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Faux billets et parapluie doré, la CGT veut marquer les actionnaires de Sanofi

Aurélie M'Bida , , , ,

Publié le

Accueillis par un cortège de syndicalistes arborant parapluie doré et faux billets, les actionnaires de Sanofi ont pu éprouver l’intensité du désaccord latent dans les rangs salariés. Protestant contre la politique de primes versées aux dirigeants, alors que les suppressions de postes s’enchainent, la CGT a ironiquement interpellé les participants de l’assemblée générale ce lundi 4 mai.

Faux billets et parapluie doré, la CGT veut marquer les actionnaires de Sanofi © Sanofi

Drôle d’ambiance lundi 4 mai après-midi devant le Palais des Congrès à Paris, lors de l’assemblée générale des actionnaires du groupe Sanofi. Faux billets, parapluie peint en doré, tracts et pancartes, la CGT de Sanofi n’a pas lésiné sur les moyens pour faire entendre le mécontentement des salariés. Les syndicalistes ont, en effet, saisi l’opportunité de dénoncer les bonus accordés par le groupe pharmaceutique à son ancien DG Christopher Viehbacher.

"restructuration sur restructuration"

Remercié avec pertes et fracas fin 2014, le Germano-Canadien a perçu environ 4 millions d’euros pour son départ, dont 2,96 millions d’euros d’indemnité transactionnelle. L’éviction de l’ex-DG de Sanofi, à qui le conseil d’administration a reproché de piloter Sanofi en solo, avait dans un premier temps satisfait les syndicats avides de changement de stratégie managériale. Mais ce lundi 4 mai, la "collecte" organisée par la CGT à l’aide d’un symbolique parapluie doré, laisse à penser que les conditions de ce départ ont du mal à passer chez les salariés.

Le retentissant "golden hello", ce bonus de bienvenue de 4 millions d’euros versé sur deux ans au nouveau directeur général du groupe Olivier Brandicourt, a achevé de remonter les militants contre les pratiques du groupe. "Non aux golden parachute de C. Viehbacher et golden hello d'O. Brandicourt, non aux retraites chapeau inacceptables", pouvait-on lire sur les tracts distribués dans le hall d’entrée du Palais des Congrès. En cause également, sur les documents remis aux actionnaires par la CGT : "les salariés subissent restructuration sur restructuration et un grave recul de pouvoir d'achat". Thierry Bodin, coordinateur du syndicat, avance "4 800 postes supprimés en six ans", sous la direction de M. Viehbacher.

"Des investissements internes"

Le syndicat réclame "une autre utilisation des richesses par des investissements internes utiles et générateurs d'emplois". Deuxième capitalisation du CAC 40 en 2014, Sanofi est le numéro trois mondial de la pharmacie. L’action de son ancien DG a permis de ramener la croissance dans le groupe l’année dernière.

Aurélie M'Bida

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