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Facebook durcit les règles des vidéos en direct après Christchurch

Publié le

par Gwénaëlle Barzic

Facebook durcit les règles des vidéos en direct après Christchurch
Facebook a annoncé mercredi un durcissement des conditions d'utilisation des vidéos en direct sur sa plate-forme ainsi qu'un partenariat de recherche doté de 7,5 millions de dollars (6,7 millions d'euros) pour améliorer ses capacités d'analyse des images, deux mois après les attentats de Christchurch en Nouvelle-Zélande. /Photo prise le 30 avril 2019/REUTERS/Stephen Lam
© Stephen Lam

PARIS (Reuters) - Facebook a annoncé mercredi un durcissement des conditions d'utilisation des vidéos en direct sur sa plate-forme ainsi qu'un partenariat de recherche doté de 7,5 millions de dollars (6,7 millions d'euros) pour améliorer ses capacités d'analyse des images, deux mois après les attentats de Christchurch en Nouvelle-Zélande.

Ces mesures ont été dévoilées à quelques heures du lancement à Paris par le président français Emmanuel Macron et la Première ministre néo-zélandaise, Jacinda Ardern, de "l'appel de Christchurch" contre le terrorisme et l'extrémisme violent sur internet.

Le texte, qui n'a pas de portée contraignante, vise à accroître "la réactivité, l'anticipation, la transparence et la gestion de crise" des plates-formes et des Etats, explique-t-on à l'Elysée.

L'auteur des attentats de Christchurch, qui ont fait 51 morts dans deux mosquées, a filmé le massacre qu'il commettait en le diffusant en direct pendant 17 minutes via l'application Facebook Live.

La vidéo a été ensuite partagée pendant plusieurs heures sur Twitter, YouTube (Alphabet), WhatsApp et Instagram.

"L'écrasante majorité des personnes utilisent Facebook Live à des fins positives, par exemple pour partager un moment avec des amis ou pour sensibiliser d'autres personnes à une cause qui les intéresse", explique Guy Rosen, vice-président "Intégrité" de Facebook, dans un post mis en ligne mercredi. "Pourtant, Facebook Live peut être détourné de son usage et nous voulons prendre des mesures pour limiter ces abus."

Concernant Facebook Live, le premier réseau social mondial, qui employait jusque-là une politique de sanctions progressives, prévoit de mettre en place une stratégie dite de "première infraction": si un usager enfreint les règles "les plus sensibles" de la plate-forme, explique Facebook, il se verra interdire l'utilisation du service pour une période donnée dès la première violation.

DES LIMITATIONS D'USAGE DÈS LA PREMIÈRE INFRACTION

La Première ministre de Nouvelle-Zélande a estimé que cette initiative constituait une première réponse à des enjeux essentiels de l'appel de Christchurch.

"La décision de Facebook de mettre des limites à la diffusion en direct est un premier pas dans la bonne direction pour éviter que l'application devienne un outil pour les terroristes et montre que l'appel de Christchurch est mis en application", a-t-elle réagi dans un courriel transmis par un porte-parole.

Facebook n'a pas précisé quels types d'infractions étaient concernés ni combien de temps les suspensions dureraient mais une porte-parole a précisé qu'il n'aurait pas été possible pour l'auteur de la tuerie de Christchurch d'utiliser Facebook Live en vertu des nouvelle règles.

"Nous prévoyons d'étendre ces restrictions à d'autres domaines au cours des prochaines semaines, en commençant par le fait d'empêcher ces personnes de créer des publicités sur Facebook", précise Guy Rosen.

D'autres plates-formes ont déjà pris des mesures, à l'image de YouTube, qui a récemment relevé le seuil d'abonnés requis pour utiliser YouTube en direct sur un appareil mobile.

Facebook prévoit en outre des partenariats avec les universités américaines du Maryland, de Cornell et de Berkeley afin d'améliorer la détection de manipulation de contenus et d'empêcher la prolifération de variations d'une même vidéo ayant fait l'objet d'une mesure de retrait.

"Il est clair que la lutte contre la montée des contenus manipulés nécessitera des recherches approfondies et une collaboration entre l'industrie et le monde universitaire", précise dans son post Facebook, qui fait partie des plates-formes soutenant l'appel de Christchurch.

"ENCORE BEAUCOUP DE TRAVAIL À FAIRE"

Jacinda Ardern a salué ce projet de recherche, rappelant que des versions modifiées et pour certaines manipulées des attaques du 15 mars avaient mis du temps à être retirées, ce qui a exposé de nombreux utilisateurs dont elle-même à ces images.

Facebook a indiqué avoir fait retirer 1,5 million de vidéos des attaques dans les 24 heures qui ont suivi, précisant dans un blog mis en ligne fin mars avoir identifié plus de 900 versions différentes de la vidéo.

"Il y a encore beaucoup de travail à faire mais je suis heureuse que Facebook ait pris des mesures supplémentaires aujourd'hui en parallèle à l'appel et j'espère une collaboration de long terme pour rendre les médias sociaux plus sûrs avec le retrait des contenus terroristes", a souligné la dirigeante de Nouvelle-Zélande.

Des dirigeants de Facebook, Twitter, Google, Microsoft ou Amazon seront présents ce mercredi à l'Elysée pour lancer "l'appel de Christchurch" aux côtés des dirigeants de plusieurs pays dont Theresa May (Royaume-Uni) et Justin Trudeau (Canada).

(Avec Katie Paul à San Francisco et Charlotte Greenfield à Wellington, édité par Marc Angrand)

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