Abonnez-vous Identifiez-vous

Identifiez-vous

Vos codes d'accès sont erronés, Veuillez les saisir à nouveau. Mot de passe oublié ?

L'Usine Santé

Face à la contrefaçon des médicaments, de nouvelles solutions dans lesquelles il est urgent d’investir

, , ,

Publié le

Tribune Les chiffres parlent d’eux-mêmes : la contrefaçon des médicaments est devenue un business beaucoup plus lucratif et moins régulé que le trafic de drogue, alerte Anais Querrien, consultante du groupe Tallis. Mais les nouvelles technologies pour lutter contre sont là.

Face à la contrefaçon des médicaments, de nouvelles solutions dans lesquelles il est urgent d’investir
Le fléau de la contrefaçon des médicaments.

D’après l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) le trafic mondial de médicaments est aujourd’hui 20 fois plus rentable que la vente d’héroïne : pour 100 euros investis, cette dernière en rapporte 2 000 euros ; les médicaments contrefaits jusqu’à 50 000 euros. On estime aujourd’hui qu’1 médicament vendu sur 10 est contrefait ; ce chiffre peut atteindre 7 sur 10 dans certains pays, notamment en Afrique.

Ce business très juteux prend de l’essor depuis plusieurs années et la lutte anti-contrefaçon est devenue une priorité majeure pour les états, les autorités de santé et les laboratoires pharmaceutiques.

En France, les saisies de produits pharmaceutiques prohibés sont en hausse de +180% en 2016 (vs 2015) pour un volume total saisi par les douanes de 4,2 millions d’unités. Concrètement, la contrefaçon des médicaments représente un manque à gagner annuel de 10,2 milliards d’euros pour le secteur pharmaceutique européen et 37 700 emplois sont menacés.

 

Vente libre sur Internet : principale responsable de l’essor de la contrefaçon

Ces dernières années la vente sur internet a accéléré la prolifération de médicaments contrefaits ; ce phénomène prenant de l’ampleur principalement en Europe et aux Etats-Unis. Aujourd’hui, 94% des "pharmacies" actives dans le monde sur internet sont illégales. L’OMS estime que plus de 50% des médicaments commercialisés en ligne sont contrefaits.

En France, ce secteur est réglementé ; seuls 547 établissements sont autorisés à vendre en ligne et seuls les médicaments non soumis à la prescription médicale obligatoire, c'est-à-dire obtenus sans ordonnance peuvent y être commercialisés. Si les enjeux sont importants pour les laboratoires pharmaceutiques (enjeux économiques, réputationnels etc.) c’est avant tout un enjeu majeur de santé publique. Selon l’OMS, on dénombre environ 700 000 décès par an dans le monde à cause de la vente de médicaments contrefaits.
Face à la prolifération des médicaments contrefaits des mesures importantes ont été votées.

 

Il est urgent que les laboratoires pharmaceutiques passent à l’action

En février 2019, les acteurs de l'industrie pharmaceutique devront consolider la traçabilité des médicaments suite à la mise en place de la nouvelle directive européenne 2011/62/UE, votée lors d’une élection au Parlement Européen en 2016. Cette mesure forte aura pour vocation à prévenir l'introduction de médicaments falsifiés dans la chaîne légale d'approvisionnement.

Une technologie née de la finance – la blockchain – peut-elle aider l’industrie pharmaceutique dans la lutte anti-contrefaçon en améliorant la traçabilité des médicaments ? Avec l’avènement du digital, les révolutions technologiques se multiplient et de nouveaux outils s’imposent. La blockchain annoncée par les experts comme "la plus grande révolution technologique depuis internet" peut-elle être à la hauteur des contraintes et solutionner ces défis ?

La blockchain ("chaîne de blocs" en Français) est une base de données qui permet de stocker par ordre chronologique des données numériques ou enregistrements et ce à très faibles coûts. Aujourd’hui, la blockchain s’impose peu à peu comme une technologie révolutionnaire et disruptive pour transformer les traditionnels systèmes d’archivages et d’échanges de l’information en une technologie plus sûre. Stockage, transmission d’informations, transparence, sécurisation, fonctionnant sans organe central de contrôle.

 

Un modèle de traçabilité pharmaceutique repensé pour mieux protéger les patients

La blockchain, peut garantir l’intégrité des données de santé à travers l’ensemble des systèmes d’informations. Un système où tous les acteurs du système de santé (hôpitaux, centres de recherche, compagnies d’assurance, autorités de santé, laboratoire pharmaceutique et patients) pourraient stocker et partager des données de santé via une blockchain résoudrait de nombreux problèmes d’interopérabilité et de sécurité.

En outre, la blockchain apporte de réels avantages pour la traçabilité et la vérification d’authenticité des médicaments permettant ainsi aux laboratoires pharmaceutiques d’être conformes aux nouvelles directives européennes. D’abord, elle permet aux entreprises de suivre leurs produits dans la chaîne de distribution, créant un circuit hermétique, imperméable aux produits contrefaits.
Elle permet également aux parties prenantes, et en particulier aux laboratoires, de prendre des mesures a posteriori, en cas de problème, en identifiant l’emplacement exact de leurs médicaments et ainsi d’optimiser les procédures de rappel.

Données médicales, contrefaçon de médicaments, transparence de la recherche, données génétiques… la blockchain présente de sérieux atouts pour les acteurs du monde de la santé. D’ailleurs, certaines entreprises émergent en proposant des solutions clef en main pour accompagner les laboratoires pharmaceutiques à la mise en place d’un système de blockchain. A l’instar de Blockpharma, une start-up française qui propose un service de traçabilité des médicaments reposant sur la technologie blockchain qui permet de vérifier l'authenticité d'un médicament. L'application permet au consommateur de vérifier instantanément l'authenticité de la boîte de médicament qu'il achète.

Sanofi est quant à lui l’un des premiers laboratoires à avoir misé sur cette technologie en investissant fin 2017 dans la start-up Curisium, une entreprise de Manhattan Beach en Californie, qui a développé une plateforme reposant sur la technologie de la blockchain.


Une nouvelle conjoncture économique et concurrentielle se dessine

Il est urgent pour les laboratoires pharmaceutiques et l’ensemble des acteurs du secteur de s’adapter au nouveau contexte et enjeux du secteur d’autant que les nouvelles directives européennes s’inscrivent en ce sens.

Si la blockchain apparaît comme la solution innovante et disruptive de traitement de l’information et des données de manière transparente et sécurisée et pourrait permettre notamment de lutter efficacement la contrefaçon des médicaments en améliorant le processus de traçabilité sa mise en oeuvre soulève également des enjeux organisationnels et juridiques pour les laboratoires.
La blockchain pourrait bouleverser les modes de communication actuels. Pour fonctionner il est primordial que l’ensemble des acteurs de la chaîne pharmaceutique (Laboratoires pharmaceutiques, autorités de santé, fournisseurs, façonniers ...), qui peuvent dans une vison « traditionnelle » avoir des intérêts divergents, s’alignent et jouent la carte de la transparence et de la confiance.

Réagir à cet article

Testez L'Usine Nouvelle en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte
Suivez-nous Suivre Usine Nouvelle sur Facebook Suivre Usine Nouvelle sur Twitter RSS Usine Nouvelle