Faut-il vraiment redéfinir l’objectif des pôles ?

Partager

Avec des règles sur l’autofinancement, la révision de la classification des pôles et de leurs objectifs, sont les deux principales préconisations de la synthèses du rapport d’audit 2012 sur les pôles de compétitivité français. Parce que, sans surprise, les trois cabinets Erdyn, Technologis et Bearing Point, qui ont mené l’audit 2012 des pôles, préconisent le maintient du dispositif, qui aurait au moins fait ses preuve en matière d’animations de réseaux, de collaboration et même de développement économique : près de 66 % des entreprises membres (1300) affirment avoir créé des emplois et plus de 84 % d’en avoir maintenu. et les 2 500 des projets de R&D labellisés par les pôles (1050 financés par l’Etat) auraient généré des innovations (c’était leur objet, non ?), le dépôt d’un millier de brevets, la publications de près de 6 500 articles scientifiques et la création de 93 start-up.

Mais pour le détail pôle par pôle…on attendra. Leur évaluation leur sera communiquée directement, et le rapport ne dit rien sur le maintient de la totalité des 71 pôles. Enfin, pas dans l’immédiat. On y reviendra.

Logiquement, les auteurs proposent donc la création d’un nouveau Fond unique interministériel (FUI 3), d’environ 200 millions d’euros par an, en précisant la nécessiter de maintenir un mode de gouvernance interministériel, bien que peut-être simplifié. Les pôles se retrouvant, selon leur secteur d’activité avec des interlocuteurs différents au niveau de l’Etat, sans compter Oséo.
200 millions par an, serait probablement une fourchette haute. « Sur la période 2005 et 2011, 1 042 projets ont été financés pour un montant global de 1,25 milliards Mais une diminution significative des financements accordés a été observée au cours de cette deuxième phase de la politique des pôles : 256 M€ ont été accordés en 2008, contre 154 en 2010 et 149 en 2011. Cette diminution s’est traduite à la fois par un nombre de projets financés moindre (222 en 2008 contre 156 en 2011) et par une baisse du montant moyen de financement alloué à chaque projet retenu (0,96 M€ en 2011 contre 1,15 M€ en 2008). » Oséo, qui gère le FUI depuis 2 ans, reconnaît pour sa part recevoir moins de dossiers, mais de meilleure qualité. Le rapport envisage donc une relance de la dynamique. A voir !

Pour donner plus de lisibilité, le rapport préconise de prolonger le dispositif jusqu’en 2020, ce qui « permettrait de se caler aussi sur le prochain la période de programmation des fonds structurels (2014-2020) » européen (encore que les fonds Feder, ne sont peut-être pas les mieux adaptés, sauf peut-être pour les plateformes technologiques) en deux période 2013-2016 et 2017_2020, avec évaluation à mi-parcours.

Jusque là, pas de grande surprise.

En revanche, les auteurs tacle la classification des pôles en pôle mondiaux, à vocation mondiale, nationaux. Et propose de le limiter à deux : "pôles de compétitivité internationaux" et "pôles de compétitivité et d’innovation" ! Là, s’il y a une logique, la terminologie choisie est plus "confusante" qu’autre chose. Les pôles de compétitivité internationaux ne seraient donc plus d’innovation ?

Mais ce ne sont que des préconisations. L’idée générale étant en fait de lier encore plus clairement le niveau d’aides et de financements des gouvernances au périmètres et à l’impact des pôles. D’ailleurs, le rapport dresse trois scénarios des engagements possibles Etats/régions en fonctions des classifications.

L’argent… Rapport propose aussi, voire surtout, de fixer encore plus clairement dans les objectifs d’atteindre assez vite un niveau d’autofinancement à 50% (pour respecter les règles européenne notamment). Si je lis bien, la survit du pôle en dépendrait. « Cet objectif doit être impérativement assorti d’une nouvelle échéance bien déterminée (en fonction de la date de création effective des pôles) et de l’arrêt du financement par l’État du pôle qui ne se révèlerait pas capable d’assurer le « matching » des financements publics par des financements privés équivalents, démontrant ainsi une insuffisante capacité à prouver un « seuil d’utilité » suffisant pour ses adhérents. » écrivent les auteurs, qui précisent « à court terme, le futur contrat de performance devrait contenir une définition du modèle économique du pôle avec des engagements fermes et un plan de financement (approche « business plan ») ». Mais en refusant la pratique des success fees.

Enfin, le rapport veut faire passer les pôles « d’usine à projets » à « usine à croissance ». Ce qui signifierait que le FUI pourrait financer des projet plus aval, jusqu’à la commercialisation des produits ? Les auteurs propose en tout cas que le FUI « comble le « gap » des dernières étapes avant mise sur le marché, par exemple avec des avances remboursables ».

Mais ceci n’est qu’un rapport. Le communiqué de presse officiel précise : "Sur la base des conclusions de ce rapport, une phase de concertation sera ouverte dans les prochaines semaines par le gouvernement avec les principaux acteurs publics et privés de la politique des pôles de compétitivité. Les modalités en seront précisées prochainement." A suivre donc.

La synthèse (dont est tiré ce billet)

Partager

SUJETS ASSOCIÉS
LES ÉVÉNEMENTS L'USINE NOUVELLE

LES SERVICES DE L'USINE NOUVELLE

ARTICLES LES PLUS LUS