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[Exclusif] Michelin, et si Jean-Dominique Senard restait après 2019...

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Exclusif Partira ? Partira pas ? Les spéculations vont bon train sur l’après Jean-Dominique Senard à la tête du groupe Michelin. Le patron de Bibendum, qui achèvera son mandat en 2019, se défend d’avoir pris une décision, mais en interne, la pression est grande pour qu’il reste. 

[Exclusif] Michelin, et si Jean-Dominique Senard restait après 2019...
Jean-Dominique Senard
© Pascal Guittet

Le visage émacié, la chevelure blanche soigneusement peignée sur le côté, le costume impeccable… A 64 ans, Jean-Dominique Senard peut descendre d’un avion totalement jetlagué ou tenir l’AG annuelle des actionnaires, il affiche toujours une allure de parfait gentleman ! Sans doute l’héritage d’un père diplomate de bonne famille. Disponible et cordial, le discret patron du leader mondial du pneumatique a su imposer son style au fil de sa gouvernance. Moins fougueux que feu-Edouard Michelin qui l’avait appelé pour travailler à ses côtés en 2005 en tant que directeur financier. Plus consensuel aussi que son prédécesseur Michel Rollier, devenu depuis président du conseil de surveillance du groupe.

Au plus haut historique

Nommé co-gérant non-commandité du groupe en 2007, puis gérant en mai 2011, JDS préside seul aux destinées du groupe depuis mai 2012. Déjà reconduit une fois à la tête du géant mondial du pneumatique, en 2014, il devra annoncer sa décision sur sa succession dans les mois à venir. Sans doute est-elle déjà prise… Mais déjà les interrogations sont nombreuses, mêlées d’une réelle pointe d’inquiétude, en interne. "Personne ne sait ce qui va se passer après. Nous sommes inquiets, car avec Jean-Dominique Senard nous avons non seulement un grand gestionnaire, mais en plus un homme d’une belle humanité", commente un responsable du service des guides.

Sous la présidence de JDS, le groupe Michelin a atteint des sommets. Sa stratégie de gouvernance a porté le groupe vers une croissance insolente. En 2017, le patron de Bibendum a annoncé un résultat net en hausse de 43 %, à 1,68 milliard d’euros ! L’action Michelin vient d’atteindre son plus haut historique. Et le big boss vient de lancer la réorganisation mondiale du groupe. Ce qui n’avait pas été entrepris depuis 1996.

"Nous sommes inquiets"

Au siège, à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme), tout le monde se plait à souligner l’homme de dialogue, du simple employé aux postes les plus élevés, difficile de trouver un son discordant, excepté peut-être du côté de la CGT. "Lui ou un autre, c’est pareil !", lance Michel Chevalier qui fustige surtout la réorganisation mondiale du groupe lancée par Jean-Dominique Senard. "Il vient de nous annoncer la suppression de 10 % des effectifs à Clermont-Ferrand. On ne le regrettera pas ! Il finira sûrement patron du Medef. Et on aura un autre gérant qui, lui aussi, ne pensera qu’à satisfaire les actionnaires."

Chez les autres centrales, le ton est bien plus grave. A l’instar de la CFDT. "Nous craignons qu’il quitte ses fonctions. Monsieur Senard est un patron accessible, ce qui n’est pas vraiment le cas des autres patrons du CAC 40. Depuis qu’il est arrivé à la tête de l’entreprise, nul ne peut nier ce qu’il a fait. Le dialogue social a radicalement changé. Nous sommes beaucoup plus proches de notre direction. On sait qu’il se bat pour conserver l’emploi en France. Son départ serait une réelle source d’angoisse", assure de Patrick Bovolenta.

"Il est jeune !"

Inutile de questionner le principal intéressé. Il botte en touche immédiatement. "Il ne faudrait pas que l’on se lasse de moi !", sourit-il avec élégance. "Ce n’est pas à l’ordre du jour", tranche la direction de la communication. Pourtant, selon nos informations, le plus haut représentant du Conseil de surveillance de Michelin verrait bien son successeur poursuivre l’aventure. "Il est jeune !", confie-t-il par deux fois, avec un sourire entendu. Comprenons, "il peut facilement rempiler pour un autre mandat…". D’autant que la limite d’âge évoquée par les statuts est fixée à 72 ans. Un appel du pied qui sonne comme une invitation à rester à la tête des 112 000 salariés du groupe.

Geneviève Colonna d’Istria

 

 

 

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