Economie

Fermeture de Goodyear Amiens-nord : les maigres alternatives du rapport Secafi

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Le rapport, qui ne fait aucun cas du projet de Scop de la CGT, trace de sombres perspectives pour les deux activités (tourisme et agricole) du site. Tout au plus reste-t-il, selon la CFECGC, une "chance infime" pour une reprise de l’activité agricole.

Fermeture de Goodyear Amiens-nord : les maigres alternatives du rapport Secafi © D.R.

"C’est un rapport qui reflète la réalité", a confié à L'Usine Nouvelle Catherine Charrier, secrétaire (CFE CGC) du comité central d’entreprise de Goodyear Dunlop France. Comme les autres membres du CCE, elle a eu entre les mains le rapport du cabinet d’expertise Secafi. Ce dernier avait été désigné, le 12 février, à la majorité des voix du CCE (CFDT + CFECGC) pour la recherche de solutions alternatives à la fermeture de l’usine Goodyear d’Amiens-nord (1 173 salariés). L’alternative d’une Scop, défendue par Fiodor Rilov, l’avocat de la CGT, n’a pas été examinée par les experts de Secafi.

Ces derniers ont chiffré à 100 millions d’euros les investissements qui seraient nécessaires pour relancer l’activité de pneumatiques tourisme. L’activité de pneumatiques agricoles - le "pneu farm" comme on l’appelle chez Goodyear - pourrait être relancée moyennant un investissement de 15 à 20 millions d’euros, indique la CFE CGC. Une fois éliminée la piste d’une reprise par Titan - qui était, de loin, la piste "la plus favorable" selon le syndicat - quels sont les pneumaticiens susceptibles désormais de reprendre l’activité "farm" de Goodyear à Amiens ?

Un seul repreneur potentiel identifié : l’indien BKT

Selon Catherine Charrier, sur la dizaine de fabricants de pneus "farm" dans le monde, un seul pourrait avoir un intérêt à reprendre l’activité agricole de Goodyear Amiens-nord, c’est l’indien BKT : "Il fabrique du pneu d’entrée de gamme et pourrait être intéressé par le pneu radial (haut de gamme) fabriqué par Goodyear à Amiens. Par ailleurs, il ne produit pas de pneu en Europe et pourrait être intéressé par une implantation européenne."

La syndicaliste s’empresse d’ajouter qu’il faut rester prudent, cet industriel indien n’ayant jamais fait par le passé de déclaration d’intérêt pour l’usine picarde. "Il reste une chance infime, si nous nous mettons dans des conditions favorables au lieu de mettre le feu aux cars de CRS !" résume de son côté Marc Jonet, délégué syndical central CFE CGC.

Le signal favorable à envoyer au repreneur consisterait, selon lui, à "séparer juridiquement les deux entités entre activité tourisme et activité agricole". La CFE CGC a été rejointe par la CFDT sur sa proposition de mettre en place un plan de départs volontaires sur l’ensemble du site. "Cela permettrait d’éviter les licenciements secs. Un plan de départs négociés serait un message positif vis-à-vis d’un repreneur."

Mickael Wamen, le responsable CGT de l’usine Goodyear d’Amiens-nord, n’a pas caché son mécontentement à la lecture du rapport du cabinet Secafi. Il a indiqué vouloir faire appel à un autre cabinet d’expertise. "Il peut essayer, mais cela ne marche pas comme cela. C’est le CCE qui mandate un expert", commente Marc Jonet (CFE CGC). La CGT ne détient que 2 voix sur 5 au CCE de Goodyear Dunlop France.

La direction de Goodyear Dunlop Tires France a de son côté publié un communiqué en milieu d’après-midi pour "condamner les actes de violence qui se sont déroulés en marge de la deuxième réunion de son CCE concernant le projet de fermeture de l’usine d’Amiens-nord". La procédure d’information-consultation se poursuivra avec la prochaine réunion du CCE le 22 mars.

Claire Garnier

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