alsacienne serait engagé dès 2016 et de manière irréversible. Tandis que l’Allemagne regrette ce délai, les associations anti-nucléaires dénoncent le non-respect de la promesse présidentielle. Charlotte Mijeon, porte-parole du Réseau Sortir du Nucléaire, réagit.

 

L'Usine Nouvelle : La fermeture de la centrale de Fessenheim avant la fin du quinquennat était incertaine depuis longtemps. Vous y croyiez encore ?

Charlotte Mijeon : Cela fait longtemps que nous avions des doutes à ce sujet. Mais François Hollande s’est engagé devant les Français et auprès des Allemands. Il doit tenir son engagement, même si tous les signaux vont dans le mauvais sens !  Rappelons qu’à l’origine, la promesse était une mise à l’arrêt immédiate de Fessenheim. Aujourd’hui, le gouvernement nous sort cette histoire de décret de fermeture, mais on se demande pourquoi ce ne sera fait que l’année prochaine. Un tel décret aurait pu être pris depuis longtemps ! Globalement, il y a un flou, un manque de courage sur ce dossier. Pourtant, ce serait un signal fort que la France annonce la fermeture juste avant la tenue de la COP21.

Mais la COP21 concerne le réchauffement climatique et le nucléaire n’émet pas de CO2…

Oui, la COP 21 parle du problème du climat. Mais c’est aussi à cette occasion que l’on doit revoir tout le système électrique. Tant que la France gardera le verrou nucléaire, on ne pourra pas avancer sur les sujets d’efficacité énergétique et d’énergies renouvelables.

Reconnaissez-vous une logique industrielle à attendre le démarrage de l’EPR pour fermer Fessenheim ?

Avant tout, n’oublions pas que la loi de transition énergétique fixe un plafond de puissance nucléaire installée en France. Cela signifie que pour ouvrir un réacteur nucléaire, il faut en fermer une autre. Mais elle ne dit pas qu’il faut ouvrir un réacteur pour en fermer un autre ! L’objectif est de réduire la part du nucléaire. Les industriels ont trop tendance à considérer le plafonnement comme un seuil. L’avenir est à la décroissance de nos consommations d’énergie. Par ailleurs, la fermeture des deux réacteurs de Fessenheim n’entraînera pas de manque d’électricité en France.

Fessenheim génère des exportations d’électricité qui alimentent les comptes d’EDF et de l’Etat…

Oui mais les centrales vieillissantes demandent des investissements de plus en plus lourds, qui vont se répercuter sur les consommateurs et les contribuables. Le grand carénage (NDLR : les travaux de prolongation de la durée de vie des réacteurs) est estimé à 55 milliards d’euros par EDF, mais selon Greenpeace, il faut compter 250 milliards d’euros. Même un scénario médian représente une charge considérable.

Comment jugez-vous l’opération transparence menée par Jean-Bernard Lévy sur le chantier de l’EPR ?

Tout le monde savait déjà que les problèmes de ce chantier ne permettraient pas une mise en service en 2017. Même 2018 semble peu crédible. Le problème sur la cuve de l’EPR inquiète sérieusement l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) et rien n’indique qu’elle donnera un feu vert pour l’utiliser. La prétendue opération de transparence de Jean-Bernard Lévy n’est qu’une pure opération de communication.

Propos recueillis par Ludovic Dupin

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1 commentaire

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12/09/2015 - 23h17 -

Excellente interview de cette représentante de "sortir du nucléaire" dont le seul intitulé montre la partialité sur le sujet. Les incohérences de cette communauté proche d'une secte sont bien mises en valeur ; la seule vérité proférée est que FH s'est engagé à fermer cette centrale avant la fin de son mandant, mais y a-t-il un seul engagement d'envergure qu'il a su tenir ?
Risible : la référence à Greenpeace, expert bien connu en matière économique. Pourquoi cette dame ne cite-t-elle pas la Cour des Comptes, autrement plus compétente et indépendante, qui a validé l'évaluation d'EDF ?
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