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L'Usine Auto

Faut-il propulser son PLM dans les nuages?

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Enquête Les logiciels de gestion du cycle de vie du produit (PLM) succombent au mode cloud. Mais si l'offre s'étoffe, les entreprises restent frileuses. À tort. Le PLM gagne à monter dans les nuages.

Une nouvelle frontière est en train de tomber. Les logiciels de PLM (product lifecycle management) sont désormais accessibles en mode « cloud ». Ces produits, qui structurent l'ensemble de la chaîne de conception et de fabrication des industriels, notamment dans l'automobile et l'aéronautique, offrent tous - ou presque - une solution d'hébergement à distance. Autodesk vient de lancer son logiciel 360, premier véritable PLM de l'éditeur, proposé uniquement « dans le nuage ». Dassault Systèmes s'appuie sur sa Version 6 pour instaurer ce nouveau service avec ses produits n!Fuze (pour les utilisateurs CAO de SolidWorks) et n!Volve (pour les utilisateurs CAO de Catia), épaulés par un outil de travail collaboratif sous forme de réseau social privé, 3DSwYm. PTC fait confiance à des intégrateurs pour ses offres en mode hébergé, tel Pi3C en France. Quant à Siemens PLM Software, il prépare sa propre solution et s'associe pour l'instant avec deux partenaires de poids, HP et IBM, pour « vendre » son Teamcenter en mode cloud.

Bref, tout le monde s'intéresse de près au cloud, qui soulage l'entreprise de problèmes purement informatiques (installation et mises à jour du logiciel, maintenance du serveur, gestion des sauvegardes, etc.), qui permet des redimensionnements quasi instantanés (modification du nombre de postes, des capacités de stockage et de puissance de calcul...) et qui bénéficie d'un système de location avec une facturation simple mettant à l'abri des mauvaises surprises. « Il n'y a plus de tabou sur le mode cloud, comme c'était le cas il y a encore quelques années », assure, optimiste, Philippe Herrerias, associé chez Vinci Consulting. Lequel constate également que les entreprises vont se trouver confrontées au renouvellement des outils actuels. « Elles devront repenser l'architecture du PLM de demain », conclut-il. Leurs futurs logiciels devront répondre aux besoins croissants en matière de travail collaboratif... Et dans ce contexte, le cloud computing offre une souplesse avantageuse. Pour les grands donneurs d'ordres, qui jouent le rôle d'intégrateurs, le recours à un PLM « dans le nuage » devrait notamment faciliter les échanges avec leurs sous-traitants.

 

La sécurité des données, le défi des éditeurs

Malgré les atouts du cloud, les utilisateurs restent prudents. Rares sont les éditeurs capables de citer des clients français. Les freins sont moins techniques que psychologiques et organisationnels. La question majeure reste la sécurité des données. Elle revient de manière récurrente. « Le PLM est au coeur de la notion de propriété intellectuelle, justifie Ludovic Rota, le responsable du pôle d'excellence PLM chez Capgemini. Et nos clients ne sont pas encore prêts à passer sur un cloud public. » Pourtant, les opérateurs de cloud computing et de datacenters ont acquis une maturité dans la sécurité. Les datacenters du cloud sont conçus pour résister aux catastrophes naturelles, ils sont dotés d'une double alimentation électrique et de puissants groupes électrogènes. Ainsi, ce n'est pas parce que l'on conserve ses données bien au chaud dans son propre serveur que celles-ci sont de fait mieux protégées.

Ces arguments, peu de clients les entendent. Les éditeurs, qui ont pris conscience de leurs réticences, réagissent. Dassault Systèmes propose ses solutions en cloud privé ou hybride, avec la possibilité pour ses clients de conserver les données en interne tout en profitant des avantages du mode collaboratif. L'éditeur français s'est aussi réservé un espace dédié au sein d'un datacenter opéré par Telehouse. Tout cela pour rassurer ses licenciés. Mais Ludovic Rota pointe d'autres freins. « Le PLM exige une intégration très forte au sein du système d'information de l'entreprise et il n'existe pas encore de véritable standard mature dans le PLM. Enfin, il ne faut pas oublier la résistance au changement au sein des entreprises. Louer un logiciel au lieu de l'acheter entraîne un changement dans la façon de procéder. Le service informatique doit se repositionner en tant que fournisseur de services et non plus en tant qu'opérateur », souligne le consultant.

 

Une aubaine pour les PME-PMI

Techniquement pourtant, il n'y a pas de véritable obstacle, d'autant que le PLM communique sans difficulté avec des logiciels en mode traditionnel, en particulier ceux de CAO qui nécessitent de puissantes stations de travail. Certains logiciels ont encore des difficultés à assurer une parfaite étanchéité entre différents projets, mais leurs éditeurs ont trouvé la parade, en attendant de terminer les modifications nécessaires. Il leur suffit de créer autant de machines virtuelles que nécessaire. Cela exige un certain nombre de manipulations de leur part, mais reste totalement invisible côté clients. Clients qui, dans un premier temps, seront majoritairement des PME-PMI.

Pour elles, le cloud est une aubaine. Sans gros investissement, elles peuvent utiliser des produits jusque-là financièrement difficilement accessibles. Elles ont à débourser entre 100 et 200 euros par mois et par poste pour une solution Lascom, PTC ou Autodesk, au lieu de plusieurs dizaines de milliers d'euros pour l'achat du logiciel, plus celui du serveur, sans oublier les coûts de maintenance et de sauvegardes. Les PME peuvent ainsi travailler avec le même outil que leur donneur d'ordres, voire avec un logiciel différent pour chaque client, avec la possibilité d'adapter le nombre de postes en fonction des projets, par mois ou par trimestre. Preuve que l'offre répond à une réelle attente : Pi3C affiche un taux de fidélité de ses clients de 98% ! « Les entreprises commencent souvent par essayer la formule sur un petit projet, explique François Tribouillois, le PDG de cette plate-forme d'ingénierie collaborative. Sur ces pilotes, le taux de transformation est de l'ordre de 50%. »

Les grandes entreprises ont une approche différente. Elles disposent en effet déjà d'un PLM en interne et n'entendent pas - pour l'instant - le remettre en cause. Mais pour travailler avec leurs sous-traitants, elles peuvent néanmoins tirer profit de la souplesse et de la sécurité qu'offre le cloud. Elles peuvent ainsi ouvrir des postes dédiés à un projet et copier sur le serveur de leur prestataire les seules données nécessaires. Une fois le projet terminé, il suffit de rapatrier les informations en local et de fermer les abonnements. Beaucoup d'entreprises, paralysées par le poids de l'habitude, restent cependant frileuses. Chez Dassault Systèmes, pourtant très bien introduit chez les grands noms de l'automobile et de l'aéronautique, on reconnaît que les nouvelles solutions n'en sont encore qu'à l'état de maquette. Et chez Pi3C, « la démarche est plus complexe, admet François Tribouillois. Les entreprises utilisent des appels d'offres et nous ne rentrons pas dans les cases. De plus, comme nos prix sont peu élevés, nous ne sommes pas considérés... »

Jean-Louis Henriot, le PDG de Lascom, estime que le problème ne relève pas des clients mais des éditeurs. « Le frein au développement du PLM en mode cloud vient surtout d'un manque de maturité de l'offre », assure-t-il. Il ne s'agit pas uniquement de placer un logiciel sur un serveur pour disposer d'une offre en mode hébergé digne de ce nom. Il faut calibrer une offre précise, métier par métier. « Le problème de fond, c'est de développer une offre que l'utilisateur pourra mettre en oeuvre en une quinzaine de jours », précise Jean-Louis Henriot. Ce qui, autrement dit, revient à naviguer entre deux écueils : d'un côté, un produit trop généraliste, qui ne pourra s'adapter qu'au prix d'une personnalisation, de l'autre, une multiplication de versions.

LES TROIS FORMES DE CLOUD COMPUTING

  • Le cloud public Logiciels et données sont installés sur des infrastructures mutualisées, dans des datacenters dont l'utilisateur ignore la localisation. L'hébergement des données hors d'Europe peut poser des problèmes légaux.
  • Le cloud semi-public L'utilisateur peut choisir l'emplacement de ses données, voire demander à ce qu'elles soient installées sur des serveurs non partagés, mais dont le nombre pourra être modifié.
  • Le cloud privé Le logiciel fonctionne en mode cloud, mais les serveurs appartiennent à l'entreprise qui les installe chez elle ou dans un datacenter. Un tel modèle ne peut concerner que les grandes entreprises qui préfèrent maîtriser elles-mêmes la sécurité.

SIX SOLUTIONS

  • AUTODESK 360 AUTODESK

Autodesk 360 est la première véritable offre de PLM de l'éditeur d'Autocad et d'Inventor, et la seule à n'être proposée qu'en mode cloud. Elle mise sur un faible coût de location, une interface qui rend le produit particulièrement accessible et l'intégration de la mobilité pour une utilisation depuis n'importe quel type de terminal.

  • LASCOM PLM LASCOM

Lascom propose des versions cloud avec un hébergement chez IBM. Les versions CPG (agroalimentaire et biens de consommation), AEC (ingénierie et bâtiment) et ICS (aérospatial et défense) sont préparamétrées pour une mise en oeuvre rapide et ont pour interface la solution BizTalk de Microsoft.

  • LAWSON FASHION PLM INFOR

Lawson Software, qui est désormais dans le giron d'Infor, a choisi l'infrastructure Amazon EC2 pour son hébergement. L'éditeur ne peut donc pas proposer un stockage des données dans un datacenter français. Lawson Fashion est un PLM destiné aux métiers de la mode, du textile et du luxe.

  • TEAMCENTER SIEMENS PLM SOFTWARE

Teamcenter cloud n'est pas encore officiellement proposé par Siemens PLM Software. Mais ses partenaires, HP et IBM, ont déjà mis à disposition des versions en mode hébergé, paramétrées par leurs soins, dans le cadre d'offres particulières (à l'instar de PLM Quick Start chez HP).

  • VERSION 6 DASSAULT SYSTÈMES

L'offre de l'éditeur repose sur la technologie de son PLM Enovia V6. Elle se décline en plusieurs produits : n!Fuze pour les utilisateurs du logiciel de CAO Solidworks, n!Volve pour ceux de Catia et 3DSwYm, outil de travail collaboratif sous forme de réseau social. Ils peuvent être utilisés depuis un PC ou une tablette.

  • WINDCHILL PTC

PTC préfère laisser ses partenaires diffuser Windchill sur internet. Premier produit à être développé en architecture web, le PLM de PTC a aussi été le premier à être accessible en mode cloud. En France, la plate-forme collaborative Pi3C assure ce service depuis plusieurs années.

YANNICK BOUDIER, gérant et fondateur d'IMP2 CAO

« Un vrai bonheur en termes de pilotage »

« Dès la création, en 2008, de notre bureau d'études spécialisé en mécanique, nous utilisons Windchill ProjectLink de PTC, depuis la plate-forme collaborative de Pi3C. J'ai basculé sur le mode cloud pour plusieurs raisons. En interne, le système facilite le travail en mode projet, car il réduit drastiquement le nombre de réunions et de messages électroniques. C'est un vrai bonheur en termes de pilotage. Pour chaque projet en cours, je vois en un coup d'oeil si tout est à l'heure ou pas. La location de la plate-forme évite l'investissement dans un serveur, supprime les coûts de maintenance et évite de nombreux déplacements, grâce à l'utilisation conjointe du logiciel de visioconférence et de partage d'applications, Netviewer. C'est la principale économie tangible. Mais l'utilisation de la plate-forme nous fait gagner également du temps et nous permet de suivre un plus grand nombre de projets simultanément. Le tout pour moins de 1 000 euros par mois, pour la location de la plate-forme destinée aux cinq personnes que compte l'entreprise. Les clients, quant à eux, ont librement accès à toutes les données dont ils ont besoin. Ils valident les documents sur le workflow, peuvent accéder aux versions antérieures, etc. De la même façon, le planning est partagé. »

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