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L'usine Agro

Face au code 5 couleurs de l'étiquetage nutritionnel, l’industrie contre-attaque

Gaëlle Fleitour , , ,

Publié le

La ministre de la Santé a décidé de retenir un système de code 5 couleurs, Nutri-score, pour indiquer lorsque des produits alimentaires sont trop gras. Mais peu de chance qu’il soit adopté par l’industrie : Coca-Cola, Nestlé et quatre autres géants de l’agroalimentaire ont déjà annoncé leur propre dispositif.

Face au code 5 couleurs de l'étiquetage nutritionnel, l’industrie contre-attaque

La ministre de la Santé, Marisol Touraine, a tranché mercredi 15 mars, avant même la réunion prévue avec toutes les parties prenantes le lendemain. Dès le mois prochain, un arrêté devrait faire apparaître un logo sur les produits alimentaires, afin d’aider les Français à manger moins gras, moins sucré et moins salé.

Suivant un code de cinq couleurs et des lettres allant de A à E, la vignette passera "du vert à l'orange foncé en fonction de la qualité du produit, type plats cuisinés ou sodas", a expliqué la ministre dans Le Parisien. Après trois ans de bataille, c’est donc le dispositif Nutri-score proposé par Serge Hercberg, patron du Programme national Nutrition Santé, et préconisé par le Haut conseil de la santé publique, qui a été retenu. Cet étiquetage restera toutefois facultatif, la réglementation européenne ne permettant pas de le rendre obligatoire. 

Trois ans de discordes... puis d’expérimentations

L’industrie agroalimentaire a longtemps lutté contre cette information, la jugeant trop stigmatisante, et nuisible pour "l’image de la gastronomie française". Elle avait obtenu d’expérimenter durant l’automne, dans une soixantaine de magasins, quatre systèmes d’étiquetage nutritionnel différents, dont un proposé par ses soins et un autre par la grande distribution. Problème, dans un rapport publié en février, l’Agence de sécurité sanitaire (Anses) avait estimé qu’aucun de ces quatre dispositifs n’avait démontré sa "pertinence nutritionnelle dans une perspective de santé publique". La partie semblait mal engagée.

Mais une autre étude comparative a finalement convaincu Marisol Touraine. Un travail piloté par la Direction Générale de la Santé, visant à comparer les vices et vertus de plusieurs systèmes en conditions réelles d'achat, aurait montré la supériorité de Nutri-Score, surtout "lorsqu'on observe spécifiquement le comportement des consommateurs qui achètent les produits les moins chers", assure la Ministre.

Les associations de consommateurs derrière Marisol Touraine

Chez les associations de consommateurs comme l'UFC-Que Choisir, on se réjouit de cette "victoire". Mais ce dispositif "ne prendra tout son sens que s'il devient obligatoire pour tous les fabricants" et est "apposé à l'avant des aliments", insiste l'ONG Foodwatch France. 

Rien n’est moins sûr. Si la balle est désormais dans le camp de l’industrie, "l'application future du dispositif choisi relèvera de la décision de chaque entreprise, confie à L’Usine Nouvelle Jean-Philippe Girard, le président de l’Ania. Comme l’administration, l’Ania restera évidemment vigilante sur la conformité du dispositif choisi avec le cadre réglementaire européen pour que l’initiative soit pérenne." Sa priorité ? "Mieux informer sans infantiliser les consommateurs reste un défi à surmonter ensemble."

Les industriels contre « la prolifération de systèmes nationaux »

Or six géants de l’agroalimentaire (The Coca-Cola Company, Mars, Mondelez, Nestlé, Pepsico et Unilever) viennent d'annoncer la mise en place de leur propre système au sein de l’Union Européenne. Ils disent s’opposer à "la prolifération de systèmes nationaux", et "s’engagent à développer un système d’étiquetage nutritionnel fiable, permettant aux consommateurs de faire des choix équilibrés et réfléchis". Si leur dispositif - Reference Intake, déjà appliqué au Royaume-Uni et en Irlande - est basé lui aussi sur le principe d'un code couleurs, les quantités de nutriments sont indiquées par "portion", et non par unité de poids ou de volume. Pas sûr que la notion de portion soit suffisante pour informer correctement le consommateur.

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