FagorBrandt : "Je n'ai pas eu les moyens de bâtir un business plan", indique le PDG de Variance Technologies

Le petit groupe de plasturgie Variance Technologies renonce à reprendre les deux usines vendéennes de FagorBrandt. Il estime avoir manqué d'informations et de coopération de la direction de FagorBrandt et du groupe Cevital pour envisager une stratégie coordonnée.

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FagorBrandt :

L'entreprise de plasturgie Variance Technologies a décidé de retirer son offre de reprise des deux usines vendéennes du groupe d'électroménager FagorBrandt, en redressement judiciaire depuis le 7 novembre 2013. Il se proposait de reprendre 207 salariés sur 440. L'autre offre, celle de Cevital, n'inclut pas ces usines mais seulement celles de Vendôme (Loir-et-Cher) et d'Orléans (Loiret), ainsi que le siège et les services après-vente, soit 1 200 des 1 800 salariés.

En Vendée, cette annonce est vécue comme un drame. Les salariés de La-Roche-sur-Yon ont cessé le travail ce matin en apprenant la nouvelle.

Manque d'informations et de coopération de FagorBrandt et de Cevital

Francis Perrin, PDG de Variance Technologies indiquait ce matin à usinenouvelle.com qu'il n'avait pas obtenu "un accès libre aux établissements afin de pouvoir réaliser un audit complet et un véritable business plan qui tienne la route". Le dirigeant indique aussi qu'il n'a pas été en condition de discuter d'éventuels contrats avec Cevital.

"Je n'ai rencontré que l'avocat de Cevital… jamais un représentant de Cevital. Et, chez FagorBrandt, uniquement Thierry Léonard, le directeur général, aucun autre service dont le marketing ou la R&D de FagorBrandt. Le climat n'était pas propice. Il ne peut y avoir d'avenir pour Variance dans ce projet que si on lui laisse de la place", ajoute Francis Perrin, qui estime manquer d'éléments mais aussi de temps pour déposer une proposition de reprise détaillée avant la date butoir 10 février, le tribunal de commerce de Nanterre devant prendre sa décision le 13 février.

Une première offre restée sans suite

Francis Perrin indique aussi qu'il avait formulé une première offre dès le 6 novembre. "Entre ce moment et le 24 janvier au matin, je n'ai eu aucun appel, aucune communication, aucune prise en compte, pourquoi ? J'ai vu, en Vendée, des gens qui avaient les yeux qui brillaient, car il y avait un vrai espoir, cela me rend malade de ne pas avoir la possibilité de présenter un projet sérieux, assure-t-il. C'est désormais au tribunal de commerce et aux instances de la procédures de décider de l'avenir qu'ils comptent donner à la Vendée."

L'industriel ne ferme pas totalement la porte à un projet, si un délai supplémentaire était accordé.

Demande d'un délai supplémentaire

Bruno Retailleau, le président (UMP) du conseil général de la Vendée réagit tout aussi vivement : "Cette situation dramatique n'est malheureusement pas une surprise. Voilà des semaines que je tente d'alerter sur les conditions anormales dans lesquelles est traité ce dossier. Il est manifeste que Variance Technologies n'a pas eu accès à l'ensemble des informations et que cette situation l'a empêché de bâtir une offre solide. Il reste encore la possibilité de sauver les sites vendéens, à condition qu'un délai supplémentaire soit accordé afin de remettre à l'endroit une procédure qui ne tourne pas rond depuis le début."

Bruno Retailleau demande que le calendrier de remise des offres et l'audience du tribunal de commerce soient repoussés : "J'interpelle vigoureusement Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif. Arnaud Montebourg doit se battre, il n'a pas le droit d'abandonner la Vendée."

Côté syndical, Philippe Bréger, secrétaire CGT du comité central d'entreprise (CCE) de FagorBrandt, exprimait hier matin son "dégoût" et son "ras-le-bol", la CFE-CGC parlant pour sa part d'une "très mauvaise nouvelle."

Emmanuel Guimard

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