Failles de l'EPR en cas de panne électrique, selon Greenpeace

L'organisation écologiste Greenpeace a lancé l'alerte, lundi 25 juillet. Cible de ses critiques : la sûreté du futur réacteur nucléaire de troisième génération, l'EPR, en cas de coupure prolongée de l'alimentation électrique. Une situation qui s'était notamment produite à la centrale de Fukushima, à la suite du séisme et du tsunami du 11 mars.

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Failles de l'EPR en cas de panne électrique, selon Greenpeace
EPR de Flamanville en construction

"Les mesures de sécurité reposent sur l'hypothèse que soit l'électricité fournie par le réseau électrique soit les groupes électrogènes de secours primaires peuvent être rétablis dans un délai de vingt-quatre heures", souligne Greenpeace. Or l'ONG rappelle qu'"à Fukushima, la panne totale d'électricité a duré onze jours". L'association écologiste s'appuie sur un rapport commandé à Helmut Hirsch, expert autrichien du nucléaire auprès des gouvernements allemand et autrichien, et membre du groupe d'experts de l'Agence de l'énergie nucléaire de l'OCDE.

AREVA en cause
Selon ce rapport, "la principale leçon de Fukushima, c'est que les réacteurs sont vulnérables en cas de coupure de l'alimentation électrique des systèmes de secours fondamentaux". Or, selon cet expert, l'EPR ne serait pas épargné. Une situation similaire à celle connue au Japon sur un EPR ne permettrait notamment pas de "refroidir l'eau du réacteur en-dessous de 100 °C et de parvenir à un arrêt froid (arrêt stable et sûr) du réacteur".

La rupture des digues  au crible de l’ASN
L'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a insisté lundi pour que les exploitants d'installations nucléaires prennent bien en compte dans leur audit de sécurité après Fukushima le risque de catastrophe naturelle. En particulier celles qui provoqueraient des ruptures de digues.
Notamment, "l'ASN a demandé que soient examinées les conséquences de la rupture des digues du grand canal d'Alsace à proximité du site de Fessenheim (Haut-Rhin), de la rupture des digues du canal de Donzère à proximité du site de Tricastin (Drôme) et de la rupture du canal de Provence à proximité du site de Cadarache", précise un communiqué.
Les industriels ont jusqu'au 15 septembre pour remettre un premier rapport sur ces évaluations.

 

"Areva sous-estime le risque de coupure d'électricité (...) au point d'avoir amoindri les mesures de précaution entourant l'EPR" par rapport aux centrales existantes, assure même Greenpeace. Selon l'organisation, "le nombre de groupes électrogènes de secours a été réduit" et ils doivent être "activés manuellement, ce qui augmente le risque d'erreur de la part d'un opérateur".

déclarations rassurantes d'anne lauvergeon
Le 16 mars, Anne Lauvergeon, alors présidente du groupe nucléaire Areva, s'était montrée rassurante. "S'il y avait des EPR à Fukushima, il n'y aurait pas de fuites possibles dans l'environnement, quelle que soit la situation", avait-elle déclaré à la presse après une audition à l'Assemblée par les parlementaires.

Invité ce matin de la matinale de France Inter, le ministre de l'industrie, Eric Besson, a réagi à ce rapport. Il a estimé que "Greenpeace a dit tellement de bêtises sur ce sujet depuis tellement longtemps, je ne connais pas le rapport en question, simplement, je vois ce que disent les meilleurs experts internationaux, pas français, ils considèrent que, en l'état actuel des connaissances, l'EPR sera le réacteur le plus sur au monde".

Ce rapport est mis sur le devant de la scène alors que ce matin, Areva et EDF ont affiché un front uni, préparant leur partenariat stratégique. La mise en service de l'EPR de Flamanville (Manche), le premier réacteur de troisième génération, n'est plus attendue que pour 2016, avec deux ans de retard sur la date initiale, a annoncé mercredi dernier EDF.

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