[Exclusif] Jugées dangereuses, 50% des machines pour le don de plasma ont été retirées en France

Depuis plusieurs mois, des soupçons pesaient sur la sécurité de certaines machines à plasma de la marque Haemonetics. Après de nouveaux incidents, l’Etablissement français du sang a ordonné le retrait de toutes les machines concernées, soit 50 % du parc français.

Partager

[Exclusif] Jugées dangereuses, 50% des machines pour le don de plasma ont été retirées en France
Les machines Haemonetics représentent la moitié des machines utilisées en France.

Donner son plasma pourrait être dangereux, du moins avec les machines Haemonetics. Voilà pourquoi l’Etablissement français du sang (EFS), qui a pourtant besoin de dons toute l’année, a décidé de retirer immédiatement toutes les machines à plasma de cette marque en France.

"Plusieurs incidents ont eu lieu ces tous derniers jours. A Tarbes d'abord, où des particules noires anormales ont été retrouvées dans la poche de recueil de plasma, puis en Auvergne, où ces même particules ont été retrouvées au démontage de la machine, explique Sylvie Gross, directrice médicale à l'Etablissement français du sang (EFS). Ces deux événements rapprochés nous ont poussé à retirer toutes les machines Haemonetics, même s'il n'existe aucun risque avéré pour les donneurs."

L’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), a, elle, suspendu l’utilisation des dispositifs médicaux de prélèvements sanguins Haemonetics. Elle avait diligenté une enquête à l'EFS après les deux signalements reçus.

Des composants cancérogènes

En cause, des composants cancérogènes qui pourraient être injectés dans le sang des donneurs. "Quand on donne son plasma et ses plaquettes, le sang est prélevé chez le donneur, une machine récupère une partie du plasma et des plaquettes, puis le sang est réinjecté au donneur", explique Guylain Cabantous, le délégué syndical central CGT de l’EFS.

Sauf que la société aurait fait passer pour neuves des pièces détachées déjà usagées. "Un système de joints permet l’étanchéité du récipient. Mais ce joint s’effrite de 2 milligrammes par opération." L’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), a indiqué dans un rapport datant du 16 févier 2018, que ce joint comprend du Plenco 05351, une résine constituée de matière cancérogène, mutagène et reprotoxique ainsi que de l’Hilox 882, une céramique composée d’aluminium et d’oxyde de chrome. En juin dernier, la marque Haemonetics avait confrmé à l'Usine Nouvelle que ces matériaux entraient bien dans la composition de leurs machines.

Un plan pour éviter une pénurie de plasma

En France, environ 50% des points de collecte de plasma sont équipés des machines d’Haemonetics. "Certaines régions, comme l’Alsace, utilisent exclusivement les marques de cette compagnie", explique Guylain Cabantous. L'EFS a déployé un plan pour éviter une pénurie de plasma, qui est surtout utilisé pour fabriquer des médicaments. "Comme les machines ne sont pas réparties de façon homogène sur le territoire, nous allons répartir les machines restantes sur les sites qui en ont le plus besoin et réorganiser le planning de don", explique Sylvie Gross.

Il y a quelques mois, trois lanceurs d’alerte ont porté plainte contre l’EFS et l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) pour "mise en danger de la vie d’autrui" dans le cas de don de plasma et de plaquettes. "Nous nous tenons à disposition et fournirons toutes les pièces demandées à la justice", assure Sylvie Gross. De son côté, l'ANSM mène une enquête avec des laboratoires indépendants pour évaluer la dangerosité de ces machines.

Partager

NEWSLETTER Santé
Nos journalistes sélectionnent pour vous les articles essentiels de votre secteur.

Recevez directement leurs décryptages et analyses dans votre boîte mail:

Votre demande d’inscription a bien été prise en compte.

L'inscription aux newsletters vaut acceptation des Conditions Générales d'Utilisation. Lire la suite

Votre email est traité par notre titre de presse qui selon le titre appartient, à une des sociétés suivantes du : Groupe Moniteur Nanterre B 403 080 823, IPD Nanterre 490 727 633, Groupe Industrie Service Info (GISI) Nanterre 442 233 417. Cette société ou toutes sociétés du Groupe Infopro Digital pourront l'utiliser afin de vous proposer pour leur compte ou celui de leurs clients, des produits et/ou services utiles à vos activités professionnelles. Pour exercer vos droits, vous y opposer ou pour en savoir plus : Charte des données personnelles.

Fermer
LES ÉVÉNEMENTS L'USINE NOUVELLE

Formation

Manager de l'environnement de travail

Paris - 16 mars 2021

Services Généraux

Maîtriser les aspects de sécurité au travail de votre fonction

Trophée

TROPHÉES DES USINES 2021

Live et replay - 27 mai 2021

Gestion industrielle et Production

Déposez votre dossier avant le 5 février pour concourir aux trophées des usines 2021

Formation

Espace de travail et bien-être des salariés

Paris - 01 juin 2021

Services Généraux

Optimiser l’aménagement du bureau

LES SERVICES DE L'USINE NOUVELLE
ARTICLES LES PLUS LUS