Faiveley, l’ETI de l’année

Lauréat de notre trophée "Les industriels de l’année", l’équipementier ferroviaire a construit son succès en misant sur la haute valeur ajoutée technologique. Une excellence qui lui permet de ravir une commande phare chez Siemens.

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Faiveley, l’ETI de l’année

Difficile de trouver plus symbolique en matière d’excellence. Faiveley fournira les freins des nouveaux trains à grande vitesse ICx de
l’allemand Siemens. Le français a réussi l’exploit de ravir ce contrat à l’allemand Knorr-Bremse, le numéro un mondial des équipements ferroviaires et jusqu’alors maître incontesté des freins des TGV de Siemens.

Remportée à la fin septembre, cette mégacommande pour 130 trains (plus une option de 90) est le fruit de deux ans et demi d’efforts. "Nous nous sommes rapprochés de nos clients allemands à tous les niveaux pour promouvoir nos compétences et notre offre", raconte Thierry Barel, le président du directoire de Faiveley. Résultat : le français a été associé dès le départ au développement du projet. "Siemens a opté pour un concept innovant de frein. Nous avons su répondre à son attente avec un produit particulièrement performant." Au-delà de la démarche, c’est bien l’excellence des produits Faiveley qu’illustre ce contrat. Depuis les pantographes fabriqués par Louis Faiveley en 1923, le groupe a un positionnement clair : "Notre métier, c’est la haute valeur ajoutée technologique", résume Thierry Barel.

Qualité, innovation et intégration

Ce positionnement est au cœur de la montée en puissance du groupe au cours des dix dernières années. Entre 2001 et 2011, Faiveley a pratiquement quintuplé son chiffre d’affaires (914 millions d’euros sur l’exercice 2010-2011) et multiplié par sept son résultat net, à près de 76 millions. Le groupe affiche des positions de leader sur une gamme de produits qu’il revendique comme la plus large du marché : climatisation (numéro 1 mondial), contrôle et information (numéro 1), freins et coupleurs (numéro 2), portes palières (numéro 1), systèmes d’accès passagers (numéro 2) et chaîne de puissance (numéro 3).

Dans un secteur ferroviaire très concurrentiel qui suit les traces de l’automobile, Faiveley mise sur la différenciation de ses produits, selon le triptyque qualité – innovation – intégration. "Les exigences en termes de qualité sont toujours plus élevées. Les opérateurs ne veulent plus de déverminage [la phase de rodage des trains] en exploitation commerciale", relève Thierry Barel. L’allégement et la miniaturisation des équipements sont aussi essentiels pour économiser l’énergie de traction et pour maximiser l’espace utile à bord des trains. "L’unité de freinage intégrée que l’équipe R & D de l’activité frein a récemment développée illustre nos efforts en matière de compacité", précise Thierry Barel.

En intégrant les principales fonctions des systèmes de freinage dans cette unité combinant le pneumatique à l’électronique, le groupe a pu diviser par deux sa masse. Un atout qui a séduit Alstom et Bombardier pour leurs mégacommandes de trains régionaux français, le Régiolis et le Régio2N.

Recruté par son prédécesseur Robert Joyeux en 2008, pour revisiter la stratégie du groupe, Thierry Barel a relancé la course à la valeur ajoutée en mettant l’accent sur les systèmes. Les composants répartis dans différentes divisions ont été regroupés au sein d’activités systèmes.

La fusion des activités électronique et électromécanique du groupe en mai 2010 vise de la même manière à proposer des systèmes intégrés haut de gamme capables de maîtriser l’ensemble de la chaîne de puissance (hors traction). Aux portes ont ainsi succédé des systèmes d’accès passagers combinant les vantaux, la commande électronique, le marchepied mobile, la détection de la hauteur du quai…

Faiveley veut ainsi se démarquer de concurrents davantage centrés sur les composants. L’acquisition en février de 80 % de la PME suisse Urs Dolder suit la même logique. "Urs Dolder vendait des appareils de chauffage. Au sein de Faiveley, ses équipements feront partie d’une offre de systèmes complets de traitement de l’air et de climatisation", se félicite Thierry Barel. La quête de valeur ajoutée ne pouvait laisser de côté les services, la première activité du groupe, avec près d’un tiers du chiffre d’affaires. À l’entretien et à la réparation des produits s’ajoutent aujourd’hui des activités d’ingénierie visant notamment à prolonger la durée de vie des équipements.

Quatre pays prioritaires

Faiveley s’appuie sur son excellence pour poursuivre son développement. Dans le fret d’abord, où le groupe est encore peu actif, mais aussi dans le transport urbain et régional, en forte croissance. Faiveley s’attaque également à quatre marchés géographiques identifiés comme prioritaires. Avec des succès notables. L’Allemagne avec Siemens, mais aussi la Russie, terre fertile où s’ouvre un marché s’annonçant gigantesque. Le groupe y a engrangé 50 millions d’euros de commandes en 2010.

Aux États-Unis, où la reprise du fret est amorcée, Faiveley a capitalisé sur son acquisition du freiniste Ellcon pour former une coentreprise avec Amsted, le leader mondial du bogie fret. Reste la Chine, où les ambitions de Faiveley se heurtent, pour l’instant, au récent gel des programmes ferroviaires. Ce coup d’arrêt brutal fait suite au limogeage du ministre du Rail et aux accidents de TGV et de métro.

Cette pause risque de freiner la croissance du groupe (la Chine pèse 14 % de son chiffre d’affaires) mais pas ses ambitions. "À moyen terme, la remise à plat de la stratégie ferroviaire chinoise nous ouvrira des opportunités, assure Thierry Barel. Notamment grâce à l’accent qui devrait être mis sur la qualité et la sécurité." Cela tombe bien, c’est l’un des atouts majeurs de Faiveley !

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