Face à l'essor du bio, les producteurs de pommes renforcent leurs engagements environnementaux

Pour les producteurs de pommes, pas question d’envisager un avenir tout en bio. L’évolution de leur cahier des charges "éco-responsable", avec l’obligation de recourir au biocontrôle, doit permettre de rassurer les consommateurs.

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Face à l'essor du bio, les producteurs de pommes renforcent leurs engagements environnementaux

Les ambitions gouvernementales en faveur du développement de l’agriculture biologique, pour atteindre 15% de surface agricole utile cultivée en bio en 2022 contre 6,5% fin 2017, ont peu de prise sur les producteurs de pommes et de poires. "Les producteurs cherchent toujours à s’associer le concours de la nature, mais en bio, il y a un parti-pris de laisser faire la nature, alors qu’en "Vergers éco-responsables", on s’autorise des produits issus de la chimie de synthèse, mais avec les mêmes normes de réglementation", affirme le président de l’Association nationale Pommes-poires (ANPP), Daniel Sauvaitre. Derrière ce terme crée en 1998 se cache un ensemble de mesures liées aux conditions de production, revu cette année.

Les "Vergers éco-responsables", qui représentent 65% de la production françaises de pommes, doivent, depuis la récolte 2017, suivre un cahier des charges réorienté sur la préservation de la biodiversité, la gestion du sol, la gestion de l’eau et "la gestion de la protection phytosanitaire". Chez les pomiculteurs agréés, la part des surfaces en confusion sexuelle (des pièges à phéromones qui perturbent le comportement des insectes nuisibles) est portée de 85% à 100%. L’obligation du recours au biocontrôle doit permettre de rendre plus lisible la charte. "Faire évoluer le cahier des charges consiste à renforcer les obligations de l’arboriculteur pour repousser le recours aux moyens phytosanitaires. Il s’agit de démontrer que nous sommes à l’optimum des possibilités", insiste Daniel Sauvaitre.

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Vers une certification renforcée

La prochaine étape consistera à franchir un palier dans le rapprochement de la démarche avec la certification Haute valeur environnementale (HVE), qui permet, sous l’égide du ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation, de "reconnaître les exploitations engagées dans des démarches particulièrement respectueuses de l’environnement" autour de quatre critères (protection de la biodiversité, stratégie phytosanitaire, gestion de la fertilisation, gestion de la ressource en eau). Aujourd’hui, les "Vergers éco-responsables" sont reconnus au niveau 2 de la certification HVE (respect par l'agriculteur d'un cahier des charges comportant des obligations de moyens permettant de raisonner les apports d'intrants et de limiter les fuites dans le milieu).

Malgré ces efforts, impossible, toutefois, de passer à côté de l’engouement pour le bio. "Il existe une demande des consommateurs de pommes. La quasi-totalité de nos adhérents y réfléchissent. Toutefois, que l’on soit en conventionnel ou en bio, on a nécessité de protéger son verger", explique Daniel Sauvaitre, qui met aussi en avant l’enjeu économique. Le rendement moyen est selon lui de 44 tonnes de pommes par hectare dans les vergers conventionnels, contre 16 t/ha en bio.


Des récoltes légèrement affectées par le gel

En 2017, "nous avons perdu 30% de la récolte de pommes en Europe et 6% en France, en partant d’une année précédente déjà faible. Cela masque des pertes de récoltes dans les Alpes, en Savoie, dans le Limousin et plus localement dans les autres régions", indique le directeur de l’ANPP, Josselin Saint-Raymond, 1,4 Mt de pommes ont été produites, sur  un potentiel de production de 1,6 Mt. 133 000 tonnes de poires ont également été produites, en baisse de 4% sur un an, avec un potentiel de production habituel de 160 000 tonnes.

 

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