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Facebook au pilori

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Facebook au pilori © DR

Google paraissait le plus dangereux de la « bande des quatre ». Parce que chez lui, plus que chez Facebook, Amazon et Apple, l’idéologie ne se cache guère derrière la technologie. Chacun sait que Raymond Kurzweil, le directeur scientifique de Google, est le pape du transhumanisme et le cofondateur de la Singularity university. Qu’il milite pour l’homme augmenté, la fusion de l’humain et de la machine, convaincu qu’en 2040 on pourra télécharger son cerveau sur un disque dur, afin de s’affranchir des contraintes du corps vieillissant. Et que pour tenir jusque-là, à 70 ans, il absorbe chaque jour quelque 120 gélules. Les fondateurs de la maison mère de Google, Alphabet, Larry Page et Sergey Brin ne cachent pas non plus leur foi « solutionniste » et transhumaniste.

En revanche, Mark Zuckerberg, le patron de Facebook, a toujours affirmé « croire en l’homme » plus qu’en la technologie. Même l’intelligence artificielle devait être utilisée pour « donner du sens à nos vies ». Son challenge personnel du 1er janvier était de « réparer les problèmes de Facebook » ! Ses précédentes résolutions annuelles l’avaient conduit à se mettre au mandarin, à courir 580 kilomètres, à visiter tous les États américains… Cette fois, dans un monde « anxieux et divisé », il voulait modestement « protéger [notre] communauté des abus et de la haine », « la défendre contre les interférences d’autres États » et « s’assurer que le temps passé sur Facebook est bien dépensé ». Rien de moins !

L’affaire Cambridge Analytica – le siphonnage des données de 50 millions d’utilisateurs de Facebook, à leur insu, pour peser sur le résultat de la présidentielle en faveur de Trump – n’est pas une affaire parmi d’autres. Elle s’ajoute aux ingérences russes et aux fake news. Ce n’est pas pour autant une surprise. On sait depuis longtemps que « si c’est gratuit, c’est que c’est vous le produit ». On peut accepter, quand on croit n’avoir rien à cacher, que nos données soient exploitées. Voire ne pas tiquer aux propos d’Eric Schmidt, ex-PDG de Google, le plus gaffeur de la bande des quatre : « Nous savons où vous êtes, nous savons où vous étiez. Nous savons plus ou moins ce que vous pensez. » Sauf que cette fois, il s’agit moins de savoir ce que vous pensez que de vous dicter ce que vous devez penser !

À Washington, certains voudraient appliquer aux nouveaux monopoles la loi anti-trust et leur faire subir le découpage infligé autrefois à la Standard Oil. Ils ont rebaptisé Facebook la « Standard Social », Google la « Standard Data » et Amazon la « Standard Commerce »… Une chose est sûre, les Gafa doivent être mieux régulés. En Europe, le règlement général sur la protection des données (RGPD) contribuera à nous en protéger. Notre continent pourrait même faire figure de modèle en la matière. L’intelligence artificielle aussi s’y développera selon des principes plus éthiques et plus contrôlés. Bientôt, ces réglementations pourraient constituer un véritable argument de vente en faveur des entreprises européennes.

En attendant, à en juger par les réactions des ­utilisateurs – moins alarmistes que les médias –, le réseau social n’est pas menacé : « Tous les trois mois, ironise Pierre-Alexandre, 20 ans, élève de Sciences Po Bordeaux, des gens appellent au boycott de Facebook… via Facebook ! » 

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