FABRICATION VIRTUELLELa CAO de process fait baisser les coûtsPreciflex Systems qui conçoit des lignes robotisées d'assemblage simule en dynamique le fonctionnement de ses robots sur écran. Elle obtient automatiquement leur programme de commande.

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FABRICATION VIRTUELLE

La CAO de process fait baisser les coûts

Preciflex Systems qui conçoit des lignes robotisées d'assemblage simule en dynamique le fonctionnement de ses robots sur écran. Elle obtient automatiquement leur programme de commande.



"Par rapport aux années 80, nous devons diviser par deux les prix de nos installations. Dans le même temps, leur disponibilité opérationnelle doit passer de 65% à plus de 90%", explique Michel Caffard, directeur général adjoint de Preciflex Systems, fournisseur de l'industrie automobile en chaînes robotisées d'assemblage de carrosserie. L'entreprise est sur la bonne voie. Déjà, en trois ans, ses coûts ont chuté de 25% et la disponibilité de ses lignes atteint les 80%. Sa méthode: une forte dose de technologie informatique et une profonde remise en question de ses produits et de son métier. Côté produits, on a consenti un important effort de recherche-développement pour standardiser l'offre. Côté méthode, ingénierie simultanée oblige, on travaille désormais de concert avec les constructeurs pour définir le process en même temps que le véhicule. Un département ingénierie d'études a été développé à cet effet. Reste l'informatique. La CAO, bien sûr (21 postes Euclid), qui, "en trois ans, a fait gagner 30% de productivité aux études et 20% en production". Mais chez Preciflex, la "killer app" - l'application qui tue, comme disent les Américains- s'appelle fabrication virtuelle. Il s'agit, à l'aide du logiciel Robcad (de Tecnomatix), de réaliser toute l'étude de l'implantation, des trajectoires, des temps de cycles et de la programmation des robots en 3D, en couleur et sur écran (une ligne comprend en moyenne une trentaine de robots). "Nous utilisions Robcad pour étudier la faisabilité d'une installation. Aujourd'hui, nous l'avons mis en place sur un premier projet pour concevoir toute la robotique, jusqu'à la programmation hors ligne des robots. Notre objectif est avant la fin de 1995 de réaliser ainsi l'intégralité de nos projets", commente Jean-Marie Evrard, responsable ingénierie d'études. L'intérêt de cette pratique saute aux yeux. La simulation assure que l'installation fonctionnera correctement dès sa mise en place: toutes les trajectoires sont définies, les collisions supprimées, les temps de cycle calculés. Mais, surtout, elle réalise "gratuitement" la programmation du robot. Lorsque les trajectoires ont été définies sur écran, le système sort le programme de commande correspondant pour chacun des robots. Dernier atout, les problèmes (collisions, par exemple) apparaissant très tôt, on peut réaliser facilement les modifications qui s'imposent sur la mécanique de la ligne en cours de conception. "Nous menons ainsi en parallèle le développement de la robotique et de la ligne elle-même." Aujourd'hui, Robcad tourne sur cinq stations Silicon Graphics qui récupèrent les fichiers CAO maison ainsi que ceux des pièces des constructeurs. A terme, Preciflex pense franchir un pas suppémentaire dans la "fabrication virtuelle". "Nous avons l'intention de l'utiliser dès la phase avant-projet pour effectuer une analyse produit-process afin de suggérer au plus tôt des évolutions", explique Michel Caffard. De même, Precilex envisage de se baser sur ce logiciel pour faciliter la mise au point des automatismes de ses lignes. Aujourd'hui, le mécanicien définit son produit et décrit à l'automaticien le fonctionnement des automatismes qui doivent l'animer. Demain, la réalisation d'un système dynamique sur écran fournira le programme de l'automatisme. Preciflex pense ainsi aller jusqu'à la virtualisation complète de ses process, réalisant sur écran l'animation de tous les éléments d'une ligne avec ses automatismes. Seul frein à ces ambitions: un poste Robcad tourne autour de 400000 francs. A cette pensée, Michel Caffard fait un peu la grimace.





PRECIFLEX SYSTEMS, HÉRITIER DE RENAULT AUTOMATION

Preciflex Systems est détenue à parts égales par Renault Automation et ABB Robotics. Il s'agit en fait de la quasi-totalité de l'ex-division carrosserie tôlerie de Renault Automation, qui comprend essentiellement un site à Beauchamp (Val-d'Oise) voué aux lignes d'assemblage carrosserie grande cadence et un site à Meudon pour les lignes à petite cadence, ainsi qu'une antenne aux Etats-Unis. L'entreprise (275 personnes dont 120 aux études, 400 millions de francs de chiffre d'affaires en Europe) réalise 50% de son chiffre d'affaires avec Renault, 25% avec PSA et 25% à l'export (avec BMW et Chrysler notamment). Lors de sa création, le 16 avril, il a été prévu que la structure du capital serait réexaminée au bout de deux ans, avec possibilité pour ABB Robotics de prendre 100% du capital, éventualité qui semble aujourd'hui la plus probable.





USINE NOUVELLE - N°2468 -

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