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Faute de mieux, l'A400M grappille un mois de répit

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Les pays-clients de l'avion de transport militaire d'Airbus évitent le blocage, en s'accordant un délai supplémentaire d'un mois. L'A400M n'est pas sauvé pour autant.

Faute de mieux, l'A400M grappille un mois de répit

Un mois de plus. Les ministres de la Défense des sept pays impliqués dans l'Airbus de transport militaire s'accordent un mois de réflexion supplémentaire durant lequel ils s'engagent à ne pas se retirer du programme et à ne pas réduire leurs commandes. Cela peut apparaître comme une relative bonne nouvelle pour EADS et les autres industriels embarqués à bord de l'A400M, mais en réalité, ce nouveau sursis d'un mois signifie que les gouvernements ne sont pas parvenus à un accord pour entamer une période de renégociation de six mois. Comme le proposaient Paris et Berlin. Ce délai d'un mois devrait essentiellement être consacré aux questions financières.

« Il valait mieux éviter le blocage complet et j'ai proposé qu'on ait ce délai d'un mois supplémentaire », a expliqué le ministre français de la Défense, Hervé Morin, à l'issue de la réunion qui se tenait aujourd'hui à Séville. Celui-ci a invité ses homologues à se retrouver à Paris avant la fin juillet. « Ce délai devrait permettre aux Britanniques et à EADS d'avancer, afin que les ministres aient les éléments qui nous permettrons de pouvoir, espérons-le, engager la phase de renégociation du contrat permettant la poursuite du programme ». De son côté, le secrétaire d'Etat britannique à l'armement, Quentin Davies, a déclaré que de nombreux progrès étaient nécessaires pour sauver l'A400M.

Depuis le 20 avril, l'A400M était protégé d'éventuels retraits ou réductions de commandes par un moratoire (d'une durée initiale de trois mois), signé par le maître d'œuvre EADS et l'Occar (Organisation conjointe de coopération en matière d'armement) qui représentent les sept pays clients - Allemagne, France, Espagne, Royaume-Uni, Turquie, Belgique et Luxembourg - ayant commandé 180 exemplaires pour 20 milliards d'euros. Les tractations en cours concernent aussi bien les pénalités de retard et le calendrier des livraisons que les spécifications techniques de l'appareil. Le groupe EADS, qui a déjà provisionné 2,4 milliards d'euros sur ce programme, tente également de revoir à la hausse le prix unitaire de 145 millions d'euros.

L'A400M affiche à ce jour quatre ans de retard. En cause : le système numérique de régulation des moteurs (Fadec), mais aussi le dépassement de la masse à vide et des soucis avec les systèmes de navigation. Face à ces obstacles, la maison mère d'Airbus propose un calendrier en deux temps. Les premières livraisons, qui interviendraient trois ans après le premier vol, concerneraient une version « basique », réalisant l'essentiel des missions de l'avion. Les fonctions logicielles de missions avancées seraient mises en service un an plus tard pour atteindre le standard contractuel initial. Le premier vol est attendu pour fin 2009, début 2010.

Matthieu Maury

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