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L'Usine Auto

Fabricant obsessionnel

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Directeur industriel de PSA depuis un an et demi, Yann Vincent fait partie de la garde rapprochée de Carlos Tavares. Les deux hommes se sont connus chez Renault, d’où ils ont importé leur recherche de compétitivité à tout prix.

Fabricant obsessionnel
«?J’ai choisi l’automobile car j’avais envie de travailler sur des produits dont je peux parler avec mon entourage?!?»
© Pascal Guittet

Dans son costume anthracite, le directeur industriel de PSA arpenterait presque incognito les allées des salons de Genève ou de Francfort. Quand ses collègues du directoire enchaînent les tables rondes avec les journalistes, Yann Vincent se concentre sur les rendez-vous business ou les entretiens en petit comité, dans l’intimité du salon d’un stand. Et jauge la concurrence. « Je n’étais pas un passionné d’automobile quand j’étais jeune », avoue-t-il dans son bureau au neuvième étage du siège de PSA, avenue de la Grande-Armée, à Paris. Ce jour-là, il a rejoint l’immeuble au volant d’un 4 x 4 japonais. Moue dubitative. « Ce n’est pas terrible », résume-t-il, avant d’en détailler le comportement sur route.

« J’aime rouler avec les produits maison et concurrents, me faire une opinion sur leur niveau de qualité, mais aussi sur la facilité (ou pas) à les assembler. J’ai besoin d’avoir ça dans la tête », justifie Yann Vincent, avant d’ajouter : « J’ai choisi l’automobile car j’avais envie de travailler sur des produits dont je peux parler avec mon entourage. Tout le monde a quelque chose à dire sur la voiture ! » Quand les « car guy » choisissent l’ingénierie mécanique, lui s’intéresse à la facette industrielle de la voiture. À partir de 1982, Yann Vincent gravit les échelons du manufacturing chez Renault : d’abord patron d’usine puis directeur de la qualité jusqu’à la direction opérationnelle du russe Avtovaz en 2008, que Renault vient de racheter. L’expérience au sein de la compagnie soviétique passée au capitalisme à marche forcée tourne court en pleine crise et met fin à sa carrière chez Renault en 2009. « J’ai été très impatient, trop peut-être, explique-t-il. Je n’imaginais pas que ce serait aussi long. Un an après mon arrivée, la situation semblait s’être détériorée. »

Un trio d’amis

L’ex-Renault retourne alors dans l’entreprise choisie à la sortie de Centrale, Alstom, où il renoue avec le manufacturing pur et dur. « Yann a un vrai savoir-faire industriel », commente son ami Gian-Luca Erbacci, directeur MEA d’Alstom Transport. Avec lui, on peut discuter autour d’un verre de vin et d’un bon plat de pâtes ! » Avec Thierry Best, son patron pendant quatre ans, c’est plutôt le café qui les réunit. « Nous n’avions pas besoin de nous parler de manière formelle, car nous arrivions tous les deux autour de 6 h 30 du matin. Donc, autour d’un « ch’tio café » comme on dit dans le Nord, on faisait le point sur les problèmes, la stratégie. C’était notre rituel », se remémore le directeur opérationnel d’Alstom Transports. « Les gens de l’automobile voient souvent ceux du ferroviaire comme des bricoleurs du dimanche, poursuit-il. Une grande série chez nous représente une centaine de trains. Yann n’a pas cette condescendance. Il a au contraire cherché à réconcilier les deux mondes. » Cette facilité de contact ne vaut pas qu’avec ses collègues en comité exécutif. En visite fin juin dans l’usine PSA de Sevelnord, à Hordain (Nord), les managers de terrain l’appellent simplement « Yann ». « Il est déjà venu nous voir au moins trois ou quatre fois », constate Gilles Rannou, responsable logistique du site spécialisé dans l’utilitaire. « De toutes les usines qu’il a visitées, il n’en a pas trouvé de parfaite, relate Serge Maffi, délégué syndical central SIA-GSEA chez PSA. Son objectif, c’est la compétitivité à tout prix, et il met le doigt là où ça fait mal ». Mais jamais dans l’esbrouffe, plutôt dans le détail.

À Sevelnord, il est dans son élément et traite aussi bien du prix d’un robot filoguidé que de la mise en place du synchrone long avec les fournisseurs, tout en serrant la main de chacun. Un vrai « lapin Duracell » comme le surnomme Thierry Best, en mémoire de leurs journées à arpenter les sites d’Alstom. À tel point qu’en comité de direction, Yann Vincent piquait parfois un petit somme. « Il me disait : « Je serai présent mais je risque de dormir. » Je lui donnais alors un coup de coude pour le réveiller », se rappelle Gian-Luca Erbacci. Après quatre ans d’aventures, les trois hommes sont restés amis, Yann Vincent est parti chez PSA, appelé par Carlos Tavares. « Quand j’étais chef de projet de la Mégane, il était directeur de l’usine de Douai, se souvient le président du directoire de PSA. Nous avons usé nos fonds de culotte ensemble. On a fait beaucoup de bêtises quand on était jeunes ! » Yann Vincent fait désormais partie de la garde rapprochée du patron de PSA. ??

En quelques mots

  • Sportif  il a troqué le marathon, trop éprouvant (surtout pour son agenda), pour le 20 kilomètres.
  • Spécialiste des process de production Yann Vincent reconnaît ne pas être un manuel, encore moins un bricoleur.
  • Dans son bureau trônent un casque du pilote de F1 italien Giancarlo Fisichella, époque Renault, et des maquettes de train.
  • Son épisode Alstom a laissé des traces dans sa vie personnelle : il habite toujours à Lille.

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