Fédérer les données pour supporter l’expansion du marché des services aéronautiques

Le marché complexe des services aéronautiques devrait connaître une forte croissance dans les prochaines années. Les nombreux acteurs en jeu seront confrontés à une explosion de la quantité de données à gérer qui rendra d'autant plus ardus les défis à relever. Une bonne maîtrise de cette masse d’informations peut donc conférer un avantage sur de nombreux points, dont la traçabilité et l'efficacité.

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Fédérer les données pour supporter l’expansion du marché des services aéronautiques

Au cours des 20 prochaines années, la flotte d’avions commerciaux en service va augmenter de plus de 4 % par an, ce qui l’amènera à doubler à l’horizon 2040 pour atteindre 45 000 appareils (Source : Oliver Wyman 2018-2028 Fleet and MRO Forecast). Le nombre de passagers transportés devrait par ailleurs culminer à plus de 7 milliards sur la même période. Cela va créer un formidable levier de croissance et une manne extraordinaire à exploiter – en termes de marchés et de données – pour tous les acteurs du marché de la maintenance et des services aéronautiques.

Parallèlement à l’expansion du marché de l’aéronautique, l’utilisation plus intensive des avions et l’augmentation de leur taux de remplissage va mécaniquement augmenter les besoins en MRO (Maintenance, Repair and Operations), c’est-à-dire la maintenance et le suivi des systèmes. Les moteurs et composants vont continuer de représenter l’essentiel des dépenses de maintenance, mais c’est surtout du côté de la modification des cabines que l’évolution sera la plus rapide. Le marché des pièces d’occasion va également exploser avec la vague de démantèlement de vieux appareils attendue.

Une pluralité de services pour une pluralité d’acteurs

L’intrication de ces différentes activités, acteurs et périmètres d’intervention rend le marché difficile à appréhender. En effet, plusieurs grandes familles de services couvrent les opérations aériennes ainsi que l’aftermarket (après-vente). Ce marché se décompose en plusieurs grands ensembles : commercial (vente de billets, boutiques dans les aéroports…), coordination (répartition des pistes, des voyageurs, sécurité…), technique (maintenance, recyclage)… Ces différentes prestations ciblent chacune des clients différents : voyageurs, compagnies aériennes, aéroports… et chacun de ces services peut intervenir à différentes étapes : avant, pendant et après le vol.

Ce paysage est en constante évolution : création de startups (y compris par des grands groupes), fusions, rachats, joint-ventures ou développement de leurs propres filiales… Les acteurs impliqués sont à la fois des entreprises établies et en devenir. Face au potentiel de ce marché, les avionneurs passent à l’offensive. Le support à l’exploitation commerciale de leurs avions et la MRO sont pour eux un nouvel espace de développement leur permettant de pallier l’aspect cyclique de leurs programmes de développement. Cela représente notamment un moyen de redéployer leurs ressources humaines lors des phases intermédiaires de faible activité.

Forts de leur maîtrise technologique et d’une base installée importante, les motoristes et les équipementiers restent, eux, très solidement implantés sur le marché de la MRO. Quant aux compagnies aériennes, elles forment un noyau d’acteurs bien armés pour défendre leurs parts de marché. Les plus puissantes d’entre elles capitalisent sur leur flotte d’avions pour dynamiser leurs activités de maintenance et partent également à la conquête de clients tiers. Elles nouent, pour certaines, des partenariats avec les équipementiers ou motoristes. En revanche, les sociétés indépendantes spécialisées dans la MRO sont de plus en plus fragilisées par la puissance des acteurs auxquels elles font face. Elles tendent à jouer le rôle de variable d’ajustement ou se développent sur des marchés de niche, comme les avions d’affaires ou la logistique des pièces détachées. De plus, en raison d’une contrainte de taille, un processus de concentration des acteurs du marché est à l’œuvre, dans le but, notamment, de proposer des solutions très verticales et intégrées. Cela fragilise d'autant plus les entreprises encore indépendantes.

Une production accrue de données

En parallèle de ce contexte, l’arrivée des nouvelles technologies du numérique participe activement à la transformation de cette industrie. Elles permettent de réduire les coûts et ouvrent un champ d’innovation fabuleux. Les domaines d’application sont multiples : multimédia, capteurs intelligents pour monitorer la structure des avions, réalité augmentée, biométrie, maintenance prédictive, localisation des pièces dans les stocks, cybersécurité, intelligence artificielle (IA), simulation, cloud… Toutes ces activités impliquent de nombreux gisements et silos de data qui sont généralement très cloisonnés. De plus, les technologies telles que les capteurs intelligents contribuent encore à augmenter la quantité de données en jeu.

Cette dynamique autour du marché des services aéronautiques va donc conduire les sociétés à devoir exploiter des volumes croissants de données, de plus en plus hétérogènes et issues de multiples systèmes d’information (SI). Les entreprises peuvent en effet avoir différents SI alimentant les multiples relais de fabrication contribuant à la chaîne logistique. Chacun de ces systèmes est partie prenante d'un processus unifié, appelé communément continuité numérique. De plus, les chaînes d’approvisionnement doivent être, elles aussi, intégrées et/ou connectées à d’autres systèmes, au sein de l’entreprise, dans les domaines de l’ingénierie, du marketing et des ventes.

Des exigences de traçabilité

Une obligation croissante pour les fabricants et les responsables de la chaîne d'approvisionnement vient encore complexifier cet environnement : celle d’assurer la traçabilité complète des données et des pièces gérées, malgré des systèmes disparates. L'objectif pour les entreprises est de répondre rapidement à des questions telles que « Qui a fait quoi sur un produit ou une chaîne de production, et quand ? », « Quelles pièces sont associées à tel produit fini ou semi-fini ? » ou encore « Où et quand cette pièce a-t-elle été fabriquée ? ». Les rappels de produits nécessitent en effet beaucoup d’informations, notamment l'endroit où se trouvent les produits, quels composants les constituent, d'où proviennent ces composants, et où et à qui les produits peuvent avoir été vendus.

La data revêtant une importance cruciale, toutes les entreprises portent à leur protection une attention particulière. La sécurisation des sources de données des différents fournisseurs, installations et clients nécessite donc d’administrer de façon centralisée et industrielle des modèles de sécurité, afin de permettre une gestion basée sur les rôles et les activités de chacun. Le contrôle de l'accès des utilisateurs et des fournisseurs est essentiel à chaque étape de la chaîne logistique, tout comme la capacité de suivre et d’auditer ceux qui ont accès à la data. Les principales technologies de base de données permettent désormais des contrôles d'accès extrêmement fins aux informations et aux fonctionnalités d'audit. Elles fournissent les détails essentiels tels que « qui, quoi, quand et où ». Mais il faut également savoir contrôler l'accès aux données et leur mise à jour, afin que les informations soient à la fois les plus précises et les plus fiables.

Avoir une longueur d’avance

Toutes ces données permettront aux fabricants d’orienter leurs décisions de conception, de commercialiser plus rapidement de meilleurs produits et de personnaliser davantage leurs offres. Grâce à ces informations et à cette efficacité accrue, ils seront prêts pour les nombreuses transformations à venir. Disposer d’un accès à l'ensemble de l’historique des données et à une traçabilité maximale permet à la fois de réagir plus rapidement et efficacement aux incidents critiques et de saisir les nouvelles opportunités de croissance dans un marché en constante évolution.

Contenu proposé par MarkLogic.

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