Exki, Domino's Pizza, Subway... Le gouvernement passe au "name and shame" sur le tri des déchets

[ACTUALISÉ] Domino's Pizza, Exki, Subway, Five Guys... Le 8 avril, la secrétaire d'État à la Transition écologique et solidaire Brune Poirson a rappelé à l'ordre ces chaînes de restauration rapide sur le tri des déchets. "Le compte n'y est pas", a dénoncé le cabinet de Brune Poirson dans un communiqué rapporté par Le Parisien. Après une réunion avec ces enseignes en janvier, la secrétaire d'État avait laissé plusieurs mois aux restaurants pour réagir.

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Exki, Domino's Pizza, Subway... Le gouvernement passe au
La chaîne de restauration rapide belge Exki fait partie des entreprises pointées du doigt par le gouvernement.

Actualisation du lundi 8 avril : “Name and shame”, c’est la stratégie du gouvernement pour forcer les entreprises à mieux trier leurs déchets. En janvier, le ministère de la Transition écologique et solidaire avait convoqué plusieurs chaînes de restauration rapide pour leur rappeler la réglementation sur le recyclage. Elles ont eu plusieurs mois pour proposer un “plan de mise en conformité”. Dimanche 7 avril, le gouvernement a tapé du poing sur la table. "Le compte n'y est pas, nous n'avons reçu que 50% des dossiers, il manque à l'appel Domino's Pizza, Exki, Subway et Five Guys notamment, parmi les plus connus", a dénoncé le cabinet de la secrétaire d’État Brune Poirson selon un communiqué cité par Le Parisien. Le ministère doit examiner les dossiers pour une validation éventuelle fin avril. Il pourrait également ouvrir des contentieux administratifs ou judiciaires en cas d’infraction à la loi.

Jeudi 31 janvier, la secrétaire d’État à la Transition écologique et solidaire a rencontré une quinzaine d’enseignes de restauration rapide. Parmi elles, Burger King, Dominos Pizza, Exki, KFC-Pizza Hut, McDonald’s, Pomme de pain, Starbucks ou encore Subway. Il ne s’agit pas d’une simple rencontre informelle, expliquait Le Parisien le 31 janvier. Brune Poirson a rappelé à ces entreprises la réglementation sur le recyclage des déchets.

Cette réunion a fait suite à une enquête du ministère menée en décembre 2018. Selon le quotidien francilien, une cinquantaine de restaurants ont été contrôlés à travers la France, des cuisines aux salles. Le résultat est accablant comme le décrivait au journal Brune Poirson : “On est à zéro effort en termes de tri des déchets non alimentaires : canettes, barquettes, couverts, tout part dans une seule et même poubelle”. Elle a ajouté que les restes alimentaires étaient récupérés dans 40 % des cas et seulement en cuisine. En salle, le consommateur est forcé de jeter le contenu de son plateau dans une seule et même poubelle. Le secteur de la restauration rapide génère à lui seul plus de 180 000 tonnes de déchets d’emballages par an, mais aussi plus de 60 000 tonnes de déchets alimentaires.

Une violation du décret cinq flux

Au-delà du gâchis et d’une démarche peu environnementale, quel est le problème de ces pratiques ? Elles vont contre la loi et plus particulièrement contre le décret “cinq flux” entré en vigueur en 2016. Selon ce texte, les restaurants qui produisent plus de 10 tonnes de déchets biodégradables par an (200 à 240 couverts par jour) doivent obligatoirement trier leurs ordures en cuisine et en salle. Le papier, le plastique, le métal, le verre et le bois doivent être séparés. Les déchets organiques doivent également être isolés pour être recyclés en biocarburants ou en engrais. En octobre 2018, l’association Zero Waste France avait déposé plainte contre une enseigne McDonald’s et une autre KFC pour non-respect de ces obligations.

Quelles punitions ?

Le non-respect du décret est passible de 150 000 euros d’amende et de deux ans de prison. Mais le ministère avait laissé au secteur le temps de réagir. Les enseignes avaient jusqu'au mois de mars pour communiquer leur stratégie de mise en conformité avec la réglementation en matière de tri cinq flux et de collecte des déchets alimentaires. Leurs dirigeants seront de nouveau invités au ministère de l'Écologie en avril. Si le ministère ne constatait pas d’engagements, Brune Poirson envisageait le procédé du “name and shame” : “Je me réserve le droit de rendre publique les résultats des contrôles qu’on aura effectués et le nom des enseignes hors la loi”. Une menace désormais mise à exécution même s'il n’est pas certain que ces noms étonnent beaucoup les consommateurs...

Simon Chodorge

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