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Il a 62ans, est en pleine forme, et son métier le passionne. L'entreprise est leader mondial, affichera cette année comme en 1994 une croissance du bénéfice à deux chiffres, ce qui confortera sa place privilégiée de valeur de fond de portefeuille des petits actionnaires. Pourtant, a décidé de passer la main. Non, le président d'Air liquide n'est pas rattrapé par ces "affaires" qui fragilisent depuis un an plusieurs grands patrons français. Il croit simplement au rajeunissement des équipes, et que son dauphin est "aujourd'hui tout à fait mûr". Dix ans après son arrivée à la tête d'une entreprise devenue numéro1 des gaz industriels, Edouard de Royère achève un processus qu'il avait engagé dès cette époque: sélectionner en interne et préparer celui qui sera appelé à lui succéder. Un état d'esprit dont bénéficient, pour des rangs moins élevés, nombre de jeunes cadres remarqués pour leur "haut potentiel". La démarche est trop rare en France. Elle surprendra moins les Siemens, Daimler et autres géants allemands. Les passages de témoin y sont en général mûrement préparés et exécutés dans la durée. Relevons enfin qu'Edouard de Royère a au passage résisté à une tentation dynastique bien vivace encore de ce côté-ci du Rhin. Il brise au contraire une tradition, puisqu'il avait succédé à son beau-père Jean Delorme, fils du fondateur du groupe. La présidence de Royère restera exemplaire à bien d'autres titres. Dès 1986, Air liquide s'imposait aux Etats-Unis en achetant son concurrent, Big Three. Avec plusieurs années d'avance sur les débarquements en Amérique d'autres grands groupes français des années 1988-1990, en haut de cycle. Peu après, l'entreprise prenait le deuxième virage technologique majeur de son histoire en développant une technologie de séparation des gaz par membranes, directement concurrente de l'approche par cryogénie qui avait fait la fortune du groupe. Enfin, Edouard de Royère passe la main au moment où le groupe va tirer profit d'une longue réorganisation interne de l'entreprise pour qu'elle soit totalement "orientée clients". L'expression "mon groupe" était absente du vocabulaire d'Edouard de Royère. Au profit des actionnaires, des salariés et, de plus en plus, des clients. La voie est tracée pour Alain Joly, le nouveau président (voir page10).

USINE NOUVELLE N°2496

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