Faute d'allié, ArcelorMittal segmentera son activité inox

par Philip Blenkisop

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BRUXELLES (Reuters) - Après plusieurs années passées à chercher un partenariat susceptible de réduire les coûts de ses activités d'acier inoxydable, ArcelorMittal s'apprête à jeter l'éponge et à scinder ce segment.

Le numéro un mondial de la production d'acier a déclaré mercredi que sa division inox pourrait être cotée séparément d'ici six à 18 mois, selon les délais que les autorités de régulation jugeront nécessaires pour approuver l'opération.

L'annonce survient le même jour que la publication des résultats d'ArcelorMittal, marqués par une nette baisse des bénéfices, imputable entre autres au ralentissement de la demande chinoise.

Présente à la fois en Europe et au Brésil, la nouvelle entité à naître serait libre de ses mouvements et pourrait décider en toute autonomie de sa stratégie de croissance.

Le directeur financier d'ArcelorMittal, Aditya Mittal, a reconnu que le sidérurgiste avait tenté de consolider ces activités pendant plusieurs années sans parvenir au succès escompté.

"Les activités d'acier inoxydable ont besoin d'être consolidées, en premier lieu en raison des problèmes de surcapacités en Europe", a-t-il déclaré.

Les analystes estiment entre 3,5 et 4 milliards de dollars la valeur de la division d'acier inoxydable.

Ce prix pourrait sembler prohibitif car seuls deux acheteurs potentiels semblent susceptibles, en Europe, de fusionner leurs activités avec celles d'Arcelor.

ThyssenKrupp a en effet déclaré l'année dernière qu'il n'était pas intéressé par une fusion et qu'il préférait développer seul ses activités d'inox.

En Europe, l'espagnol Acerinox et le finlandais Outokumpu sont donc les deux seuls candidats potentiels à un mouvement de consolidation mais, pour l'un comme pour l'autre, les obstacles sont nombreux.

La valeur de la division inox d'ArcelorMittal est proche de celle d'Acerinox et ses actionnaires clés pourraient se montrer difficiles à convaincre, tout autant que l'Etat finlandais, propriétaire à 30,85% d'Outokumpu.

Il serait en outre plus intéressant pour un acquéreur de voir la division d'ArcelorMittal assumer seule les coûts d'une restructuration et d'une baisse de capacités avant d'en absorber les bénéfices.

"Ce serait bénéfique pour le secteur si les capacités étaient réduites mais personne ne se porte volontaire", souligne un analyste scandinave qui refuse d'être identifié.

"Je pense que rien ne va se passer", a-t-il poursuivi.

Selon Erkki Vesola, analyste de Swedbank Markets, les autorités de la concurrence pourraient elles aussi torpiller un projet de rapprochement intra-européen.

Cela laisserait le champ libre au sud-coréen Posco ou à un conglomérat chinois, même si de tels groupes préfèrent concentrer leurs efforts sur les économies émergentes à fort potentiel de croissance plutôt que sur une Europe où le climat conjoncturel reste défavorable.

Nicolas Delame pour le service français, édité par Marc Angrand

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