Face à la "déforestation importée", le gouvernement annonce une (longue) liste de mesures

Organismes de recherche, acheteurs publics, entreprises privées… Nombreux sont les acteurs concernés par la nouvelle stratégie nationale de lutte contre la "déforestation importée", un terme qui recouvre l’impact des matières agricoles sur la forêt dans le monde. Une longue liste de mesures a été présentée mercredi 14 novembre par le gouvernement.

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D'après la FAO, la planète a perdu 129 millions d'hectares de forêts entre 1990 et 2015.

La France souhaite être en pointe contre la "déforestation importée". Partant du constat que la superficie forestière mondiale a été réduite de 129 millions d’hectares entre 1990 et 2015, une "stratégie nationale de lutte contre la déforestation" a été initiée par cinq ministères (Transition écologique et solidaire, Europe et affaires étrangères, Economie et finances, Enseignement supérieur et recherche, Agriculture et alimentation).

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Les pays producteurs, entreprises, investisseurs, et consommateurs seront amenés à modifier leurs comportements, explique le gouvernement, qui se concentre en premier lieu sur les matières agricoles importées. Il entend mettre fin d’ici 2030 à la déforestation causée par l’importation de produits forestiers ou agricoles non durables.

Des fonds versés par l’Agence française de développement

Le bois et ses produits dérivés, le soja, l’huile de palme, le bœuf et ses coproduits, le cacao ainsi que l’hévéa sont au centre de la stratégie. L’Alliance nationale de recherche pour l’environnement, qui coordonne 28 instituts de recherche et organismes publics, devra produire un référentiel de connaissances en 2019, incluant notamment des données sur la forêt française. L’Agence française de développement consacrerait quant à elle 60 millions d’euros par an, sur les cinq prochaines années, à des projets liés à gestion durable, à la lutte contre la déforestation et au reboisement. Cette disposition avait déjà été prise en 2018, dans le cadre du comité interministériel de la coopération internationale et du développement.

Suite à l’adoption de nouvelles mesures en 2019 par la Commission européenne, l’incorporation aux agrocarburants de certaines matières premières ayant un impact "indirect" sur l’affectation des sols devrait être plafonnée. La consommation de protéines végétales sera incitée, avec l’espoir de rendre la filière française autosuffisante.

Des mentions dans les rapports environnementaux et les plans de filière

D’un point de vue administratif, une stratégie d’achats publics "zéro déforestation" sera mise en place, suivie de recommandations, effectuées auprès de l’Union européenne, pour interdire les achats publics issus de la "déforestation importée". La France espère également pouvoir aboutir à une révision de la directive européenne sur la publication d'informations non financières et d'informations relatives à la diversité par certaines grandes entreprises afin d’intégrer un volet consacré à la déforestation.

Les plans de filière rendus par les branches suite aux Etats généraux de l’alimentation intégreront pour leur part un volet consacré à la déforestation, tandis que le bois, le cacao et l’hévéa seront dotés de plans spécifiques sur la "déforestation importée". Le groupe national des forêts tropicales, un organe de discussion alliant acteurs publics et privés, sera aussi mis à contribution dans le cadre de la stratégie. Une plateforme Web d’information dédiée aux entreprises sera aussi créée.

Des réactions mitigées

Pour l’ancien ministre délégué au Développement Pascal Canfin, directeur général du WWF France, "Il faudra voir si dans les faits ça change. Beaucoup dépendra de la capacité d'animation politique derrière et de la société civile à mobiliser sur cette question".

Greenpeace, est, elle, plus circonspecte. "Comment un tel texte, qui ne prévoit aucune interdiction ou mesure réglementaire, pourra-t-il freiner la déforestation engendrée par la production d’huile de palme ou de soja ?", interroge Clément Sénéchal, chargé de campagne Forêts, qui demande également au gouvernement d’arrêter les dispositifs fiscaux en faveur des agrocarburants. La longue liste de mesures gouvernementales devrait entrer en vigueur l’an prochain.

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