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Federica va creuser le Lyon-Turin

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Ce tunnelier aux dimensions exceptionnelles creusera la galerie de reconnaissance de la ligne ferroviaire à grande vitesse. Fabriqué au Creusot, il est en cours de montage.

Federica va creuser le Lyon-Turin
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© Le tunnelier de NFM Technologies (135 mètres de longueur, 11,26 mètres de diamètre) devra opérer dans un terrain géologique complexe.

Federica est arrivé par convoi exceptionnel à Saint-Martin-de-la-Porte (Savoie). En août, lorsque son montage sera achevé, le tunnelier commencera son labeur, à 80 mètres de profondeur. Conçu et fabriqué au Creusot (Saône-et-Loire) par NFM Technologies, il mesure 130 mètres de longueur, pour un diamètre de 11,26 mètres. Il creusera en direction de l’Italie 9 kilomètres (8 737 mètres exactement) du futur tunnel de la liaison ferroviaire à grande vitesse Lyon-Turin. Cette galerie, dite de reconnaissance, lance le vrai début des travaux côté français. Elle reliera la descenderie (galerie d’accès) de Saint-Martin-de-la-Porte, déjà réalisée, à celle de La Praz, près de Suse, en Italie. Elle aura le diamètre du futur tube sud de la LGV Lyon-Turin et constituera ainsi les premiers kilomètres de l’un des deux tubes du tunnel final.

Un chantier à 8,6 milliards d’euros

Long de 57 kilomètres, le tunnel permettra la liaison ferroviaire à grande vitesse entre Lyon et Turin : 250 kilomètres parcouru en deux heures. Il s’agira d’un tunnel bitube avec un sens de circulation dans chaque tube. Le coût de la section transfrontalière du Lyon-Turin s’élève à 8,6 milliards d’euros, financés à 40 % par l’Europe, 35 % par l’Italie et 25 % par la France. La fin des travaux est prévue pour 2028 ou 2029. Les travaux ont débuté en septembre 2014, à Saint-Martin-de-la-Porte, dans la vallée de la Maurienne, avec la réalisation d’ouvrages logistiques, dont la chambre de montage du tunnelier. TELT (Tunnel Euralpin Lyon-Turin), qui a remplacé LTF (Lyon Turin Ferroviaire) en février 2015, a mandaté un groupement de six entreprises (trois françaises et trois italiennes) : Spie Batignolles TPCI (mandataire), Eiffage Génie Civil, Sotrabas, Ghella SpA, CMC di Ravenna et Cogeis SpA.

Le chantier est en activité sept jours sur sept et 24 heures sur 24, avec un effectif de 410 personnes, qui montera à 450 dans quelques mois, lorsque le tunnelier entrera en action. 80 millions d’euros ont été investis dans le matériel en 2015. « Nous avons mis une place une gestion industrielle du chantier, avec les mêmes exigences qu’une usine en termes de qualité, de suivi, de performances industrielles, mais aussi de gestion et de formation du personnel, précise Florent Martin, le directeur des travaux du groupement d’entreprises conduit par Spie Batignolles TPCI et directeur du projet de Saint-Martin-de-la-Porte. Chaque matériel est suivi et raccordé informatiquement au poste de contrôle central, ce qui nous permet de suivre la performance de chaque équipement. » Sur cette plate-forme souterraine, toutes les installations nécessaires aux excavations sont présentes : électricité haute et basse tension, systèmes de secours, centrales à béton, traitement des eaux et systèmes de ventilation car le chantier travaille en circuits fermés, services informatiques, fibre optique…

Toutes les techniques des travaux souterrains sont mises en œuvre sur le chantier de Saint-Martin-de-la-Porte, car cette portion de 10 kilomètres est la zone la plus difficile du tunnel définitif du fait de la complexité géologique du terrain. Cette portion se situe entre deux formations de roches composées de schistes, d’argilites, de grés et de charbon (front houiller). Cette géologie provoque de fortes convergences du terrain et rend le chantier particulièrement complexe. « Nous utilisons des principes d’excavation classique, mais avec des adaptations notamment en ce qui concerne le diamètre de la tête du tunnelier, qui a une forte conicité, et ses capacités d’excavation », détaille Florent Martin.

Trente mois de travaux

Le bouclier du tunnelier est équipé de deux foreuses pour permettre une reconnaissance permanente et systématique des roches lors de l’avancement, afin de prévenir les accidents géologiques ou détecter des eaux à forte pression. Elles agiront par des sondages destructifs et des carottages. « Nous avançons sous la protection d’anneaux en béton, des voussoirs, qui sont fabriqués à proximité du chantier dans une ancienne aciérie réhabilitée et transformée pour nos besoins », explique Florent Martin. Trente mois seront nécessaires pour le creusement de la galerie de reconnaissance, l’arrivée au niveau de la descenderie de La Praz, juste avant la frontière italienne, est prévue pour septembre 2018.

L’excavation du tunnelier a été évalué 900 000 mètres cubes de matériaux, qui seront évacués par convoyeur jusqu’au site de dépôt de Saint-Félix. Ils seront identifiés pour être valorisés selon leurs caractéristiques géologiques. Les matériaux dits non réutilisables seront stockés dans des piles de dépôts définitifs et seront revégétalisés. En 2018, Federica sera démonté et soit restitué à NFM, dans le cadre d’un « buy-back », soit réutilisé si le groupement d’entreprises obtient le marché suivant. 

Des voussoirs fabriqués sur place

Les anneaux de béton qui formeront le revêtement de la galerie de 9 kilomètres entre Saint-Martin-de-la-Porte (Savoie) et La Praz, près de Suse en Italie, sont fabriqués à 2,5 kilomètres du chantier où se trouve le tunnelier, dans une ex-aciérie située sur la zone d’activité réhabilitée Les Œillettes. Opérationnelle depuis septembre, l’usine à voussoirs, qui emploie 70 personnes, a déjà fabriqué plus de 500 anneaux. Chaque anneau en béton pèse 60 tonnes et se compose de huit éléments. La chaîne de fabrication compte cinq postes (pose du joint, ferraillage, bétonnage, étuvage, décoffrage) et les 45 moules à voussoirs se déplacent de poste en poste à l’aide d’un carrousel qui tourne deux fois par jour. Au total, ce chantier requerra trente mois, 163 000 mètres cubes de béton haute performance et 20 000 tonnes d’acier. « La construction et l’installation de l’usine à voussoirs ont nécessité un investissement de 5 millions d’euros, explique son directeur, Bernard Sosnowski. Elle représente un budget de 52 millions d’euros. » L’étuvage se fait dans une chambre isolée thermiquement et divisée en trois compartiments pour permettre au béton de sécher plus rapidement. Les voussoirs restent à l’intérieur pendant six à sept heures, puis le moule sort de la chambre d’étuvage. Le voussoir est acheminé dans le hall de préstockage, où il sera entreposé à température ambiante durant vingt-quatre heures après lesquelles il sera prêt à l’emploi. L’usine a fait du stock, car le tunnelier pourrait avancer de 20 mètres par jour, plus vite que la capacité de production. 

 

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