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Faites de la musique de fabrique

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Dans les années 80, plusieurs artistes ont cherché à faire sortir les sons de l'usine. A l'occasion de la fête de la musique, L'Usine Nouvelle vous propose une plongée dans ce style particulier qu'est la "musique industrielle".

Faites de la musique de fabrique © James Clayton - FlickR - CC

Récemment, la musique s’est distinguée en entrant à l'usine par le biais des salariés en lutte, souhaitant défendre leur emploi. En 2009, les salariés d’Akzonobel avaient repris et adapté la chanson d’Helmut Fritz "ça m’énerve !", pour résister à la délocalisation de leur usine.

Quelques décennies plus tôt, c'est tout un genre musical qu'a inspiré la culture de l'usine. Fréquemment abrégé en "indus", la musique industrielle cherche à orchestrer "sa" symphonie de la machine-outil. Elle a pris place dans le paysage sonore au milieu des années 1970.

Dissonance et importance accordée à l'expérimentation font figure de passages obligés. Récup’ de sons de nature, d’usines, d'eau, d'oiseaux… Rien n'est oublié par les étudiants en électronique alliés aux artistes qui ont fondé ce genre musical. Celui-ci puise ses racines dans les travaux et les réflexions des futuristes italiens du début du XXe siècle. Les expérimentations sonores de John Cage ou des Français Pierre Schaeffer, Pierre Henry et Pierre Boulez ont également alimenté le genre. Morceaux choisis.

Dadaîsme et collages sonores

Le groupe britannique Throbbing Gristle est à l’origine même du nom de "musique industrielle". Il met en avant les aspects les plus négatifs et lugubres du monde contemporain. Et vise à les traduire par ses agressions sonores. En 1977, le groupe fonde son propre label, Industrial Records. Son slogan? "Industrial Music for Industrial People" ("Musique industrielle pour peuple industriel").

Vers 1977 aux États-Unis, le groupes Pere Ubu  se qualifie à son tour de "folk industriel". Ci-dessous, son morceau "We have the technology".

Son compatriote Devo s’auto-désigne quant à lui comme "groupe industriel des années 1980".

Cabaret Voltaire, d'origine anglaise, a pour sa part une approche dadaïste de collage sonore. Apparu en 1974, ce groupe s'est intéressé au détournement de sons et de discours, au travail sur bandes magnétiques. Il figure d'ailleurs parmi les artistes regroupés dans une compilation nommée The Industrial Records Story 1976-1981.

En France s’est développé le groupe Vivenza, du nom de son fondateur Jean-Marc Vivenza. Il tente d'adapter les thèses de L'Art des bruits des futuristes italiens aux techniques modernes d'enregistrement. Et propose des pièces sonores purement "industrielles". C’est-à-dire, uniquement réalisées à partir de sons ou plus exactement de "bruits" concrets issus de l'industrie lourde (sidérurgie, chimie, barrages, aciéries, etc) de la région Rhône-Alpes.

Voici son morceau Essentialité mécanique :

Enfin, le Syndicat reflète bien la composante électronique de ce style musical. Ce groupe de performers bruitistes parisien n'utilise pas d'instruments conventionnels mais des bruiteurs et un appareillage électronique complexe de son crû.

Les rendez-vous de la 30e fête de la musique

Plus de trente années après l'apparition de ces groupes, quelques héritiers de cette musique industrielle vont s'exprimer ce 21 juin. Au Luxembourg, le "métal roots industriel" sera par exemple présent avec un concert de Rob Zombie. Il est programmé par la Rockhal, située sur les friches industrielles d’Esch-Belval. Le concert prendra toutefois place ce soir dans l’Atelier, une salle installée dans un vieux garage désaffecté à Luxembourg-Hollerich.

Le lendemain, la Kulturfabrik voisine programme le groupe de metalcore américain originaire du Massachusetts "Times of grace". Cette friche est implantée sur le site des anciens abattoirs de la ville d'Esch-sur-Alzette.

En France, ce 21 juin 2011, la friche Mains d’œuvres située en région parisienne célèbre aussi la fête la musique en laissant place aux amateurs, quelques jours après accueilli dans ses murs un atelier "machine sonore".

A Nantes enfin, l’ancienne fabrique biscuits LU rebaptisée le Lieu Unique fête pour sa part la création sonore avec un mix et un instant performatif de la Chorale : “Birds on the wire”. 

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3 commentaires

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24/06/2011 - 00h50 -

Mlle Skakun cite ce morceau d'Alan Vega comme une autre version désespérée et non ironique de Making Plan for Nigel http://www.youtube.com/watch?v=g7rU4fCIFXE
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23/06/2011 - 23h01 -

et voilà un commentaire édifiant sur le travail http://www.youtube.com/watch?v=33W3kMS2vp0&feature=relmfu penthouse and pavement
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23/06/2011 - 22h52 -

C'est mignon cet article, mais c'est il y a trente ans qu'il aurait fallu le faire.... Maintenant c'est de l'histoire... pour inséminer l'esprit étroit des marketeurs en recherche d'idées... Aller hop on continue de découvrir la roue et de s'extasier... Un titre sur la coercition du prolétariat (d'époque) http://www.youtube.com/watch?v=9B-uWoYs3X4&feature=related et un titre ironique sur l'action de Thatcher sur l'économie britannique http://www.youtube.com/watch?v=gXNhL4J_S00
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