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L'Usine Auto

Faurecia met le cap sur le futur

Publié le

En forme, le premier équipementier français veut se faire une place dans le véhicule connecté, autonome et propre.

Faurecia met le cap sur le futur
Le cockpit de la voiture du futur, l’un des principaux axes de travail et facteurs de rentabilité de Faurecia.

Faurecia se lance corps et âme dans les révolutions de l’automobile. Changement de logo, nouveau siège en Corée du Sud, finalisation de l’accord consacrant la prise de contrôle progressive de Parrot Automotive, partenariats en série… Le premier équipementier français fait feu de tout bois. Jusqu’à présent en retrait sur les questions de connectivité et d’autonomie, le groupe met en application sa nouvelle stratégie, redéfinie en 2016 sous la double houlette de son ancien directeur général, Yann Delabrière, et son successeur, Patrick Koller.

Dans sa nouvelle feuille de route, Faurecia met le cap sur ses trois activités les plus rentables et promises à un bel avenir : le « cockpit du futur » et les sièges, dont le coût total dans une voiture particulière devrait passer de 17 à 20 % avec l’avènement du véhicule autonome, selon Hadi Zablit, le directeur associé au Boston Consulting Group ; mais aussi les solutions de mobilité propre, promises à une forte croissance avec l’émergence d’exigences réglementaires plus strictes. Des nouvelles ambitions rendues possibles par la cession, fin 2015, de la division Extérieurs (pare-chocs, modules bloc avant) à un autre acteur français, Plastic Omnium. En empochant 665?millions d’euros, Faurecia est parvenu à éliminer presque totalement sa dette. Fin 2016, l’entreprise a affiché une dette nette de 341,5?millions d’euros, contre 946?millions un an auparavant. Dans l’opération, le groupe a aussi fait grimper sa marge. L’an passé, la marge opérationnelle de Faurecia s’est établie à près de 5,2 % du chiffre d’affaires total. De quoi remonter peu à peu la pente par rapport à Valeo (8,1 % du chiffre d’affaires en 2016) et Plastic Omnium (9,5 %). Au total, le dixième équipementier mondial se renforce à un moment décisif. « Le groupe affiche aujourd’hui des marges de manœuvre financières nécessaires pour prétendre se positionner dans la course au véhicule du futur », confirme Guillaume Crunelle, associé chez Deloitte.

Nouvelle ère

L’entreprise, détenue à 46 % par PSA, referme donc définitivement un chapitre noir entamé dans les années 2000. En 2006, plombé par un scandale de corruption, Faurecia avait vu son PDG d’alors débarqué. En parallèle, des problèmes de qualité avaient empoisonné les relations avec ses clients, alors même que l’industrie automobile surfait sur le dynamisme du marché. Un an plus tard, l’arrivée de Yann ­Delabrière aux manettes avait permis au groupe de connaître une bouffée d’air… avant le début de la crise financière de 2008. Le français en avait toutefois déjà profité pour se renforcer en absorbant sur la période des acteurs défaillants, spécialistes des pots d’échappement et des ­carrosseries. « La crise a permis à Faurecia, comme aux autres équipementiers, de diversifier son portefeuille clients », souligne Hadi Zablit. En 2016, Volkswagen a constitué le premier client de la société tricolore, avec 19 % des ventes, suivi par Ford, Renault-Nissan et PSA. Huit ans plus tôt, Volkswagen et PSA représentaient à eux deux presque 50 % des ventes.

Reste désormais à accumuler les briques technologies nécessaires pour répondre aux besoins de l’automobile de demain, dont la valeur sera de plus en plus captée par les équipementiers [lire l’encadré ci-contre]. À côté du traitement des émissions polluantes, Faurecia s’essaie aux motorisations alternatives. L’équipementier a acquis un accès exclusif « à la propriété intellectuelle et au savoir-faire industriel » de Stelia Aerospace pour développer et fabriquer des réservoirs à hydrogène. En prenant une participation de 20 % dans Parrot Automotive en vue de sa reprise ultérieure, le nouveau Faurecia accumule par ailleurs des compétences dans l’électronique embarquée et la connectivité. « Ce rapprochement nous permet d’être présents dans des domaines qui n’étaient pas les nôtres, admet Patrick Koller. Nous croyons notamment aux compétences de Parrot dans la duplication sur l’écran du véhicule des applications d’un smartphone, dans l’infotainment et dans la programmation, utile sur le plan des surfaces intelligentes. »

En mai, Faurecia a noué un partenariat stratégique avec le géant allemand ZF Friedrichshafen, poids lourd de la sécurité active et passive. Objectif : travailler sur des technologies de rupture afin d’assurer la sécurité des passagers des futurs véhicules. « La voiture autonome oblige à réinventer la sécurité dans l’habitacle, affirme Patrick Koller. Demain, les sièges ne seront plus statiques. Cela oblige, par exemple, à revoir à la position de la ceinture ou des airbags. » « Faurecia possède historiquement une position de leader dans l’intérieur du véhicule. La transformation des usages et le renforcement de l’expérience utilisateur dans le véhicule vont propulser l’épicentre de la valeur ajoutée dans l’habitacle, prédit Guillaume Crunelle. L’équipementier se retrouve en position préférentielle pour jouer un rôle majeur dans l’écosystème de la mobilité de demain. » Reste à transformer l’essai. 

Un géant international

  • 18,71?milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2016
  • 300 sites de production et de R & D
  • Implantation dans 35 pays
  • Plus de 98 000 salariés

La bonne santé des équipementiers français

Rentabilité en progression, carnets de commandes remplis, renforcement sur les marchés porteurs… Ça plane pour Faurecia, Valeo, Plastic Omnium et Michelin. Alors que les constructeurs français se débattent pour pénétrer sur le marché chinois, Valeo affiche une hausse de 22 % de son chiffre d’affaires sur place. Idem pour Plastic Omnium, qui a réalisé en Chine un chiffre d’affaires de 640?millions d’euros en 2016. Avec la crise, les équipementiers français ont entamé une diversification de leur portefeuille clients qui porte aujourd’hui ses fruits. Faurecia a accumulé 53?milliards d’euros de commandes et sécurise ainsi largement ses objectifs de croissance pour 2018. Par ailleurs, ces acteurs sont « passés de la fabrication de produits à des systèmes entiers », souligne Hadi Zablit au BCG. Chez Valeo, les phares deviennent des outils pour signaler les obstacles sur la route. Au total, les équipementiers grignotent des parts de plus en plus conséquentes : 75 % de la valeur d’une voiture leur est assignable. Et la marge de progression reste large, si l’on se fie à la présence de Valeo sur, peu ou prou, l’ensemble de la chaîne de valeur du véhicule autonome. 

 

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